Quatre femmes de ménage mises en lumière dans une pièce de théâtre à Montpellier

Quatre femmes de ménage, comédiennes amatrices, se lancent dans l'aventure du spectacle pour dénoncer les difficultés de leur profession et tenter de faire évoluer les mentalités. Elles jouent leur propre rôle dans une pièce intitulée "Bonjour".
Montpellier - Théâtre Jean Vilar : Véronique, Bouchra, Eliane et Amina lors d'une répétition de la pièce - 06.03.20
Montpellier - Théâtre Jean Vilar : Véronique, Bouchra, Eliane et Amina lors d'une répétition de la pièce - 06.03.20 © FTV
"Je peux croiser des gens toute la journée mais eux ils ne me croisent pas", "le bruit de la fatigue n'existe pas, la fatigue est silencieuse comme une bombe", "on ne regarde que mon travail mais pas moi, personne ne me voit", c'est avant tout pour sortir de l'ombre que ces femmes ont eu le courage de jouer sur scène ce qui compose leur quotidien : leur vie de femme de ménage. 

Depuis novembre dernier, elles parcourent les scènes de Montpellier et ses alentours pour jouer "Bonjour", la pièce de théâtre qui les met en scène.
 

Les "invisibles"


Un "Bonjour" qui en dit long sur leur quotidien.
 

Si cette pièce s'appelle bonjour, c’est parce qu’elles m’ont toutes dit que lorsqu’elles disent bonjour on ne leur répond pas. C’est la dévalorisation d’un travail mais aussi de leur propre vie", explique Nathalie Yot, auteure de la pièce.


C'est grâce à Bouchra, l'une des comédiennes que le projet est né. C'est elle qui a sollicité le théâtre Jean Vilar, situé dans le quartier de la Paillade à Montpellier,  afin de réaliser une "création partagée". Il s'agit d'un projet mené cojointement par une habitante du quartier et un auteur. 

Bouchra souhaitait raconter son travail et son regard particulier sur sa situation, celle des femmes au service de la propreté. C'est donc sa parole mais aussi celle de trois autres femmes que Nathalie porte dans cette pièce : Amina, Véronique et Eliane. Pour faire éclore ce projet, Nathalie, a passé plusieurs mois aux côtés de ces femmes pour retranscrire au mieux les difficultés de cette profession. 

"Il faut que les gens, respectent le travail minimum. Parfois il y a des personnes qui ont la poubelle juste à côté d’eux mais jettent le papier ailleurs. Certains n’ont vraiment pas de savoir-vivre", confie Eliane.
 

Mise en lumière


Depuis plus de 20 ans, Eliane est agent d'entretien. Elle récure, astique et fait briller le lycée Jules Guesdes à Montpellier. Un emploi difficile mais qui lui permet de boucler ses fins de mois. 
 

L’essentiel c’est de gagner sa vie, il y a des gens qui ne veulent pas faire ce métier, il y en a d’autres qui ont la volonté d’aller jobber, ajoute Eliane.


Au travail comme à la scène, Eliane appréhende sa profession avec philosophie.

Dans la pièce, c'est avec beaucoup d'autodérision que les quatre "invisibles" racontent leur quotidien. Eponges, liquide vaiselle et autres produits ménagers tous les jeux de mots y passent pour décrire au mieux ce qui compose leurs journées. 
 


Les soirs de représentation, c'est un peu de lumière qui rayonne sur ces femmes qui ont osé sortir de l'ombre. La pièce se jouera à nouveau le 2 avril prochain à la Bulle Bleue à 21h. 

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