Montpellier : la mobilisation des étudiants continue, la ministre dénonce la “désinformation”

Les étudiants de Montpellier multiplient les AG pour décider de la poursuite du mouvement de blocage, comme ici le 28 mars. / © FR3 Occitanie
Les étudiants de Montpellier multiplient les AG pour décider de la poursuite du mouvement de blocage, comme ici le 28 mars. / © FR3 Occitanie

Une nouvelle AG des étudiants de l'université Paul-Valéry s'est tenue ce mercredi 4 avril. Deux nouvelles journées de manifestation sont prévues les 10 et 14. De son côté, la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a dénoncé la "campagne de désinformation" en cours dans le pays. 

Par Richard Duclos (avec AFP)

A l’université Paul-Valéry, qui compte 20 000 étudiants, la mobilisation contre "la loi Vidal", de son vrai nom loi Orientation et réussite des étudiants (ORE), se poursuit. Une AG de 3 000 étudiants environ a voté fin mars "un blocus illimité" jusqu'à l’abrogation du texte, qui introduit selon ses opposants la sélection à l’entrée à la fac.

Ce mercredi 4 avril, une nouvelle AG s’est tenue pendant près de six heures pour examiner les modalités de la poursuite de la lutte. Entre autres, l’occupation de nuit de la fac a été refusée. Deux nouvelles journées d’action ont également été actées, le 10 et le 14 avril. Le 14, la manifestation devrait être nationale : la Coordination nationale des étudiants en lutte (CNL) a en effet lancé ce dimanche un appel à une mobilisation générale à Montpellier.


Trois semaines de blocage


La faculté de lettres est bloquée depuis le 15 mars, soit près de trois semaines. Mais le mouvement a commencé dès le 15 février. Les étudiants protestent contre les réformes de l’université (et notamment les attendus que pourront fixer chaque université à l’entrée), qu’ils assimilent à une sélection déguisée. Devant les bâtiments, chaises et tables s’entassent.

Le 15 mars, lors d’une AG, les étudiants ont même demandé la démission de Patrick Gilli, président de l’université Paul-Valéry.



"Impasse mortifère"


Ce mardi 3 avril, la présidence de la fac a appelé dans un communiqué les étudiants mobilisés à "un dialogue constructif", leur demandant de mettre fin au blocage. Celui-ci mène selon elle à une "impasse mortifère", et "met en péril l’avenir d’une dizaine de milliers d’étudiants" qui attendent de passer leurs examens.



Outre Montpellier, le mouvement de contestation touche aussi Paris, Toulouse, Nantes, Bordeaux, Nancy ou Lyon.

Les grévistes n'auront pas 10 sur 20


Ce mercredi sur France 2, la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal a défendu la loi ORE, dénonçant une "campagne de désinformation". Pour elle, la réforme ne met pas en place une sélection à l’entrée à la fac.



Plusieurs sites universitaires sont perturbés, mais tous ne sont pas bloqués. Des AG se tiennent dans des amphithéâtres et "dans la plupart des cas, les présidents font en sorte que les cours soient déplacés dans d'autres amphithéâtres", a précisé la ministre.

Elle indique également que les examens auront lieu "de la manière la plus sereine possible". "Les étudiants ne se rendant pas aux examens n'auront pas dix", a-t-elle ajouté. Sur les réseaux sociaux et dans les AG, des étudiants réclament en effet l'attribution de la note de 10 sur 20 aux étudiants grévistes.




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