Montpellier : après le squat du Château, les demandeurs d'asile investissent un ancien centre de vaccination

Au cœur du quartier Euromédecine, cet ancien centre de vaccination est inoccupé depuis des mois. Il est aujourd'hui le refuge de dizaines de demandeurs d'asile, qui ont investi illégalement les lieux. / 31 janvier 2019. / © C. Agullo / France 3 LR
Au cœur du quartier Euromédecine, cet ancien centre de vaccination est inoccupé depuis des mois. Il est aujourd'hui le refuge de dizaines de demandeurs d'asile, qui ont investi illégalement les lieux. / 31 janvier 2019. / © C. Agullo / France 3 LR

Après le squat dit « du château », une quarantaine de réfugiés ont investi illégalement un ancien centre de vaccination à Montpellier. Notre journaliste Caroline Agullo était présente lors de la réquisition des lieux.

Par Olivia Boisson avec Caroline Agullo


Nous sommes devant un ancien centre de vaccination, au cœur du quartier Euromédecine. Ces locaux, inoccupés quelques temps, font plusieurs milliers de mètres carrés.
Plusieurs personnes sont là. Toutes s’apprêtent à réquisitionner le bâtiment repéré par Samuel Forest, de l’association Solidarité Partagée.

Il suffit de passer à côté pour s’apercevoir que personne n’occupe cet endroit, qu’il est laissé à l’abandon depuis des années. Les mauvaises herbes poussent partout, le goudron fissure.

Plusieurs réfugiés accompagnent Samuel.

Vraiment, cela va nous arranger. Nous allons avoir un coin chaud pour l’hiver.

Avant d’inviter les réfugiés à s’introduire dans ces locaux, Samuel Forest y a dormi seul à plusieurs reprises. Une façon de s’assurer que ces lieux sont bien abandonnés.


Une occupation illégale mais légitime pour les réfugiés



Une quarantaine de demandeurs d’asile entrent dans l’ancien centre de vaccination. Ils investissent les locaux de façon illégale, en entrant par les fenêtres. Mais pour tous, cette occupation est légitime.

Je sais que c’est interdit de rentrer dans un lieu comme ça, mais au Château, ils ont froid,  et des personnes sont malades.


Fuir le squat du Château



Ces réfugiés fuient le squat dit "du Château", également situé à Montpellier. Les locaux sont insalubres, sans eau ni électricité et envahi de rats. Au squat du Château, des maladies se déclarent, dont deux cas de tuberculose. Pour les réfugiés, il est nécessaire d’avoir cette solution de repli.

De plus, les 90 occupants du squat du Château étaient sous la menace d’une expulsion imminente… 


Nombre d’entrées illimité


200 demandeurs d’asile devraient s’installer dans ce nouveau squat. Samuel Forest refuse de limiter le nombre d’entrées malgré le risque de débordements que cela peut provoquer.

Les gens vont s’en prendre à moi et vont dire que je ne suis qu’un connard parce qu’il y a 1.500 mètres carrés disponibles et que je ne loge que 100 personnes. Et moi je ne veux pas ça.

Cette situation inquiète ses camarades. Le bâtiment pourrait devenir le plus grand squat de Montpellier.


Le propriétaire du bâtiment réagit


L’institut Bouisson Bertrand est le propriétaire des lieux. Contacté par téléphone, il a pris connaissance de la situation par le biais de notre journaliste. La vente du bâtiment à des promoteurs immobiliers serait en cours de signature. Le propriétaire s’est rendu sur les lieux accompagné de la police et a sommé les squatteurs de quitter les lieux.
Les squatteurs ont refusé.
 

Le dossier est entre les mains de la justice


Ce vendredi 1er février dans la matinée, un huissier est venu constater l’occupation. Une procédure judiciaire est donc lancée et le dossier est entre les mains de la justice.

En attendant, les 90 occupants du squat Le Château déménagent leurs affaires jusqu’à l’ancien centre de vaccination.


Un problème récurrent à Montpellier


Chaque hiver, à Montpellier, les centres d’hébergements d’urgence sont saturés. Faute de places, les réquisitions de bâtiments vacants se multiplient.


Voici le reportage complet de Caroline Agullo et Virginie Portella-Rosa.

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