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Pourquoi la voiture de police municipale incendiée à Montpellier n'aurait pas dû se trouver là

Le véhicule lors de l'incendie / © R. de Hallessen / MaxPPP
Le véhicule lors de l'incendie / © R. de Hallessen / MaxPPP

La voiture, incendiée lors de la manifestation nationale des Gilets jaunes, avait été garée par des policiers à la demande de leur hiérarchie. L'auteur de l'incendie a été identifié et sera jugé en comparution immédiate. 

Par Fabrice Valery

L'image est impressionnante et a produit son effet. Un véhicule, une Dacia de modèle Duster, de la police municipale de Montpellier, en feu, rue Saint-Guilhem, en plein centre-ville. 

Les photos et vidéos ont fait le tour des médias et des réseaux sociaux samedi.
Montpellier : une voiture de la police municipale incendiée durant la manifestation des gilets jaunes
Une voiture de la police municipale a été incendiée, rue Saint-Guilhem, à Montpellier, samedi 7 septembre. - France 3 Occitanie

Pour un casseur (lors de cette manifestation nationale à Montpellier, plusieurs centaines de "black blocs" s'étaient glissés parmi les Gilets jaunes), cette voiture de police garée là, abandonnée par ses occupants, c'était une aubaine. 

Pas de maintien de l'ordre

Contrairement à la police nationale (y compris les CRS ou la BAC) et à la gendarmerie (principalement les escadrons de gendarmerie mobile), le maintien de l'ordre lors de manifestation n'entre pas dans les compétences des policiers municipaux. A Montpellier comme ailleurs.

Lors des manifestations, les policiers municipaux ne sont pas "au contact". Ils doivent notamment assurer, à l'abord des manifestations, les déviations de circulation ou encore la protection des biens de la ville. Sept équipages étaient ainsi mobilisés samedi à Montpellier.

Deux de ces équipages (les véhicules 2 et 19, "Victor 2" et "Victor 19" en langage policier) ont été positionnés près des halles Castellane en milieu de journée. En vue de la manifestation, les policiers municipaux devaient s'assurer de la fermeture du bâtiment des halles. 

Un ordre donné par radio

Selon nos informations, le centre opérationnel de la police municipale a donné l'ordre vers 14h30 par radio à l'équipage du véhicule N°2 de descendre la rue Saint-Guilhem et de positionner la voiture près du boulevard du jeu de Paume.

Le véhicule est donc déplacé par les policiers et garé dans cette rue assez étroite, contre la devanture d'une boutique. A quelques mètres de l'intersection avec le boulevard qu'emprunte le tramway. 

Interrogé par France 3 ce dimanche, Christian Fina, directeur général des services de la ville et de la métropole, ne confirme pas l'ordre donné de se garer à cet endroit : 

"Cet équipage avait pour mission de surveiller les halles Castellane mais aussi les halles Laissac. Ce sont des effectifs mobiles. Ils ont une relative autonomie dans leur déplacement. Nous ferons le point lundi sur les événements. On va remonter l'historique et interroger tout le monde" (Christian Fina)

Les policiers garent donc leur véhicule mais semblent s'inquièter : ils décident, selon nos informations, de ne pas laisser leurs effets personnels et professionnels à l'intérieur et remontent les déposer dans le véhicule 19 resté près des halles Castellane, avec son équipage, environ 300 mètres plus haut. 

Incendiée moins d'une heure plus tard

Ainsi stationné, vide, le véhicule de police ne pouvait échapper aux casseurs. Vers 15h25, la voiture est repérée par un groupe de black-bloc et incendiée.

Des manifestants, plusieurs Gilets jaunes et street-medics, essaient toutefois avec leur faibles moyens d'empêcher que le feu se propage au bâtiment voisin. Ce sont les pompiers, rapidement arrivés, qui ont éteint l'incendie.
Sur la carcasse du véhicule calciné, on voit bien l'inscription ACAB, acronyme de "All cops are bastards". 

La vidéo-surveillance n'a pas suffi

Les caméras de surveillance de la ville auraient-elles pu permettre de voir les casseurs s'approcher du secteur et ainsi de demander à l'équipage de déplacer le véhicule ? 

"Si on avait vu des individus s'en approcher, on l'aurait fait. Mais nous étions alors rivés sur d'autres lieux où il y avait des incidents" (Christian Fina, directeur général des services ville de Montpellier)

Sur un tweet, publié samedi, on voit le maire de Montpellier, Philippe Saurel pris en photo dans la salle de commandement avec son adjointe chargée de la sécurité. 
 

L'incendiaire identifié et interpellé

La ville de Montpellier a décidé de porter plainte pour la destruction du véhicule de police municipale.

Selon nos informations, l'auteur de l'incendie volontaire a été identifié et fait partie des personnes interpellées samedi lors de la manifestation. Il sera jugé en comparution immédiate.

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