En Occitanie, le Secours Catholique tire la sonnette d'alarme sur la situation des plus précaires

Le Secours Catholique vient de publier son rapport annuel sur la pauvreté en France. Cette année, l’association s’est penchée sur le budget des ménages précaires. En Occitanie le constat est inquiétant, le niveau de vie des plus pauvres se dégrade au fil des années.
L'association compte  64 300 bénévoles en France.
L'association compte 64 300 bénévoles en France. © MaxPPP - Guillaume BONNEFONT
Les pauvres s'enfoncent dans la précarité, affirme le dernier rapport du Secours Catholique publié ce jeudi 12 novembre.  Le rapport déplore les privations des ménages, touchés par une précarité qui s’est accrue. En France, 8 millions de personnes ont recours à l’aide alimentaire en fin d’année 2020, soit 12 % de la population.

La région Occitanie est loin d'être épargnée par cette pauvreté grandissante. Les antennes du Secours Catholique sont de plus en plus sollicitées. En 2019, les 610 bénévoles du Secours Catholique de l’Aude et des Pyrénées-Orientales ont accueilli près de 7800 personnes. Un chiffre en forte hausse selon le rapport qui précise que la moitié des ménages rencontrés disposent de moins de 9€ par jour pour vivre une fois déduites les dépenses liées à la santé ou au logement. 
 

Aujourd’hui, il est évident que les personnes qui sont accueillies par le Secours Catholique ne peuvent pas s’en sortir avec leurs ressources. Malheureusement, les aides qui sont apportées à ces personnes en situation de précarité, ça ne suffit pas pour vivre dignement.

Philippe Lefilleul, chargé de projet étude/opinion au Secours Catholique

Les 25-49 ans majoritairement les plus précaires

Dans notre région, ce sont principalement les 25-49 ans qui se tournent vers cette association, excepté le Gard où les 50 ans et plus se tournent vers cette association. En Occitanie, entre 2014 et 2019, les 50 ans et plus ont légèrement augmentés, passant de 29,5% à 33,7%. 

Concernant leur situation professionnelle, dans l’Aude, les Pyrénées-Orientales, le Gard et la Lozère, ils sont majoritairement au chômage ou sans activité. En Lozère, la situation est particulièrement préoccupante. Là-bas, le pourcentage de personnes sans activité explose : 74%. A titre de comparaison, en Occitanie il est de 52,7%. 
Les personnes possédant un emploi se font ainsi de plus en plus rares. Elles sont passées de 20,1% en 2014 à 17,9% en 2019 selon le rapport. 

Les pauvres de plus en plus pauvres

Côté ressources, partout sauf dans le Gard, le niveau de vie médian (calculée sur la base selon laquelle la moitié des salariés de la population considérée gagne moins et l'autre moitié gagne plus) des ménages rencontrés au Secours catholique est en baisse. 

En Occitanie, le revenu médian est de 593 euros - un chiffre très en dessous du seuil d'extrême pauvreté, estimé à 716 euros en 2019. C'est dans l'Aude et les Pyrénées-Orientales que la dégradation est la plus significative, avec une  baisse de plus de 100€ de ce revenu moyen entre 2014 et 2019. 
"Ce qu’on a constaté en Occitanie, c’est que les départements les plus pauvres sont l’Aude et les Pyrénées-Orientales. Le Tarn et le Gers semblent s’en sortir mieux vis-à-vis du chômage que les autres départements", précise Philippe Lefilleul.

En Lozère également, cette baisse est conséquente : -70€ entre 2014 et 2019. 

Des logements de plus en plus précaires

Dernier point révélateur de cet appauvrissement grandissant, les logements. En Occitanie, la part de logements précaires a augmenté :  +8% en moyenne.

En Occitanie, il y a un nombre important de personnes que l’on accueille qui sont dans des logements insalubres ou de mauvaise qualité.

Philippe Lefilleul, chargé de projet étude/opinion au Secours Catholique

Cela ne devrait pas s’améliorer dans les prochains mois puisque selon le secours Catholique, la crise sanitaire a aggravé la situation des plus précaire. "La crise sanitaire actuelle a encore aggravé la situation des plus précaires. Bien des familles qui étaient juste au-dessus de la ligne de flottaison, intérimaires, employés de maison, étudiants, basculent dans la pauvreté", conclut le rapport.
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