Près de Montpellier : une plainte après de graves blessures lors d'un contrôle de la gendarmerie qui conteste les faits

Le 21 mai, Abd El Ali Labroumi, un aide-soignant de 35 ans, est contrôlé par les gendarmes à Baillargues (Hérault). Bilan : 60 points de suture, une fracture de la clavicule, un hématome extra-dural et 45 jours d’arrêt de travail. Il a porté plainte. Voici sa version et celle des gendarmes.
Abd El Ali Labroumi, gravement blessé lors d'un contrôle de gendarmerie à Baillargues (Hérault), a accordé un entretien à France 3 Occitanie
Abd El Ali Labroumi, gravement blessé lors d'un contrôle de gendarmerie à Baillargues (Hérault), a accordé un entretien à France 3 Occitanie © Christophe Monteil, France 3 Occitanie

60 points de suture, une fracture de la clavicule, un hématome extra-dural et 45 jours d’interruption temporaire de travail : pour Abd El Ali Labroumi, un aide-soignant de 35 ans, le contrôle de gendarmerie s’est terminé à l’hôpital. Il a décidé de porter plainte.

 

Contrôlé pour un excès de vitesse qu'il nie

 

Il est 23 heures 30, le 21 mai 2020, lorsque Abd El Ali Labroumi arrête sa voiture sur le parking de l'Intermarché de Baillargues (Hérault) pour téléphoner à sa famille, qu’il compte rejoindre après sa journée de travail et de ramadan.

 

 

Y-a-t-il eu rébellion ?

 

Selon ses dires, une patrouille de gendarmerie s'approche alors, pensant reconnaître dans son véhicule celui qu'elle vient de voir commettre un excès de vitesse sur l'autoroute A9 toute proche. Abd El Ali Labroumi dément catégoriquement, le contrôle se prolonge. Il décide finalement de filmer pour, dit-il, se protéger :

 

Là, on veut prendre mon véhicule, on me dit qu'il va partir à la fourrière. Un des gendarmes se met devant et jette une herse sur la roue avant gauche. Je suis pris de panique, je sors et je commence à filmer. [...] L'un d'eux se met face à moi avec sa lampe, tape mon bras : le téléphone tombe. A l'instant où je m'apprête à le ramasser, il me fait une "prise", je me retrouve au sol, étourdi mais encore lucide. Mon bras droit est cassé au moment où on me passe les menottes.

 

Il est ensuite placé en garde à vue à la gendarmerie de Poussan, où il réclame en vain un avocat. Il insiste également pour être hospitalisé. Il le sera, selon lui, tardivement.

 

Pas d'avocat ni de médecin lors de la garde à vue

 

Assisté de maître Valérie Soulié, Abd El Ali Labroumi vient de porter plainte auprès du procureur de la République de Montpellier pour violences par personnes dépositaires de l'autorité publique commises en réunion. Son avocate est furieuse :

 

C'est totalement inadmissible : on est quand même dans un Etat de droit ! Les notions élémentaires en matière de garde à vue ont été bafouées. C'est tout de suite qu'on doit voir un médecin et un avocat ! Quand on lui indique qu'en période de Covid les avocats ne peuvent pas être joignables, c'est faux !

 

La gendarmerie attend les conclusions de l'enquête

 

Contactés par nos journalistes Stéphane Taponier et Christophe Monteil, la gendarmerie de l'Hérault nous a répondu qu’elle ne communiquerait pas tant que l’enquête serait en cours, ajoutant qu’au terme de celle-ci :

 

Si certains ont mal fait leur travail, ils seront sanctionnés.

 

En revanche, la Direction Nationale de la Gendarmerie a livré une version des faits quelque peu différente à notre consœur de la rédaction nationale de France Nathalie Perez :

 

Deux véhicules faisaient la course sur l'A9 à plus de 220 kilomètres/heure. S'est enclenchée une course poursuite avec gendarmes. L'un des véhicules a pris la fuite, le deuxième aurait été retrouvé sur le parking d'un supermarché. Ils ont interpellé le conducteur, qui  a tenté de fuir à nouveau. Les gendarmes ont alors voulu bloquer le véhicule avec une herse. Le conducteur s'est alors rebellé violemment, nécessitant l'intervention de 3 gendarmes pour le bloquer. L'un des gendarmes a été blessé.

 

Voici donc les éléments dont nous disposons à l'heure où nous publions.

 

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