Montpellier : les étudiants précaires manifestent contre la pauvreté

A Montpellier le 12 novembre 2019, à l'appel de plusieurs syndicats, environ 200 étudiants ont manifesté contre la précarité et la suppression des aides pour les étudiants. / © T. Will/ FTV
A Montpellier le 12 novembre 2019, à l'appel de plusieurs syndicats, environ 200 étudiants ont manifesté contre la précarité et la suppression des aides pour les étudiants. / © T. Will/ FTV

Quatre jours après l’immolation d’un jeune homme de 22 ans à Lyon, les étudiants réagissent et la solidarité s'organise. À Montpellier, où le budget logement est en moyenne de 488 euros par mois, une manifestation s'est déroulée devant le Crous. 

Par Emmanuelle Rouillon

Quatre jours après son immolation à Lyon, l'étudiant syndicaliste de 22 ans est toujours entre la vie et la mort. Par ce geste, il dénonce la précarité des étudiants.

Sa situation est loin d’être isolée : en France, un étudiant sur cinq vit en-dessous du seuil de pauvreté.
 

488 euros par mois pour se loger à Montpellier

Un étudiant doit compter en moyenne sur un budget 900 euros par mois. Ce chiffre est en hausse car le coût de la vie étudiante a augmenté de 2,36% par rapport à 2018. 

La part du logement est celle qui pèse le plus, elle représente 69% du budget des étudiants. Le coût moyen d’un logement étudiant à Montpellier est de 488 euros par mois, pour une surface inférieure à 30 mètres carrés. C’est une nouvelle augmentation : + 9 € par rapport à l’année dernière.

Des chiffres qui ont été publiés l'été dernier par l'Unef, l'un des principaux syndicats étudiants. 
 

Tous solidaires et choqués par ce geste

À l’appel de plusieurs syndicats, les étudiants de France ont organisé des manifestations dans plusieurs villes du pays. A Montpellier, le rendez-vous était donné à 14h devant le Crous. 

Cette nouvelle m'a vraiment choquée

Alissa, l'une des étudiantes présente à la manifestation partage son émotion : "on est là vraiment pour être solidaires, parce qu'on est tous étudiants, dans la difficulté". 

Macron il est en guerre contre les jeunes

Victor, étudiant s'en prend à la politique sociale du président Macron : "Moi je suis là parce que je suis contre ce système qui est en train de tuer les jeunes, comme on l'a vu, parce que là le camarade il est entre la vie et la mort". 

Deux-cent personnes environ étaient présentes à la manifestation devant le CROUS de Montpellier. Des étudiants en majorité bien sûr, mais également des retraités ou des associations, venus apporter leur soutien aux étudiants les plus pauvres. 

Deux-cent personnes, étudiants, retraités et associations sont venus apporter leur soutien aux étudiants les plus pauvres devant le CROUS le 12 novembre 2019 à Montpellier. / © V.Sauveur/FTV
Deux-cent personnes, étudiants, retraités et associations sont venus apporter leur soutien aux étudiants les plus pauvres devant le CROUS le 12 novembre 2019 à Montpellier. / © V.Sauveur/FTV

De son côté, l’université Paul-Valéry a soutenu cette mobilisation.

« L’université s’associe à l’émotion suscitée par le terrible geste de désespoir de l’étudiant lyonnais et appelle ses enseignants à la compréhension envers les étudiants absents cet après-midi, partis témoigner leur solidarité et dénoncer la précarité étudiante »
 

Contre les suppressions des aides 

Ils manifestaient également contre la baisse de 5 euros des Aides Personnalisées au Logement (APL) l’année dernière, ou encore le renforcement des conditions d’accès aux bourses décidé cet été par la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal.

Les transports représentent la deuxième dépense qui pèse le plus dans le budget d'un étudiant : 196 euros par an en moyenne pour un Montpelliérain. C'est un chiffre stable par rapport à l'année dernière. 

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