Une présence juive à Montpellier dès le 12e siècle prouvée par des fouilles archéologiques

Un Mikvé, bain rituel médiéval juif - illustration / © Philippe Roy / Aurimages
Un Mikvé, bain rituel médiéval juif - illustration / © Philippe Roy / Aurimages

Les résultats de nouvelles fouilles archéologiques du Mikvé, bain rituel médiéval juif, de Montpellier attestent de la présence d'une communauté juive dans la commune héraultaise dès le 12e siècle. Ce Mikvé est "l'un des plus beaux du monde", selon un archéologue.

Par Z.S. avec AFP

La présence d'une communauté juive à Montpellier depuis le 12e siècle a été prouvée par de récentes fouilles archéologiques conduites depuis janvier 2017.

Le Mikvé de Montpellier "très rare"


Le Mikvé, ou bain rituel médiéval juif, de Montpellier est "très rare, il n'en reste plus beaucoup en France ou en Europe", environ une dizaine, assure l'archéologue du Laboratoire d'Archéologie médiévale et moderne en Méditerranée-CNRS-Université d'Aix-Marseille.



Une présence juive à Montpellier depuis le 12e siècle


Cette nouvelle étude "pierre par pierre" du sous-sol du 1 rue de la Barralerie, et un relevé en 3D, "confirment la présence d'une communauté juive à Montpellier à partir du 12e siècle", après l'expulsion des juifs d'Andalousie en 1140, a expliqué mardi l'archéologue lors d'une présentation à la presse. Véritable îlot, le quartier juif compte alors de 500 à 1.000 personnes, notamment de grands penseurs ou des médecins.

Les juifs chassés de France en 1306


Le bain rituel, situé à 5 mètres sous la chaussée actuelle, et auquel on accède en descendant sept marches après avoir ôté ses vêtements dans le "déshabilloir", est alors un aménagement central du quartier. Les juifs ont creusé dans la roche et l'eau, qui ne doit pas stagner pour conserver son caractère sacré, arrive par capillarité pour ces bains, qui servaient notamment à "purifier" les femmes ayant leurs règles ou ayant accouché.  Les juifs seront chassés du royaume de France par Philippe le Bel en 1306.


Conservé "un peu par hasard"


A Montpellier comme ailleurs, "la population chrétienne s'acharne alors à effacer les témoignages de la présence juive", rendant complexe la tâche des archéologues, relève Christian Markowicz. Le Mikvé montpelliérain est partiellement épargné car il sert de puits au 14e siècle. Conservé "un peu par hasard" sous des constructions successives de maisons bourgeoises, il a été découvert dans les années 1980.

Classé monument historique depuis 2004


Il est propriété de la ville et classé monument historique depuis 2004. La troisième campagne de fouilles a notamment permis d'étudier un "bassin énigmatique", attenant au Mikvé qui pourrait être un pédiluve, mais aussi de mettre au jour des dallages des 12e et 13e siècles et des fragments de céramique du 12e venus de Syrie.

Il "appartient à la ville et non à la communauté" juive


"Ce Mikvé appartient à la ville et non à la communauté" juive, a tenu à souligner mardi Philippe Saurel, maire de Montpellier et président de la métropole. "Il est trop important pour qu'il échappe au corps constitué des Montpelliérains, quelle que soit leur couleur, leur origine ou leur religion."

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