"C'est délicat parce que je suis franco-marocain" : le casse-tête des binationaux avant une demi-finale de Coupe du monde inédite

Pour la première fois de l'histoire du football, Français et Marocains se retrouvent face à face en demi-finale d'une Coupe du monde. À Montpellier, où la communauté marocaine est nombreuse, ce match est autant un rêve qu'un casse-tête.

C'est le match dont tous les binationaux rêvaient. Ce mercredi 14 décembre 2022, Français et Marocains s'affrontent en demi-finale de la Coupe du Monde de football. Loin du Qatar, dans l'Hérault, le club de Montpellier Méditerranée Futsal et ses nombreux Marocains se préparent à suivre le match. Un rendez-vous que le jeune Ilyas considère déjà comme "le plus beau match" de sa vie : "c'est comme dans un rêve que le Maroc soit qualifié en demi-finale", confie-t-il à Laurent Beaumel et Caroline Robillard qui ont assisté à un entrainement. 

Dans le gymnase où s'entraîne le club, les maillots et drapeaux à l'effigie des Lions de l'Atlas sont nombreux. Et même plus nombreux que ceux des Bleus. Après avoir éliminé l'Espagne et le Portugal, le parcours du Maroc fait espérer le meilleur à tous ses supporters. "Ce sont les deux meilleures équipes de la Coupe du monde et ce sera le plus beau match de la compétition, s'aventure Jawad, 12 ans. Le Maroc a réussi à se qualifier en demi-finale. Pour la France, le parcours a été plus facile, sauf contre l'Angleterre."

Quelques maillots bleus...

Au milieu des maillots rouges, quelques lueurs bleues surgissent. C'est le cas de Fred et Émir. Bras dessus-bras dessous, les deux amis se sont rangés derrière la France... pour le moment.  

"Je suis pour la France, c'est là que je suis né, mais j'aimerais bien que le Maroc gagne, au moins ça représenterait un pays africain et ce serait beau, estime Fred. Si le Maroc est en finale, je supporterai le Maroc."

Un casse-tête schizophrénique 

Plus loin, entre deux coups de sifflet, l'éducateur se sert même de la stratégie de Walid Regragui, le sélectionneur maghrébin. Et ses jeunes joueurs adorent. Pour lui aussi, ce match est un cas de conscience : "C'est délicat parce que je suis franco-marocain, né en France mais d'origine marocaine, explique Nabil. Dans tous les cas je serai déçu… et heureux. J'aurais aimé voir France-Maroc en finale, ça aurait été magnifique pour les Marocains, pour les Franco-Marocains et pour les Français". 

Ce soir, Nabil, comme tous ses joueurs, sera devant sa télévision à 20h pour suivre ce match. Seul avantage, s'ils ont un choix cornélien à faire en demi-finale, cela devrait être plus facile, dimanche, pour la finale.