Un guide original pour (re)découvrir des lieux secrets et mystérieux à Montpellier

Publié le Mis à jour le
Écrit par Emmanuel Deshayes

Dans un tout nouveau guide publié jeudi 22 septembre 2022 aux éditions Emons, Pauline Salembier invite les habitants et les visiteurs à découvrir ou redécouvrir "111 lieux à Montpellier à ne pas manquer". Une visite originale et inédite de la capitale languedocienne.

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Une cage à grillon porte-bonheur sur une rembarde en fer forgé, un trompe l'oeil censé exaucer les voeux des pèlerins en route vers Saint-Jacques de Compostelle ou un drôle de restaurant dont vous pouvez repartir avec des chaises, des tables, des verres ou des couverts... Pauline Salembier connaît (presque) tous les petits secrets de sa ville. Des secrets qu'elle révèle bien volontiers. La guide conférencière Montpelliéraine, spécialisée dans les visites insolites, a publié publie jeudi 22 septembre 2022 un guide étonnant, illustré par son compagnon photographe Samuel Duplaix : "111 lieux à Montpellier à ne pas manquer", dans la collection lancée par l'éditeur allemand Emons,

"Le chiffre de 111 lieux était une figure imposée par l'éditeur, explique Pauline Salembier, mais pour le reste, j'ai eu carte blanche !" Contactée par la maison d'édition en mars 2019, au tout début du confinement, la guide a pris le temps, deux ans, pour mener à bien ce projet qui correspondait parfaitement à son approche. "Pour moi, l'aventure a commencé en 2015. J'étais guide depuis 7 ans et j'ai fait le constat que les gens attendaient autre chose d'une visite. Ils veulent souvent vivre une expérience. Beaucoup n'osent pas franchir le seuil d'une salle d'exposition ou entrer dans un hôtel particulier, faire de vraies rencontres." Elle a depuis créé sa propre entreprise, Visit'insolite, pour faire découvrir ou redécouvrir Montpellier et la région Occitanie. 

J'ai fait le constat que les gens attendaient autre chose d'une visite. Ils veulent souvent vivre une expérience. Beaucoup n'osent pas franchir le seuil d'une salle d'exposition ou entrer dans un hôtel particulier, faire de vraies rencontres.

Pauline Salembier, guide conférencière

Avec ce guide, elle partage aujourd'hui ses "coups de coeur". Impossible évidemment de les citer tous ici. Mais quelques exemples suffisent à montrer la variété et la richesse de ces lieux incontournables à Montpellier, pourvu qu'on ait le regard (bien) aiguisé ou qu'on sache pousser les (bonnes) portes !

Le boulet de canon de la rue des Etuves

On peut facilement passer à côté sans le remarquer. Mais au numéro 30 de la rue des Etuves, il suffit de lever la tête pour tomber sur ce boulet de canon, fiché dans le mur au dessus de la porte. Il rappelle les fameux "boulets de Lille" qui ornent quelques-unes des plus belles façades du XVIIe de la cité du Nord. Comme eux, ce vestige pittoresque date des guerres de religion qui faisaient rage à l'époque. L'histoire de ce boulet est liée au siège de Montpellier par les troupes du Roi de France en 1622. Louis XII assiégea pendant 50 jours la ville tenue par les Huguenots. Des protestants qui finirent par ouvrir les portes au Roi de France le 20 octobre de cette même année.

La pharmacie de la Miséricorde

Pour Pauline Salembier, c'est sans nul doute l'un des endroits les plus magiques de Montpellier. Dissimulée derrière la grande porte de l'Hôtel des monnaies, se cache la première officine aménagée du XVIIIe siècle. Plus de 300 céramiques sont toujours bien rangées sur leurs étagères dans le mobilier d'époque. La Congrégation de la Miséricorde a été fondée en 1622 par des Dames catholiques, associées aux Filles de la Charité de Saint-Vincent de Paul. Elles s'installent dans cette maison léguée en 1715 par Anne de Conty d'Argencourt. Les soeurs se donnent pour mission d'aider les pauvres en leur donnant de la nourriture et des vêtements mais elles fabriquent aussi des médicaments et des remèdes à base de plante. L'ensemble de l'Oeuvre de la Miséricorde - Pharmacie et chapelle - a été classé monument historique en 2003.

Le Mikvé

C'est en faisant des travaux en 1980 qu'un particulier a découvert dans sa maison ce "mikvé" datant du XIIe siècle. Il s'agit d'un des bains juifs les plus anciens et le mieux conservé d'Europe. Il rappelle que Montpellier a été terre d'asile pour les juifs d'Andalousie chassés d'Espagne. La ville a même été un centre important d'enseignement talmudique et de transmission des sciences arabes comme la géographie et la médecine. La communauté juive a été tolérée ici avant d'être expulsée en 1394 et le mikvé abandonné et finalement oublié. Le lieu est ouvert au public depuis 1985. En 2000, la ville y a créé l'Institut universitaire euro-méditerranéen Maïmonide, consacré aux origines de Montpellier.

Le Rockstore

C'est un monument de la scène rock montpelliéraine et sa Cadillac rouge (série 62, septième génération), encastrée dans la façade ne passe pas inaperçue ! Un hommage au premier Hard Rock Café de New York. Mais ce que les fidèles du lieu ignorent sans doute, c'est que cette institution du rock local abritait en 1264 un couvent de moines cordeliers et une grande église catholique. Détruite et reconstruite  plusieurs fois pendant les guerres de religion, l'église se transforma en temple protestant en 1803 puis, tour à tour, en imprimerie en 1870, en garage en 1903 et en cinéma en 1927. Avant de devenir le célèbre Rockstore et d'accueillir sous ses voutes ses premiers concerts en 1986. Une scène sur laquelle on a notamment vu passer depuis près d'un demi-siècle Lenny Kravitz, Texas, Radiohead  ou encore la Mano Negra.

La chambre peinte de l'hôtel de Gayon

C'est aujourd'hui un foyer de jeunes travailleurs. Mais au XIIIe siècle, L'hôtel de Gayon était la demeure des Carcassonne, une famille de riches drapiers. Montpellier avait en effet le monopole de la coloration des tissus en rouge et en bleu. Au moyen-âge, chaque pièce avait une fonction précise et la chambre à coucher était un lieu de "parade" comme l'explique Pauline Salembier. Dans cette chambre, située au premier étage, s'affichent donc les signes de distinction du statut de la famille Carcassonne. Une frise y raconte la vie de Saint-Eustache, patron des Drapiers, et se lit presque comme une bande-dessinée. Des peintures murales qui valent plus qu'un coup d'oeil ! Une visite du "Montpellier médiéval et de la chambre peinte de l'hôtel de Gayon" est d'ailleurs organisée le 28 octobre 2022.

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