Montpellier: 30 ans de prison requis contre Daniel Malgouyres, propriétaire du jardin de Saint-Adrien à Servian, théâtre d'un cambriolage mortel.

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Écrit par Isabelle Bris

30 ans de réclusion criminelle : c'est ce qu'a demandé l'avocat général ce mercredi, aux assises de l'Hérault, contre Daniel Malgouyres, accusé d'avoir organisé son propre cambriolage et tué un des malfaiteurs à Servian, dans l'Hérault, en 2017, pour spolier sa femme. Le verdict est attendu vendredi.

Le réquisitoire de l'avocat général contre Daniel Malgouyres a été particulièrement accablant à l'encontre du principal accusé ce mercredi, à la cour d'assises de l'Hérault à Montpellier.

Georges Gutierrez est convaincu que Daniel Malgouyres était bien le commanditaire de ce faux cambriolage où un homme a été tué en 2017. Deux heures durant, le magistrat a souligné les "mensonges" du propriétaire du jardin de Saint-Adrien à Servian.

Meurtre, tentative de meurtre et séquestration sur sa propre femme

"On lui reproche trois crimes graves: meurtre, tentative de meurtre et séquestration sur sa propre femme. Je demande 30 ans", a déclaré à la fin de son réquisitoire l'avocat général, selon l'AFP.

Pour Georges Gutierrez, le septuagénaire -en détention provisoire depuis quatre ans- n'était pas en état de légitime défense mais "à la limite de l'assassinat" lorsqu'il a tué d'un coup de fusil l'un des deux vrai-faux cambrioleurs, David Viers, âgé de 43 ans.

Son mobile, selon l'avocat général : "garder son domaine, faire fuir son épouse Françoise et de vivre sa vie avec quelqu'un d'autre, en l'occurrence l'employée sud-américaine dont il était tombé amoureux".  

Mais ce mauvais scénario a dérapé face à l'obstination de Françoise Malgouyres, qui a farouchement refusé de dévoiler la combinaison de son coffre fort, malgré ses menaces et les maltraitances.

Selon l'accusation, son mari pensait qu'elle y avait placé les 100.000 euros qui devait servir à payer les cambrioleurs.            

18 ans requis contre les deux autres accusés présent à l'audience

L'avocat général a également réclamé une peine de 18 ans de réclusion criminelle contre chacun des deux autres accusés qui comparaissaient libres :

  • Richard Bruno, le second cambrioleur, âgé de 57 ans, 
  • Richard Llop, 56 ans, un ami du couple qui s'était occupé d'organiser le cambriolage.            

Ce dernier, qualifié d'escroc et de voleur par le magistrat, n'avait pas, selon lui, la carrure pour mener à bien ce type d'opération.

Le gardois aurait donc obéi aux ordres de Daniel Malgouyres, dont il cherchait l'estime et le soutien financier.

Verdict vendredi

Jean-Pierre Bruno, 81 ans, le père de Richard Bruno, accusé d'avoir aidé Richard Llop à recruter les deux vrais-faux cambrioleurs, doit jugé ultérieurement. Son état de santé ne lui a pas permis de comparaître à ces journées d'audiences très médiatiques.

Après ce réquisitoire, la parole était à la défense. Ce sont d'abord les avocats de Richard Llop et Richard Bruno qui ont plaidé la défense de leurs clients.

Ceux de Daniel Malgouyres seront entendus demain jeudi par le jury et les magistrats de la cour d'assises de l'Hérault.       

Le verdict devrait clore vendredi ces trois semaines de procès fleuve.