Montpellier : mobilisation payante autour de Moustapha Gueye, professeur menacé d'expulsion

Au collège Gérard Philipe de Montpellier, banderole en faveur de la naturalisation de l'enseignant Moustapha Gueye, menacé d'expulsion / © Luc Calmels, France 3 Occitanie
Au collège Gérard Philipe de Montpellier, banderole en faveur de la naturalisation de l'enseignant Moustapha Gueye, menacé d'expulsion / © Luc Calmels, France 3 Occitanie

Les enseignants des collèges Gérard Philipe et Arthur Rimbaud de Montpellier se sont fortement mobilisés ce 14 octobre, date à laquelle l'un des professeurs de ces établissements, le Sénégalais Moustapha Gueye, devenait expulsable. Une action payante puisqu'il vient de se voir notifier un sursis.

Par Valérie Luxey

Près de 90% des enseignants du collège Gérard Philipe de Montpellier étaient en grève ce lundi 14 octobre, en soutien à l'un de leurs collègues, Moustapha Gueye. Ce professeur de physique/chimie sénégalais, bien que salarié depuis 2 ans par l'Education Nationale, était pourtant sous le coup d'une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) qui devait prendre effet ce jour-là.
 
Mobilisation des enseignants du collège Gérard Philipe de Montpellier en soutien Moustapha Gueye, professeur menacé d'expulsion / © Luc Calmels, France 3 Occitanie
Mobilisation des enseignants du collège Gérard Philipe de Montpellier en soutien Moustapha Gueye, professeur menacé d'expulsion / © Luc Calmels, France 3 Occitanie


Sursis jusqu'à l'été 2020


Mais après une manifestation en préfecture dans la matinée, durant laquelle ils ont été rejoints par des personnels du collège Arthur Rimbaud, où enseigne également Moustapha Gueye, ce dernier s'est vu remettre la notification d'un sursis jusqu'à l'été 2020. Dans ce rassemblement, on a aussi pu observer la présence du secrétaire départemental du PS de l'Hérault Hussein Bourgi et de la députée Insoumise de l'Hérault Muriel Ressiguier.
 
L'enseignant menacé d'expulsion Moustapha Gueye en discussion avec la députée de l'Héraut Muriel Ressiguier lors d'un rassemblement de soutien devant la préfecture le 14 octobre 2019 / © Luc Calmels, France 3 Occitanie
L'enseignant menacé d'expulsion Moustapha Gueye en discussion avec la députée de l'Héraut Muriel Ressiguier lors d'un rassemblement de soutien devant la préfecture le 14 octobre 2019 / © Luc Calmels, France 3 Occitanie


Surpris par la mobilisation


Emu, Moustapha Gueye a confié à nos reporters sur place Luc Calmels et Juliette Mörch :
 

Je suis vraiment touché par ce mouvement et par tout ce qu'ont fait les collègues pour moi.

 


Un cas pas isolé


Pour son comité de soutien, cette victoire n'est pourtant qu'une étape. Ils réclament la naturalisation de Moustapha Gueye, qui avait entamé les démarches avant de recevoir l'OQTF. Et au-delà de ce cas particulier, ils plaident pour une régularisation de tous les enseignants contractuels en attente d'un renouvellement d'un titre de séjour. 

Julien Frayssinhes, enseignant au collège Gérard Philipe de Montpellier et membre du collectif de soutien à Moustapha Gueye, précise :
 

Ça a mis en lumière la situation complexe des ressortissants étrangers qui sont dans la précarité, toujours en attente d'un renouvellement de titre de séjour, alors que l'Etat en a besoin pour assurer sa mission de service public. Nous demandons, pour qu'ils puissent s'investir, des conditions perennes de travail, soit par la délivrance d'une carte de résident de 10 ans, soit par la naturalisation.

 


Pas dans la "liste des métiers accessibles" aux Sénégalais


La préfecture de l'Hérault avait dans un premier temps motivé la décision d'expulsion par le fait que le métier de professeur de physique-chimie ne relève pas de la liste des métiers accessibles aux ressortissants sénégalais élaborée en 2006.


"Une procédure claire" selon le rectorat


De son côté, le rectorat de Montpellier invoquait une matière (la physique/chimie) faisant partie "des disciplines en tension", c'est-à-dire dont les postes sont difficiles à combler, sauf via "un vivier de contractuels recrutés selon une procédure claire pilotée par les inspecteurs pédagogiques pour pallier les postes vacants".

 

A lire aussi

Sur le même sujet

Un an après le drame, l'Aude tire les leçons de ces terribles inondations

Les + Lus