Procès du cambriolage mortel à Servian : Françoise Malgouyres confie avoir "un énorme doute" sur son mari

Publié le Mis à jour le
Écrit par Lauriane Nembrot avec AFP
Palais de justice de Montpellier, 2 décembre 2021.
Palais de justice de Montpellier, 2 décembre 2021. © FTV

Epouse trahie, Françoise Malgouyres, a raconté jeudi aux assises de l'Hérault avoir "un énorme doute" sur son mari, soupçonné d'avoir organisé le cambriolage en octobre 2017 de leur magnifique propriété pour la chasser et au cours duquel il a tué l'un des malfaiteurs.

"Il n'a jamais réagi comme j'aurais aimé. J'ai un énorme doute sur l'homme qu'il est", a lancé Françoise Malgouyres, 62 ans, au quatrième jour du procès de son mari Daniel, de dix ans son aîné. Il l'écoute attentivement depuis le box des accusés.

En détention provisoire depuis quatre ans, Daniel Malgouyres est soupçonné d'avoir organisé en octobre 2017 le cambriolage de la maison du couple avec deux complices afin de faire peur à son épouse avec qui il ne s'entendait plus, espérant qu'elle quitte le domaine, ce qu'il nie.

Une personne abattue

Au cours de ce "vrai-faux" vol, l'un des malfaiteurs, David Viers, 43 ans, a été abattu par Daniel Malgouyres à l'étage de la propriété dans des circonstances floues alors que son épouse Françoise était retenue par un second malfrat au rez-de-chaussée.

Les deux malfaiteurs avaient violenté Françoise Malgouyres dans la propriété du couple à Servian (Hérault), les Jardins de Saint-Adrien, afin qu'elle révèle l'emplacement de son coffre-fort. Mais pendant le cambriolage, son mari regarde ses pieds alors qu'un des deux agresseurs la frappe au visage, raconte-elle jeudi à la barre.

Daniel Malgouyres est poursuivi pour meurtre, tentative de meurtre et complicité de tentative d'extorsion en bande organisée avec arme. 

Un mari infidèle

Le couple s'était installé à la fin des années 1970 à Servian, dans le village natal de Daniel, dans l'Hérault, où il a transformé une ancienne carrière en jardin exotique. Les lieux ouverts au public étaient devenus une des principales attractions touristiques de la région et une source de revenus importante, dont une partie était cachée derrière des radiateurs, dans les congélateurs ou dans un coffre-fort.

Françoise Malgouyres, cheveux blonds mi-longs, qui se reconnaît volontiers "têtue", ne lâchera rien. "J'ai pensé que puisqu'on allait mourir, il était hors de question qu'ils repartent avec le moindre centime", explique-t-elle.

Mais en mai 2017, Françoise est victime d'un accident de cheval qui la plonge dans le coma pendant 12 jours. A son retour de l'hôpital, elle s'aperçoit que son mari entretient une relation avec une employée des jardins de nationalité vénézuélienne, Yolanda.

Un vol motivé par l'argent ?

Le divorce qui se profile fait craindre à Daniel Malgouyres de perdre le contrôle sur son cher jardin et ses revenus, raison pour laquelle il aurait fomenté le cambriolage, afin que son épouse décampe, a expliqué mercredi le chef de l'enquête. 

Françoise Malgouyres a reconnu à la barre avoir un "caractère terrible" et même avoir parfois été "méchante" après avoir découvert l'adultère. Lorsque les avocats de son mari lui font remarquer qu'un proche du couple, Richard Llop, qui comparaît pour "complicité de tentative d'extorsion", savait que de l'argent était parfois caché dans les congélateurs de la propriété, elle ne se démonte pas: "Est-ce que ça a vraiment de l'importance pour ce procès?", s'interroge-t-elle à propos de cet éleveur de chevaux, criblé de dettes.

"Je n'enverrai pas un innocent en prison"

Pour les avocats de M. Malgouyres, Richard Llop, qui avait fini par avouer pendant l'enquête son rôle dans le recrutement de l'équipe de cambrioleurs, a agi de son propre chef.

Jeudi soir, M. Llop a répété avoir surtout voulu aider Daniel Malgouyres à "faire peur" à sa femme, afin qu'elle parte, reconnaissant avoir trahi celle qu'il appelait sa "grande soeur". "En colère" contre Daniel Malgouyres qui "ne veut pas dire pourquoi il a tiré sur cet homme", il s'est dit prêt à passer 15 ou 20 ans en prison, mais pas à "porter le chapeau" à la place de celui dont il affirme qu'il est le commanditaire.

"Je n'enverrai pas un innocent en prison", a répondu M. Llop à son avocate, qui lui demandait s'il disait la vérité après avoir souvent menti sur son implication. Le procès est prévu jusqu'au 17 décembre.

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