À Montpellier, les libraires sont satisfaits de ce premier samedi de réouverture

Tous les commerces jusqu'alors "non essentiels" sont autorisés à rouvrir à partir de ce samedi. À Montpellier, les librairies Nemo et La Cavale ont accueillis de nombreux clients, venus réaliser leurs achats de Noël ou tout simplement pour le plaisir.
Les librairies ont repris du service ce samedi matin.
Les librairies ont repris du service ce samedi matin. © France Télévisions.
Les sourires se devinent derrière les masques. À Montpellier, comme ailleurs en France, les propriétaires de commerces "non-essentiels" ont pu lever le rideau de leur boutique ce samedi matin.

"Lorsque j'ai ouvert la porte au premier client, je me suis dit : 'voilà je suis prête', j'étais contente. J'avais une petite appréhension aussi, je ne savais pas s'il y aurait beaucoup de monde", confie Geneviève Fransolet de la librairie indépendante Nemo. 

La boutique faisait partie des commerces jusqu'alors jugés "non essentiels" : elle a dû fermer ses portes pendant le reconfinement, au même titre que les enseignes de vêtements, les disquaires ou encore les coiffeurs, pour ne citer qu'eux. 

La librairie coopérative La Cavale attendait aussi cette réouverture avec impatience. Pour accueillir de nouveau le public, elle s'est préparée. "Il y a du gel à l'entrée, on a aussi des masques en plus au cas où. On laisse les portes et les fenêtres ouvertes aussi pour aérer", énumère Julien Haution.

La clientèle présente en nombre

Pour ce premier samedi de réouverture, les clients sont au rendez-vous. Tous se prêtent aux consignes sanitaires en vigueur et sont heureux de retrouver la convivialité de leur librairie de quartier. "J'avais épuisé mon stock de livres, donc oui les librairies commençaient à me manquer", explique un client de la librairie Nemo. 

D'autres préparent déjà les fêtes de fin d'année et sont à la recherche de bons conseils. "Choisir un cadeau sur Internet, c'est purement virtuel. Lorsque que l'on peut feuilleter et faire son choix, ça a un tout autre intérêt", développe une passionnée de lecture. "Je fais très attention aux conseils que donnent les libraires", renchérit une grand-mère qui repart les bras chargés de livres pour ses petits-enfants. 

Tous mettent également en avant leur volonté de soutenir les petits commerces en cette période particulière. Pour les librairies Nemo et La Cavale toutefois, le confinement n'a pas eu un impact très négatif sur le chiffre d'affaires : le click and collect a plutôt bien fonctionné. 

Les commandes sur Internet nous ont donné beaucoup de travail : on avait même étalé tous nos livres sur les tables de la librairie pour y voir plus clair ! On ne sait pas très bien comment le click and collect va se poursuivre : est-ce que les gens vont continuer à avoir recours à cette pratique ou vont-ils plutôt revenir physiquement ? Je pense honnêtement qu'on aura un peu des deux.

Geneviève Fransolet, libraire.

Le protocole sanitaire renforcé, une difficulté pour les commerçants ?

Les commerces sont soumis à un nouveau protocole sanitaire très strict. Pour assurer une distanciation sociale suffisante, ils doivent notamment respecter la règle des 8 m2 minimum par personne ou par famille. Julien Haution de la librairie La Cavale a prévu de placader des affiches sur sa devanture pour rappeler les consignes aux clients, mais craint que cela ne suffise pas. 

On verra comment ça va se passer. Je pense que nous allons sûrement devoir filtrer nous-mêmes. Mais j'ai une appréhension : pendant la période de Noël, le rythme est très intense et on n'a pas toujours le temps de lever la tête pour vérifier le nombre de personnes. 

Julien Haution, libraire.

Le libraire le reconnaît : il a encore besoin de se rôder sur certains points pour être sûr de bien faire respecter les mesures sanitaires. "Dans une librairie de quartier, les gens se connaissent depuis 10 ans. Je ne vois pas trop comment je peux leur dire de ne pas parler ensemble. Je ne sais pas encore quelle doit être la position du libraire dans cette configuration." 

Pour Geneviève Fransolet, le filtrage de la clientèle s'est fait très naturellement. "Les gens attendent à l'extérieur quand il y a trop de monde", constate-t-elle. Mais comme son confrère, elle devra aussi trouver ses marques. "On doit garder un oeil sur toutes les consignes, alors que les gens reviennent pour qu'on leur consacre du temps. J'avoue que c'est un rédémarrage un peu musclé, mais avec beaucoup d'émotion aussi", conclut-t-elle. 
 
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