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Finale du Top 14 : Montpellier “On essaie de rester dans notre bulle” dit Fulgence Ouedraogo

Montpellier - Fulgence Ouedraogo - 29 mai 2018. / © F3 LR
Montpellier - Fulgence Ouedraogo - 29 mai 2018. / © F3 LR

Montpellier-Castres, ce sera l'affiche de la finale du Top 14 2018. L'équipe du MHR est sereine... en apparence. En conférence de presse, lundi, Vern Cotter, l'entraîneur et Fulgence Ouedraogo ont parlé d'une belle épopée et de l'expérience du groupe de Montpellier. Verdict samedi soir sur France 2.

Par Fabrice Dubault

"On essaie de rester dans notre bulle", 7 ans après le rendez-vous de 2011, avant lequel "l'excitation" dominait. Montpellier prépare avec davantage de "sérénité", la deuxième finale de Top 14 de son histoire, a déclaré lundi en conférence de presse, Fulgence Ouedraogo, seul rescapé de la première épopée.

La finale, c'est samedi contre Castres, au Stade de France, à 21h. Et en direct sur France 2.
A cette occasion et afin de vivre pleinement cette finale historique, Montpellier met en place une retransmission sur écran géant sur le parvis George Frêche (Hôtel de ville - Ligne de tramway 1 et 3 arrêt Moularès  - Ligne 4 arrêt Georges Frêche). Un filtrage à l'entrée sera effectué.


Q: Quel souvenir gardez-vous de la finale de 2011?
R: "C'était une belle épopée. On sortait d'une saison fantastique. On n'avait jamais connu ça à Montpellier. On était arrivé en finale et même nous on n'y croyait pas. C'était une belle épopée, mais c'est un gros regret de ne pas être allé au bout de l'histoire et d'échouer aussi près du but. On a mis sept ans pour revenir en finale. On ne sait jamais quand on en rejouera une autre. C'est pourquoi on doit se focaliser sur ce match et ne rien regretter."

Q: Quelle est la différence entre le MHR de 2011 et celui de 2018 ?
R: "C'est une histoire différente. La saison n'est pas la même, ni l'aventure, ni les acteurs, ni l'adversaire. En 2011, on avait beaucoup de joueurs issus de Montpellier et de la région. Il y en a un peu moins même si certains oublient, en ce moment, que des joueurs sont formés au club. Si on dit que Montpellier est une équipe de Sud-Africains ce n'est pas grave, cela me glisse dessus. Les Sud-Africains font partie de notre club, de notre ville et de notre équipe. Il y a d'autres nations qui apportent aussi à notre équipe. Montpellier est un tout."

Q: Quel regard portez-vous sur Castres et sa faculté à faire déjouer l'adversaire ?
R: "Est-ce une équipe qui fait déjouer l'adversaire ? Ou plus simplement une bonne équipe ? Il ne devait pas gagner contre Toulouse (en barrages) ou le Racing (en demi-finales), il a gagné. Castres a prouvé qu'il méritait un autre statut que celui d'outsider. On regarde ses matches, on voit ce qu'il a produit et les adversaires qu'il a battus. On se dit qu'il a fait des grands matches pour arriver jusqu'en finale. On ne prépare pas ce match à la légère. Cette équipe aime ce genre de matches couperet. Elle a montré qu'elle était à la hauteur de ces matches-là. Elle est allée chercher sa qualification à La Rochelle, ce qui n'est pas rien. Ensuite, elle a gagné le barrage à l'extérieur, avant d'écarter le finaliste de la Coupe d'Europe en demi-finale. Ce sont des signes forts".

Q: Que retenez-vous de votre large victoire en demi-finale contre Lyon (40-14)?
R: "La demi-finale était une étape. On est content de ce match, mais il est derrière nous. Le scénario nous a été favorable tout le match. En finale, ce sera plus compliqué et intense pour nous. On devra lutter jusqu'au bout pour remporter ce match. Ce sera plus dur sur le plan mental."

Q: Est-ce plus facile d'aborder ces matches avec des joueurs d'expérience ?
R: "L'expérience est un plus pour le groupe. On essaie de s'en servir un maximum, d'apporter ça à l'équipe. En 2011, il y avait beaucoup d'excitation autour de la finale. Cette saison, on essaie de rester dans notre bulle et de se concentrer sur notre objectif. Certains joueurs nous apportent cette sérénité-là."

Q: Pour vous, ramener le premier titre de champion du MHR, cela représenterait quoi ?
R: "Je ne sais pas (rires). Je ne connais pas ce sentiment, je ne sais pas ce qui m'attend, ni ce qui nous attend. On va aller chercher ce match pour découvrir ce sentiment-là.".

Propos recueillis en conférence de presse.

