Témoignage. "Je dors dans la rue, dans un placard électrique" : l'accueil de jour au service des plus démunis toujours plus nombreux

Publié le Écrit par Josette Sanna et Delphine Aldebert

Un petit-déjeuner à 10 centimes, une douche, un repas chaud. L'accueil de jour de la Halte solidarité du secours catholique de Montpellier ne désemplit pas. Il reçoit entre 150 et 200 personnes parmi lesquelles des SDF mais aussi de plus en plus de retraités et de femmes seules.

8h30. Il fait 5 degrés ce 4 décembre et la pluie s'est invitée. À l'ouverture des portes de la Halte solidarité du secours catholique, les Montpelliérains en grande précarité se pressent pour prendre un petit-déjeuner. Les bénévoles du Secours catholique leur proposent une boisson chaude, du pain et de la confiture pour seulement 10 centimes. Un moment de réconfort après une nuit passée dans la rue ou dans des abris de fortune.

Je n'ai pas d'eau, pas d'électricité. Je dors dans un garage. J'ai demandé des couvertures au 115.

Personne accueillie à la Halte solidarité

"Je dors dans la rue, dans un placard électrique. Je viens ici pour voir des gens, discuter avec tout le monde", témoigne cet autre trentenaire, interrogé Delphine Aldebert et Sylvie Bonnet de France 3 Occitanie.

Repas

Le Secours catholique Caritas France anime l’accueil de jour et s’organise chaque semaine du lundi au samedi de 08h30 à 11h30. À midi, l'association Saint-Vincent de Paul prend le relais en proposant des repas à 2 euros, quai du Verdanson à Montpellier.

De plus en plus de pauvres 

Il n'y a pas que les sans domicile fixe qui viennent chaque matin. Certains ont un toit mais pas de ressources. D'autres sont des migrants. Quelques femmes isolées aussi et de plus en plus de retraités pauvres.

Les personnes accueillies sont des personnes majeures isolées, souvent en errance, vivant dans la précarité : 85 % d’hommes, 15 % de femmes. Des publics de tous âges en rupture avec leur famille, souvent au chômage ou sans ressource qui sollicitent avant tout un logement et l’aide à l’ouverture des droits auxquels ils peuvent prétendre. Cette année ils sont encore plus nombreux à avoir basculé dans le besoin. "Je viens ici depuis le mois de juin car je n'ai pas assez de moyens pour me nourrir la journée, j'ai eu un passage à vide, ici c'est convivial et j'ai les douches."

 Je viens chercher peu de sourire, un peu d'amitié, un peu de bonheur, un peu de tout quoi.

Femme accueillie

Le Secours catholique accueille, écoute et accompagne. Mais alors que l'hiver s'installe l'association n'a pas toutes les solutions."On est inquiets de voir de gens qu'on ne reverra peut-être pas le lendemain car ils ont laissé leur vie dans la rue. Il n'y a pas de logements pour eux : quand ils font des demandes au 115 et qu'ils reviennent bredouilles, ça nous fend le cœur mais on ne peut rien faire pour eux, malheureusement.  

Avec le coût de la vie, celui de l'électricité multipliée par deux ou trois, on voit de nouvelles têtes chaque jour

Jean-François Domergue

Responsable de l'accueil de jour du Secours Catholique Montpellier

Grand froid

L'arrivée du grand froid inquiète les bénévoles mais pas seulement pour les personnes vivant dans la rue pour ceux qui ont un toit et n'ont plus les moyens de se chauffer.

De 25 000 accueils l'an dernier, la halte est passée à 26 000 passages déjà enregistrés fin octobre cette année.

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