Bicentenaire de la mort de Napoléon : de nombreux dignitaires et proches de l’Empereur demeuraient en Occitanie

La France commémore les 200 ans du décès de Napoléon Bonaparte ce mercredi 5 mai 2021. En Occitanie, de nombreuses personnalités marquantes proches de Napoléon Bonaparte ont participé plus ou moins à la grandeur de l’Empereur. 

Montpellier, 8 décembre 2015. Statue en bronze de Napoléon.
Montpellier, 8 décembre 2015. Statue en bronze de Napoléon. © G. Bonnefont / maxppp

La France commémore les 200 ans du décès de Napoléon Bonaparte ce mercredi 5 mai 2021. L’Occitanie a vu séjourner beaucoup de proches de l'Empereur, qu’ils aient contribué à la grandeur du pouvoir napoléonien ou qu’ils aient simplement collaboré de façon plus anecdotique.

Le père de Napoléon est mort à Montpellier et inhumé sous le Rockstore

On ne retrouve que très peu d'évocations de la venue de Napoléon en Occitanie. C’est dans la ville de Montpellier, qu’ un autre Bonaparte s’installe, Charles, le père de Napoléon. Il souffre de maux d’estomac et en 1784, il quitte la Corse et rejoint Montpellier pour s’y faire soigner. Il réside avec son fils Joseph dans l’actuelle rue du cheval vert où il décède vraisemblablement d’un cancer de l’estomac en 1785 à l’âge de 38 ans. Charles Bonaparte est inhumé dans le caveau des cordeliers, au couvent de l’Observance. Ce couvent est devenu au fil des temps un cinéma, qui pour l'anecdote projeta le film “ L'Empereur” d'Abel Gance en 1927, puis est devenu aujourd’hui, la mythique salle de concert le Rockstore dont les dirigeants s’amusent à dire que "Ça fait très longtemps que les gens dansent sur la tombe du père de Napoléon". À noter que ses cendres n’y sont plus depuis longtemps et ont rejoint Ajaccio.

La discothèque le Rockstore, rue de Verdun, à Montpellier.
La discothèque le Rockstore, rue de Verdun, à Montpellier. © I. Bris / FTVI

Napoléon de passage à Beaucaire

En juillet 1793, le jeune capitaine Napoléon Bonaparte est officier d'artillerie. Il est envoyé dans le sud de la France pendant la période de la terreur pour contrer les insurrections. Lui et ses soldats doivent reprendre un dépôt de munitions saisi par des insurgés marseillais à Avignon. En chemin, le 28 juillet, il s'arrête à Beaucaire et dîne avec deux marchands marseillais, un Nîmois et un Montpelliérain. Lors de ce repas, Napoléon révèle ses convictions républicaines et prône l’adoption de la constitution de la Première République. 
Napoléon raconte la soirée dans un pamphlet, "le souper de Beaucaire", qui pour Gérald Mongin de l’association le Cercle Napoléon n’est qu’une œuvre de jeunesse pas fondamentale.

Cambacérès, bras droit de Napoléon

Parmi les personnalités qui ont véritablement tenu une place importante dans l'ascension de Napoléon Bonaparte, il y a Jean-Jacques-Régis de Cambacérès (1753-1824). Natif de Montpellier, il était considéré comme le numéro deux du pouvoir.

Quand Napoléon est loin, c’est Cambacérès qui a le pouvoir, pas Talleyrand ou Fouché

- Gérald Mongin, membre du Cercle Napoléon

C’est lui qui avec Napoléon va contribuer à installer un appareil d’Etat moderne et créer le code civil qui a été repris partout dans le monde contemporain. Pour Gérald Mongin, l'empereur aurait déclaré “plus que mes 40 victoires, plus que Waterloo, ce qu’on gardera en mémoire, ce sera mon code civil”. Après la création du code pénal, le code de commerce est crée et partout en France les règles étaient les mêmes pour l’unité du pays.

Cambacérès a longtemps été écarté de la grande histoire du fait de son homosexualité. Pour l’anecdote, Gérald Mongin raconte qu’un jour Cambacérès est en retard à un rendez-vous avec l'empereur et prétexte à Napoléon « excusez-moi sire j'ai été retardé avec des dames” et Bonaparte lui répond “quand on est convoqué par l'Empereur, on dit aux dames de prendre leurs cannes et leurs chapeaux et de partir rapidement” pour indiquer qu’il était au fait de son homosexualité.

