"Le RN est populiste comme Frêche !" : Frédéric Bort, proche de l'ancien président de région, candidat RN à Montpellier

Frédéric Bort, l'ancien directeur de cabinet de Georges Frêche, se présente aux élections sous les couleurs du Rassemblement national. Il sera tête de liste dans l’Hérault lors des régionales. La femme de l’ex-président socialiste de la région Languedoc-Roussillon dénonce la manoeuvre.

Entouré par Jean-Paul Garraud (tête de liste régionale RN en Occitanie) et Louis Aliot (maire RN de Perpignan), Frédéric Bort, ex bras droit de Georges Frêche, s'est officiellement présenté ce mercredi à Montpellier comme tête de liste du Rassemblement national dans l'Hérault, pour les élections régionales en juin.
Entouré par Jean-Paul Garraud (tête de liste régionale RN en Occitanie) et Louis Aliot (maire RN de Perpignan), Frédéric Bort, ex bras droit de Georges Frêche, s'est officiellement présenté ce mercredi à Montpellier comme tête de liste du Rassemblement national dans l'Hérault, pour les élections régionales en juin. © G.Vouzellaud/RN

C'est désormais officiel : Frédéric Bort, l'ancien directeur de cabinet de Georges Frêche, ex président socialiste de la région Languedoc-Roussillon, passe dans le giron du parti de Marine Lepen.

L'ancien bras droit de Frêche, figure de proue de la gauche locale décédée voilà plus de 10 ans, a été officiellement présenté à la presse ce mercredi matin devant l'Hôtel de région à Montpellier, comme tête de liste du Rassemblement national de l'Hérault pour le scrutin régional.

Sa candidature vise à appuyer celle de la tête de liste régionale en Occitanie : l’ancien député UMP, aujourd’hui eurodéputé RN, Jean-Paul Garraud. Louis Aliot, maire RN de Perpignan était également présent aux côtés de cet Héraultais de 43 ans qui n'a jamais été élu mais qui s'est présenté aux élections législatives de 2017 comme candidat de la "majorité présidentielle indépendante".

Contre le politiquement correct

Ce viticulteur, qui avait été séduit un temps par La République En Marche, estime ne pas trahir son ancien mentor montpelliérain en rejoignant le Rassemblement national qui est venu le chercher pour prochaines élections régionales, car il leur trouve des points communs dans l'anti-politiquement correct :

Frêche, c’était le peuple contre les élites, la province contre Paris et il l'a payé assez cher en étant exclu du PS et en étant jamais nommé ministre !

Frédéric Bort, tête de liste RN Hérault

Frédéric Bort aux côtés de Georges Frêche en mars 2010, lors de la ré-élection du président de la région Languedoc-Roussillon.
Frédéric Bort aux côtés de Georges Frêche en mars 2010, lors de la ré-élection du président de la région Languedoc-Roussillon. © IP3 PRESS/MAXPPP

Passer au RN : un choix assumé "pour défendre le peuple"

"Aujourd’hui la France est divisée en deux", estime le nouveau candidat RN-34 aux régionales : "Il y a d'un côté, les gens qui sont à l'aise, les élites pro-européens et mondialistes et le reste : les gens ordinaires, le peuple ouvrier. Ces gens-là, personne n'en parle, personne ne les défend ! La gauche se concentre sur les minorités."

Constuire une alternance

"Nous faisons face aux partis d’élite comme celui de Macron où de Carole Delga, nous sommes l'alternative" poursuit Frédéric Bort qui admet que le mouvement des gilets jaunes a influencé sa décision.

"Ces gens là ne sont pas représentés, il faut qu’ils soient tous représentés. On dit que le RN est un parti populiste, oui, comme Georges Frêche l'était ! Pour moi, être populiste, ce n’est pas diffamant, c’est aller vers le peuple."

Pourquoi avoir choisi le parti de Marine Lepen plutôt que celui de Mélanchon ?

"Mélenchon aussi est un populiste aussi mais il ne se bagarre pas assez contre l’islamisme. Son parti a trop d’indulgence avec la diversité culturelle. Militer pour le féminisme, l’homosexualité, ce sont des combats légitimes mais pas centraux pour moi. Or le combat central, c’est défendre les plus modestes !" 

"Le RN d’aujourd’hui n’a rien à voir avec ce qui s’est passé en 1934. Dire que le Rassemblement national prône le racisme, cela arrange les opposants. Le RN, c’est un tiers des votes aujourd'hui en France. On ne peut pas criminaliser autant d’électeurs". conclu le quadragénaire.

Réaction indignée de Claudine Frêche

Ces références à Georges Frêche ne sont pas du goût de Claudine Frêche, qui fut l'épouse de l'ancien président de région.

La directrice générale d’ACM Habitat jusqu’en 2016 et présidente d’honneur de l’association créée en mémoire de son mari depuis 2011 a vivement réagi par comnuniqué mercredi en apprenant la candidature de Frédéric Bort aux élections sour la bannière du Rassemblement national: 

"Je n’ai pas à commenter les choix effectués par cette personne, en revanche, je m’élève avec vigueur sur l’utilisation du nom et de l’action de Georges Frêche par ce candidat du RN."

Elle a tenu à souligner que Georges Frêche " fils de résistant et d’une institutrice laïque, s’est battu toute sa vie contre l’extrême droite, tant à Montpellier qu’à la Région. Ses actes sont là pour le démontrer, notamment la politique qu'il a menée concernant l’éducation, les transports, les logements sociaux, l’égalité femmes-hommes ou la solidarité internationale, autant d’actions combattues par le RN depuis des décennies dans ce territoire."

L’engagement politique, même le plus opportuniste, ne peut se faire en insultant la mémoire ou en faisant parler les morts. C’est indigne.

Claudine Frêche

 

Elle appelle par conséquent Frédéric Bort et le tête de liste RN à cesser d’utiliser immédiatement le nom de Georges Frêche.  

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