Montpellier : une observatrice de la ligue des droits de l'homme arrêtée à nouveau samedi

Camille Halut, observatrice pour la Ligue des droits de l'Homme à Montpellier - 23/09/2019 / © F.Detranchant / FTV
Camille Halut, observatrice pour la Ligue des droits de l'Homme à Montpellier - 23/09/2019 / © F.Detranchant / FTV

C'est la deuxième fois que Camille Halut est poursuivie dans le cadre de ses fonctions d'observatrice de la Ligue des droits de l'Homme (LDH) à Montpellier lors des samedis de mobilisation des gilets jaunes. La LDH dénonce des pressions de la police sur sa bénévole.

Par C.Alazet avec S.Banus


La scène est filmée par "la mule du pape", un média qui se décrit comme indépendant, très présent lors des mobilisations des gilets jaunes, et par un journaliste de la Gazette de Montpellier.

Elle se déroule devant la préfecture de Montpellier samedi 21 septembre. 

On y voit une observatrice de la Ligue des Droits de l'Homme, interpellée par les CRS. Camille Halut décline sa fonction et crie qu'elle refuse de donner son matériel de protection.
 

Je le hurlais à l'attention de la presse et des passants qu'ils sachent ce qui était en train de se passer.


Les policiers reprochent à l'étudiante en droit de 26 ans d'avoir le visage caché par un masque et de de s'être rebellée contre eux.
Elle était en train de filmer l'arrestation de deux manifestants au moment des faits.

Camille Halut est renvoyée devant le tribunal correctionnel le 12 décembre prochain, pour avoir "opposé une résistance violente aux policiers" et pour "dissimulation de son visage" notamment.
 
reportage observatrice ligue droit de l'homme arrêtée montpellier
Une observatrice de la Ligue des Droits de l'Homme a été interpelée et placée en garde à vue samedi 21 septembre en marge de la manifestation des gilets jaunes à Montpellier. Images La mule du pape et la gazette de Montpellier. Interview de Camille Halut, observatrice LDH et Jean-Jacques Gandini, référent juridique LDH - F3 LR / FTV

C'est la deuxième fois que Camille Halut est poursuivie dans le cadre de ses fonctions. Elle avait été arrêtée en avril dernier dans les mêmes conditions.

"J'ai été placée en garde à vue pendant 23 heures parce que je suis observatrice pour la Ligue des droits de l'Homme", estime Camille Halut.
 

J'ai la conviction que c'est mon activité pour la LDH et mes signalements auprès de l'IGPN qui me conduisent à être persécutée par la police à Montpellier.
 

En février 2019 par exemple, elle avait porté plainte contre la police pour injures publiques.

La ligue des droits de l'Homme de Montpellier s'indigne de ces poursuites dans un communiqué de presse.
 
Et rappelle par la voix de Jean-Jacques Gandini, son responsable juridique, que ses observateurs sont protégés par le droit international dans l'exercice de leur fonction. "On vérifie seulement que la police fait son travail normalement", explique-t-il.
 

On est neutre par rapport à la manifestation. On documente les ripostes de la police quand elles sont disproportionnées par rapport aux actes commis par les manifestants. 


Camille Halut sera jugée une première fois le 1er octobre 2019, suite à sa première interpellation en avril dernier, pour entrave à la circulation.
Elle avait été arrêtée en marge d'une manifestation des gilets jaunes sur l'autoroute A 709. 

Un rassemblement de soutien est prévu devant le palais de justice, en soutien à la jeune observatrice de la Ligue des droits de l'Homme.
 

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