Montpellier : elle porte plainte contre la police pour arrestation abusive après une manifestation anti-pass sanitaire

Ce samedi 4 septembre, une montpelliéraine a été interpellée et placée en garde à vue après une manifestation, plutôt calme, contre le pass sanitaire. Deux autres personnes, des soignants, sont arrêtées ce jour-là. Aujourd’hui elle porte plainte pour arrestation abusive.
Une manifestation anti-pass sanitaire à Montpellier en juillet 2021
Une manifestation anti-pass sanitaire à Montpellier en juillet 2021 © MAXPPP - SYLVIE CAMBON

Patricia Besseire est une activiste de la première heure. Elle participe à toutes les manifestations citoyennes depuis 30 ans : « Je suis de tous les combats qui soient contre l’injustice », nous dit-elle. La dernière en date, une manifestation contre le pass sanitaire à Montpellier ce samedi 4 septembre : « On déambulait dans les rues de Montpellier, c’était très calme, à la fin de cette manif... On chantait, on dansait, c’était bonne ambiance... On s’est retrouvés devant le musée Fabre, on était une vingtaine. »

Mais à la fin de cette manifestation et pour la première fois en 30 ans, Patricia va être interpellée avec deux soignants : "Une amie vient me voir et me dit, il y a une jeune fille qui vient de se faire arrêter.  Et je vois passer un soignant que la police interpelle, je vais voir la police pour essayer de comprendre... Et tout d’un coup la police m’interpelle moi aussi ! Les policiers me mettent dans la voiture pour m’emmener au poste. Je pleure et je leur dit que je ne comprends pas pourquoi ils m'arrêtent... Là on me dit ne vous inquiétez pas c’est juste un contrôle d’identité."

Mais une fois au poste de police, Patricia est placée en garde à vue.

On ne me donne pas la raison. Après on me descend en cellule, on me fouille comme si j’étais une voleuse, un malfrat.

Patricia Besseire, manifestante

Une nuit en cellule pour refus d'obtempérer

Les policiers lui demandent d'ôter ses sous-vêtements et ses lacets. La garde à vue se prolonge jusqu’au lendemain matin pour elle et les deux autres manifestants choqués : "Pour moi c’est un abus, on ne m’explique pas pour quelle raison je suis arrêtée, et je n’ai entendu aucune sommation de dispersion."

La raison invoquée par les forces de l’ordre : refus d’obtempérer et de se disperser malgré les sommations. Patricia, elle, clame haut et fort qu’elle n’a pas entendu ces sommations et dénonce une atteinte à la liberté d’expression et une tentative d’intimidation alors que la manifestation était pacifique. Aujourd’hui elle porte plainte pour arrestation abusive.

Un délit pour les forces de l'ordre 

Pour les forces de l’ordre, son arrestation est un rappel à l’ordre public :

Lors de ces attroupements, quand on demande une dispersion, on somme une dispersion, les personnes doivent obtempérer. Ce qui n’a pas été le cas ce jour-là. Alors on part sur un refus d’obtempérer, et à partir de ce moment-là il y a une interpellation. On fait la part des choses entre les casseurs et ces personnes-là. Mais refus d’obtempérer c’est un délit, et quand on interpelle quelqu’un qui est en délit, cette personne-là est conduite au commissariat.

Bruno Bartocetti, responsable régional syndicat SGP-FO

La manifestante a déposé une plainte auprès de l'Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN) pour arrestation abusive. Elle devrait faire l'objet le 4 octobre prochain d'un rappel à l'ordre.

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