Finale du Top 14 : Montpellier "On essaie de rester dans notre bulle" dit Fulgence Ouedraogo
A J-3 du match de finale du Top 14, contre Castres, l'équipe de Montpellier est sereine... en apparence. Retour sur la conférence de presse de Vern Cotter, l'entraîneur du MHR et de Fulgence Ouedraogo. - F3 LR - Reportage : J.Gaussen et S.Taponier

 


"Le rugby est un business" déclare Mohed Altrad


"Le rugby est un business", assume dans un entretien à l'AFP l'entrepreneur Mohed Altrad, président de Montpellier.

L'homme d'affaires, à la tête d'un groupe florissant dans le matériel pour le BTP et soupçonné de conflits d'intérêts depuis son rapprochement avec la Fédération française (FFR), se voit comme un président de club "qui fait entendre sa voix, comme Mourad Boudjellal" ou Max Guazzini par le passé, "le petit -ou gros- dernier qui arrive et qui n'est pas encore intégré à l'establishment".

Q: Que représente pour vous la perspective d'un premier titre de champion de France?
R: "Cela viendrait valider un travail. Nous travaillons beaucoup depuis sept ans. Avec parfois des vents contraires. On a beaucoup progressé. Ces dernières années, nous étions régulièrement en phase finale, mais jamais en finale. Il y a déjà un palier de franchi et nous sommes heureux d'en être là aujourd'hui."

Q: Vous parlez de vents contraires. Mais ils le sont moins en ce moment: vous êtes en finale du Top 14, sponsor maillot des Bleus, la Fédération et la Ligue viennent de s'accorder sur une nouvelle convention. Vos relations avec la Ligue se sont-elles améliorées?
R: "La Ligue est ma famille, j'en suis membre à part entière. J'ai parfois des différences de point de vue, de vision, et je le fais savoir avec ma différence, ma singularité..."
 

Guazzini "aussi était pointé du doigt"


Q: Vous en étiez sorti l'an passé, de cette famille.
R: "Non, j'ai eu des accrochages mais j'en suis toujours membre. Je ne peux pas toujours répondre présent aux invitations car, avec les 200 filiales de mon groupe, je ne suis pas souvent ici. Comparé à un président de club qui n'a pas d'autres activités... Dans une famille, tout n'est pas toujours rose, on peut se fâcher, parfois on ne se parle plus, puis il y a des moments de joie et on retrouve le plaisir de vivre ensemble. Je vous l'accorde, je suis l'un des seuls parmi les trente présidents (ceux du Top 14 et les 16 de Pro D2) qui fait entendre sa voix, comme Mourad Boudjellal par le passé. Max Guazzini aussi, c'était la même chose, il était singulier et pointé du doigt car il faisait porter des maillots roses à ses joueurs, car c'est un homme du show-biz. Mais Max est rentré dans l'establishment, Boudjellal pas complètement, mais tout de même... c'est peut-être que je suis le petit -ou gros- dernier qui arrive et qui n'est pas encore intégré à l'establishment.
Peut-être qu'une victoire changerait la donne. J'aime faire le parallèle avec le business: j'ai créé mon entreprise il y a 32 ans, je considère que je ne fais partie de l'establishment que depuis quelques années. Il a fallu que je prouve, peut-être deux fois plus qu'un autre, que j'avais ma place. Et le rugby est, d'une certaine manière, un business, même si c'est un business particulier. Il perd de l'argent et perdra de l'argent pendant longtemps car aujourd'hui son modèle économique n'est pas viable."
 

"J'ai repris un club en détresse"


Q: Comprenez-vous qu'auprès du grand public, ou de la famille du rugby, le fait que le club du sponsor des Bleus soit champion de France puisse susciter un certain malaise ?
R: "Le comité d'éthique et de déontologie, saisi par la Ligue, a dit qu'il n'y avait pas de conflit d'intérêts. Il existe d'ailleurs des cas similaires, notamment dans le foot. Que cherche-t-on d'autre? J'ai repris en 2011, à la demande des collectivités locales, un club qui était en détresse, avec un trou de 4 millions d'euros. Je me suis engagé dans ce sport, qui me fascine, j'ai un projet économique et je le poursuis. Quand je suis arrivé, le chiffre d'affaires (du club) était de 13 millions d'euros, il est de 26 millions aujourd'hui. Pourquoi? Parce que nous avons mis en place des partenariats, nous avons progressé dans tous les domaines, et nous essayons de poursuivre notre projet au plan sportif, médical, mental, ainsi qu'en matière d'infrastructures. Alors je ne sais pas ce qu'on me cherche, même si je comprends que mon parcours puisse susciter un peu de curiosité."

Q: Au-delà du conflit d'intérêts, ce qui choque certains est surtout le fait que vous imposiez votre loi de l'argent avec vos moyens... L'entendez-vous ?
R: "Le MHR est une société anonyme, comme le groupe Altrad. Donc on doit respecter le code du commerce, civil et pénal. Et les règles du sport, comme le +salary cap+ (plafond salarial que le MHR est suspecté d'avoir dépassé, NDLR). Je le respecte et je suis convaincu que la DNACG (le gendarme financier du rugby) dira qu'il n'y a rien."

Entretien réalisé par Pierrick YVON AFP.

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