Journée des solitudes : "il y a une hausse des états dépressifs", constate le président de SOS Amitié de l'Hérault

Cette année, la 4ème édition de la journée mondiale contre la solitude a une résonance particulière. En raison de la pandémie de Covid-19, ce sentiment serait grandissant. A Montpellier, des associations se mobilisent en proposant des moments d'écoute, c'est le cas d'Astrée et de SOS Amitié.

Les jeunes, les célibataires et les publics les plus fragilisés économiquement sont les plus touchés par la solitude selon un sondage de l'IFOP.
Les jeunes, les célibataires et les publics les plus fragilisés économiquement sont les plus touchés par la solitude selon un sondage de l'IFOP. © MaxPPP - Pascal BROCARD

Selon une enquête de l'IFOP (Institut français d'opinion publique), un Français sur cinq dit avoir souffert de solitude en 2020.  Un chiffre en hausse de 5 points par rapport à 2018. En cause notamment : l'épidémie de coronavirus qui contraint les Français à l'isolement. 

On sait qu’il y a des personnes qui n’avaient jamais appelé et qui appellent maintenant. On a vu une augmentation des personnes dépressives ou qui l’étaient et qui replongent dans une dépression depuis le début de l'épidémie de coronavirus.

Jean-Noël Pintard, président de l'association SOS Amitié de l'Hérault

"Une oreille attentive"

Elodie a 38 ans et élève seule son fils. Après un parcours de vie accidenté, elle a choisi de s'isoler pour se protéger de son entourage. Depuis 6 ans, elle tente de rompre cette solitude aux côtés de Didier, l'un des bénévoles de l'association Astrée. 

Pendant une heure, une fois par semaine, ce retraité rencontre sur son temps libre la jeune femme au sein de l'association. L'objectif : les aider à mettre des mots sur ce qu'ils ressentent. 

Quand cette tristesse est là, un petit coup de fil ça fait toujours du bien. Cette association m’apporte de la sérénité, une oreille attentive à ce que je peux dire. Je me sens écoutée et ça c’est très important.

Elodie, mère célibataire âgée de 38 ans

"Le confinement a fait jaillir la solitude"

Depuis 1987, l'association Astrée oeuvre aux côtés des personnes touchées par la solitude. Elle compte à Montpellier une trentaine de bénévoles qui proposent une rencontre par semaine aux personnes en détresse.

Depuis le début de la pandémie, les demandes d'accompagnements ne font qu'augmenter. Aujourd'hui, les bénévoles accompagnent une quarantaine de personnes.

L’épidémie et notamment le confinement a fait jaillir un certain nombre de solitudes supplémentaires. Les personnes qui ne peuvent pas trop se déplacer, les étudiants, se sont senties encore plus seules.

Serge Garcia, président de l'association Astrée de l'Hérault

Il précise, "il y a plusieurs sortes de solitudes. Il peut y avoir une solitude physique, quelqu’un qui ne voit jamais personne, qui ne parle jamais à personne. Il y a une solitude intérieure de quelqu’un qui a du contact, qui souffre de certaines choses et qui ne peut pas les communiquer".

Standard saturé

SOS Amitié accompagne également les personnes touchées par la solitude depuis le début des années 60. Cette association propose une écoute téléphonique anonyme 24h/24h, 7 jours/ 7 jours au 04 67 63 00 63.

On est saturés en termes d’appels depuis des années, donc on ne peut pas dire qu’il y a une hausse mais on sait qu’on manque davantage d’appels depuis le début de la pandémie.

Jean-Noël Pintard, président de l'association SOS Amitié de l'Hérault

"Ce qui est frappant c’est que les pensées suicidaires on les entend beaucoup plus qu’avant", précise-t-il.

Selon l'enquête de l'IFOP, les jeunes, les célibataires et les publics les plus fragilisés économiquement sont les plus touchés par la solitude. 

 

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