Montpellier, le 12 novembre 2015. Visite guidée et théâtralisée proposée par l'office du tourisme de Montpellier et jouée par la troupe "les baladins de l'histoire" avec Jean-Jacques Cambacérès (d) et le marquis d'Aigrefeuille (g).
Montpellier, le 12 novembre 2015. Visite guidée et théâtralisée proposée par l'office du tourisme de Montpellier et jouée par la troupe "les baladins de l'histoire" avec Jean-Jacques Cambacérès (d) et le marquis d'Aigrefeuille (g). © G. Bonnefont / Maxppp

Le Général Réné

Le général René, né le 20 juin 1768 à Montpellier, pendant la campagne d'Italie, est détaché avec 50 hommes lorsqu'il rencontre une colonne autrichienne forte de 1 800 hommes au détour d’un chemin. Sommé de se rendre par l’officier autrichien, il y répond “nous sommes l’avant-garde, rendez vous”, et la troupe adverse se rend. Deux drapeaux sont également récupérés par René, à qui le Général en chef Bonaparte décerne un sabre d’honneur à cette occasion. 

Il est fait prisonnier par la guérilla espagnole, et pour l’issue de sa vie le 29 juin 1808, il y a deux versions au choix indique Gérald Mongin, sarcastique : “soit il est découpé vivant dans le sens de la longueur, soit il est brûlé vif dans une chaudière d'huile bouillante”. Il demeure une rue Général René à Montpellier.

D’autres ont contribué au Premier empire au côté de Napoléon

Pierre Daru, Montpelliérain, intendant de la Grande Armée, l’Empereur en fait un secrétaire d’État en 1811 et lui confie la garde de son trésor particulier, signe manifeste de la confiance totale qu’il avait en lui. 

Antoine Chaptal, né à Badaroux en Lozère, devient ministre de l’Intérieur de Bonaparte à partir de 1800. Il déclare alors : « Après 10 ans d’anarchie qui venait de dévorer la France, il n’existait presque plus d’organisation sociale. Il fallait imposer d’autres lois, il fallait relever le commerce et ranimer l’industrie, il fallait rétablir une éducation publique. Pénétré de ces idées, je m’efforçai de satisfaire à tout ». Il démissionne en 1804 lorsque Bonaparte se fait proclamer Empereur, afin de se consacrer à ses travaux scientifiques, notamment sur la chaptalisation.

Emmanuel de Las Cases (1766-1842), né à Blan dans le Tarn, et propriétaire du château de la Baume en Lozère, fut l'un des derniers serviteurs de l'Empereur. Il l'accompagne dans son exil sur l'île de Saint-Hélène. En sa qualité de secrétaire particulier de l'empereur déchu, il recueille soigneusement ses réflexions et ses souvenirs lors de leurs longues conversations privées. Revenu en France, il remet ses notes en ordre pour les publier dans son Mémorial de Saint-Hélène.

Une maîtresse montpelliéraine 

L’Empereur a eu de nombreuses maîtresses, parmi lesquelles figurait une Montpelliéraine, Albine de Montholon, de la famille de Cambacérès par liaison. "On dit qu’elle a été la dernière maîtresse de l’Empereur”, rapporte Gérald Mongin, "Lors de son exil sur l’île de Sainte-Hélène, ils s’enfermaient ensemble dans la salle de bain, soi-disant parce que Napoléon faisait des dictées à Albine, les mauvaises langues du coin tel que le Général Gouraud disaient qu’elle servait d’encrier à la plume de l’empereur." Vraie liaison ou rumeur, toujours est-il que Napoléon renvoie Albine en France lorsqu’il apprend sa liaison avec un autre homme, le lieutenant-colonel Jackson, en juillet 1819.

L’empereur en exil sur l'île de Sainte-Hélène meurt le 5 mai 1821. Nombreux en Occitanie sont donc ceux qui ont participé à la grande et à la petite histoire de Napoléon Bonaparte.


 







 

 



 

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