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Printemps estival sur le littoral languedocien

Les tulipiers du Japon en fleurs sur l'Esplanade de Montpellier. / © Sylvie Bonnet
Les tulipiers du Japon en fleurs sur l'Esplanade de Montpellier. / © Sylvie Bonnet

Mercredi 20 mars 2019. Voila le printemps! Il nous faisait de l'oeil depuis février avec des records de températures. Et une sêcheresse plus marquée cette année. Fleurs et jeunes pousses sont déjà au rendez-vous. Sur le littoral, le risque de gelées s'arrête fin avril avec les cavaliers de glace.

Par Sylvie Bonnet

Comme chaque année on l'attend avec impatience. Parce qu'il est synonyme de renouveau et d'énergie. Aujourd'hui le calendrier et la météo nous le confirment : le printemps est bien là. Mais notre moral et la nature ont su le dépister bien à l'avance cette année. Parce que les températures sont particulièrement clémentes depuis février, avec des records absolus. Et parce que le temps est très sec, avec des records, notamment dans les Pyrénées-Orientales.

 

Un hiver anormalement sec



L'hiver reste, de tous temps, une saison plutôt sêche sous le climat méditerranéen. Mais cette année enregistre quelques records absolus, notamment à Perpignan. Sur tout le littoral du Languedoc et du Roussillon, les températures exceptionnelles alliées à la Tramontane font déja jaunir pelouses et talus.Les épisodes pluvieux qui marquent habituellement la période de Pâques des Pyrénées-Orientales au Gard en passant par l'Aude et l'Hérault sont donc attendus pour remonter le niveau des nappes phréatiques.

D'après le bilan de Roland Mazurie, chef de centre à Météo-France à Montpellier , à Perpignan, l'hiver qu'on vient de vivre a été le moins arrosé depuis que la station de mesure existe à l'aéroport de Perpignan-Rivesaltes (en  1925 soit 94 années de mesures). Ainsi le cumul de seulement 19,4 mm en 3 mois (du 21 décembre 2018 au 19 mars 2019) bat le record de 25 mm recueilli durant les hivers 1994-95 et 2011-12.

Les autres stations de la région Languedoc-Roussillon n'ont pas enregistré de record de sêcheresse, mais les valeurs recueillies sont tout de même parmi les plus basses pour une telle période.
 
Vent fort et sol sec à la Ramasse, au dessus de Clermont-l'Hérault. / © Sylvie BONNET
Vent fort et sol sec à la Ramasse, au dessus de Clermont-l'Hérault. / © Sylvie BONNET


- Narbonne : cumul de 30 mm cette année (2ème valeur la plus basse en 31 années de mesures), le record restant les 11 mm de l'hiver 2011-12

- Carcassonne : cumul de 79 mm cette année (5° valeur la plus basse en 72 années de mesures), le record restant assez proche avec 74 mm durant l'hiver 2011-12

Béziers (aéroport de Vias) : cumul de 15 mm cette année (2° valeur la plus basse en 26 années de mesures), le record restant les 4 mm de l'hiver 2011-12

Pézenas : cumul de 21 mm cette année (2° valeur la plus basse en 26 années de mesures), le record restant les 3 mm de l'hiver 2011-12

- Montpellier-aéroport : cumul de 36 mm cette année (5° valeur la plus basse en 73 années de mesures), le record restant les 6 mm de l'hiver 2011-12

Nîmes (Courbessac) : cumul de 45 mm cette année (7° valeur la plus basse en 95 années de mesures), le record restant les 9 mm de l'hiver 1942-43

En perspective pour les 8/10 jours à venir : toujours pas de perturbation pluvieuse en vue, ce mois de mars devant être un des plus secs jamais enregistrés probablement (à confirmer dans 10 jours donc), précise Roland Mazurie.

 

Les cavaliers de glace



Les températures sont elles aussi exceptionnelles. Même s'il n'est pas rare que février et mars enregistrent chez nous des piques printaniers, ces maximales s'installent rarement durablement comme cette année .
Reste que théoriquement (et surtout historiquement) les risques de refroidissement ne sont pas exclus. La météo nous annonce encore un temps exceptionnel pour la semaine à venir mais ne l'oublions pas, il peut encore geler, ce qui serait catastrophique pour la végétation bien avancée.
Sur le littoral méditerranéen, les cavaliers de glace marquent, dès fin avril, la fin des risques de gelées. / © Sylvie BONNET
Sur le littoral méditerranéen, les cavaliers de glace marquent, dès fin avril, la fin des risques de gelées. / © Sylvie BONNET

 
On parle généralement des Saints de glace (entre le 11 et le 13 mai) pour la fin des gelées printanières en France. Mais ici, dans le Languedoc-Roussillon, et particulièrement en plaine, ce sont les cavaliers de glace qui sont attendus pour pouvoir replanter les semis sans crainte de gelées. Ici, d'après les archives des relevés de Météo France, les dernières gelées printanières ont lieu en avril, d'où les dictons d'autres saints météorologiques appelés déjà par Rabelais « saints gresleurs, geleurs et gasteurs de bourgeons ».

Les plus connus de ces cavaliers de glace sont saint Georges (23 avril)saint Marc (25 avril)saint Eutrope (30 avril) et saint Philippe (le 3 mai). Leurs noms ont des diminutifs en langue d'Oc : Jorget, Marquet , Tropet et Philipet.  Le dicton « Marquet, Georget et Philippet sont trois casseurs de gobelets » signifie que la grêle, ces jours-là, est néfaste pour la vigne, donc aux gobelets de vin.

 

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