Vélo électrique : la pénurie met un coup de frein à l'accélération des achats, 4 mois avant la fin des aides

Depuis le début du confinement, le vélo a le vent en poupe. Les aides financières ont incité les Français à réparer leurs machines, mais aussi à les remplacer par des vélos électriques. Permettant à certains de s'y mettre en douceur. Mais le succès conduit aujourd'hui à une véritable pénurie.

Même les magasins spécialisés ont du mal à pouvoir suivre le rythme des commandes de vélos électriques et à répondre aux demandes.
Même les magasins spécialisés ont du mal à pouvoir suivre le rythme des commandes de vélos électriques et à répondre aux demandes. © FTV France 3 Occitanie / F. Jobard

Depuis le début du confinement voici un an, le vélo a gagné du terrain. D'abord pour limiter et éviter les covoiturages, toujours porteurs de proximité et donc de risques de contamination entre passagers d'un même véhicule. Mais aussi parce que les Français, confinés et limités en distance par rapport à leur domicile pour la pratique sportive et les moments d'aération, ont redécouvert la marche et le vélo. 

Dopés en quelques sortes par des aides d'Etat pour remettre en selle leurs vélos parfois rangés au fond du garage depuis plusieurs mois, voire années, ces mêmes Français se sont aussi vus proposer des subventions pour troquer leurs "vieux" 2 roues pour des versions plus modernes et durables : les vélos électriques.

Ces coups de pouce ont contribué à vider dans un premier temps les rayons des magasins spécialisés et même des grandes surfaces qui proposaient ces produits. Puis à remplir les carnets de commande avec des délais d'attente s'allongeant au fil des semaines. Et aujourd'hui, la pénurie est là. Comme un coup de frein dans une rythme de sprinter.

La pénurie, rançon de la gloire

C'est ainsi que Frédérique voudrait bien échanger son vélo classique pour un vélo électrique.  "Pour laisser respirer la planète" nous dit elle, en laissant sa voiture au garage.

Remplacer ses vieux vélos contre des électriques, une démarche durable à condition de pouvoir commander avant la fin de l'attribution des aides.
Remplacer ses vieux vélos contre des électriques, une démarche durable à condition de pouvoir commander avant la fin de l'attribution des aides. © FTV France 3 Occitanie / F. Jobard

Les aides de l'Etat, de la Région Occitanie, du Conseil départemental de l'Hérault et de la Métropole de Montpellier Méditerranée cumulées lui permettraient de bénéficier de 950 euros. Elle a bien identifié un modèle à 1300 euros, mais c'est la déception.

Ce qui me chagrine c'est qu'il y a des aides en place, mais on ne peut en bénéficier, car il n'y a pas la marchandise en fait ! Ou alors il faut avoir un budget plus important.

Frédérique, montpelliéraine en recherche de vélo électrique à acheter

En effet, pour bénéficier de cette aide de la Montpellier Méditerranée Métropole, il lui faut acheter le vélo sur le territoire de celle-ci. Or, quand elle recherche sur Internet, et sélectionne un vélo à sa taille sur les propositions du secteur, revient inexorablement depuis quelques jours cette affichage : "Rupture de stock sur cette taille". 

Frédérique cherche en vain un vélo électrique à prix accessible pour ses revenus, même sur Internet.
Frédérique cherche en vain un vélo électrique à prix accessible pour ses revenus, même sur Internet. © FTV France 3 Occitanie / F. Jobard

Trop de demandes par rapport à l'offre

Car Frédérique n'est pas la seule à vouloir profiter de ces subventions.  Bon nombre de revendeurs sont actuellement submergés :  la demande a fini par dépasser l'offre, et la pandémie provoque de sérieux problèmes d'approvisionnement.

Il y a des marques de dérailleurs qui fournissent 90% des vélos de toutes marques. Alors, on a bien des vélos qui sont prêts...mais sans pneus, ni dérailleurs.

Eric Laurence, vendeur de vélos sur la Métropole de Montpellier

Avec 500 euros offerts sans condition de revenus,  l'aide à l'achat d'un vélo électrique proposée par la Métropole de Montpellier Méditerranée est l'une des plus importante de l'hexagone.  

En moins de 6 mois, 2 200 dossiers ont été acceptés et ainsi subventionnés.  Près de 9 % ont été déposés par des demandeurs d'emploi comme Frédérique.  Elle espère en bénéficier avant la fin de la subvention prévue au 31 août prochain.

 

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