Montpellier : la trêve des chauffeurs de taxi

Depuis début avril, ils manifestaient contre le nouveau plan de circulation de Montpellier qui leur interdit les couloirs des bus. Les taxis ont suspendu leur mouvement après leur rencontre, mercredi, avec le maire. L'interdiction des couloirs n'est pas levée mais la négociation est engagée.

La deuxième opération escargot a rassemblé plus d'une centaine de taxis, le 9 avril 2021, à Montpellier.
La deuxième opération escargot a rassemblé plus d'une centaine de taxis, le 9 avril 2021, à Montpellier. © Sylvie BONNET FTV

Après trois manifestations bruyantes qui ont ralenti le trafic routier à Montpellier, ils ont été entendus. Les chauffeurs de taxi reçus mercredi à la mairie par Michaël Delafosse et Julie Frêche, chargée des transports dans la Métropole, ont suspendu leur mouvement de protestation entamé début avril.
Pour l'instant, la municipalité n'a fait aucune promesse de "changer de voie" mais la réflexion est engagée.

"Sans les couloirs, c'est le foutoir"

Le slogan était clair, mais il aura fallu trois opérations escargots au centre-ville de Montpellier pour que les discussions commencent. Depuis que nombre de voies importantes ont été scindées en deux pour permettre aux vélos et aux bus une meilleure fluidité, les taxis étaient les grands perdants du réaménagement.

"Le non négociable du départ devient une invitation à la concertation"

Le ton a radicalement changé, hier mercredi à la mairie de Montpellier.
"Il y a une progression" observe Eric Dejean, le vice-président de la Fédération des exploitants de taxis de l'Hérault (FETH34) interrogé par nos confrères de France Bleu Hérault à la sortie de la réunion. "Le non négociable du départ devient une invitation à la discussion et la concertation".

Concrètement les chauffeurs de taxi vont pouvoir participer aux prochaines réunions sur la mobilité, la première étant programmée d'ici une quinzaine de jours. A la clef, peut-être, "un aménagement des aménagements" jusqu'ici interdits aux taxis.

Michaël Delafosse nous a fait comprendre que ça pourrait déboucher sur l'étude au cas par cas des tronçons de voies mixtes, certains pourraient nous être ouverts, d'autres non.

Eric Dejean, vice-président de la FETH34.

Ces aménagements pourraient également concerner certaines portions des lignes de tramways.

Les secteurs les plus problématiques pour les taxis

Actuellement, la baisse du flux automobile liée au reconfinement permet une circulation un peu plus fluide, mais les chauffeurs de taxi redoutent le retour vers une activité plus soutenue, notamment dans les secteurs autour des hôpitaux, où les voies transversales entre Castelnau-le-Lez et la rue d'Alco, ainsi que l'avenue Charles Flahault.

Le slogan affiché depuis un mois sur les taxis de Montpellier.
Le slogan affiché depuis un mois sur les taxis de Montpellier. © S.Bonnet

L'impact financier des voies interdites aux taxis

Le chiffre d'affaires des taxis est directement impacté par les conditions de circulation difficiles. Un problème qui se répercute sur leur clientèle puisque le rallongement du temps de trajet signifie aussi une augmentation du prix de la course.

Pour l'instant, concrêtement rien n'a changé. Mais les quelques 250 chauffeurs de taxi attendent le début des réunions sur la mobilité pour envisager, ou non, de durcir le mouvement. En espérant également que l'exonération de leur redevance de stationnement soit reconduite cette année.

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