Mort d'un homme au commissariat de Béziers : le procureur ouvre une information contre X pour violences volontaires

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Écrit par Fabrice Dubault
C'est après avoir voulu contrôler l'homme alors qu'il circulait à pieds à l'angle de l'avenue du 22 août et de la rue Sébastopol que les policiers municipaux de Béziers ont décidé de l'interpeller.
C'est après avoir voulu contrôler l'homme alors qu'il circulait à pieds à l'angle de l'avenue du 22 août et de la rue Sébastopol que les policiers municipaux de Béziers ont décidé de l'interpeller. © Capture Google street view

Une semaine après l'arrestation d'un homme de 33 ans à Béziers pour non respect des règles du confinement, du couvre-feu et dégradation d'un véhicule, suivis de son décès au commissariat, le Parquet ouvre une information judiciaire pour comprendre les circonstances de ce drame.


Suite au décès d'un homme de 33 ans, interpellé par la police municipale de Béziers le 8 avril 2020 et aux premiers éléments recueillis par le commissariat de police de Béziers puis par la sûreté départementale de Montpellier, le procureur de la République de Béziers a requis le 11 avril, l’ouverture d'une information judiciaire contre X pour :
 

  • violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l'autorité publique dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions ou de sa mission 
  • non-assistance à personne en péril


L'homme de 33 ans est mort brusquement mercredi 8 avril, au commissariat de police de Béziers, vers 23h30, après une vaine tentative de réanimation des médecins du SMUR.
 


Il venait d'être interpellé sur la voie publique par des policiers municipaux pour non respect des règles du confinement, du couvre-feu, et dégradation d'un véhicule.

 

Les investigations se poursuivent désormais sous la direction d'un magistrat instructeur du tribunal judiciaire de Béziers, dans le but de déterminer avec la plus grande précision possible les circonstances dans lesquelles l'homme de 33 ans a trouvé la mort" explique Raphaël Balland, procureur de la République près le TGI de Béziers dans un communiqué.


Le magistrat instructeur a saisi le SRPJ de Montpellier pour procéder à ces investigations.
Par ailleurs, des images collectées sur les réseaux sociaux, censées être celles de l'interpellation du 8 avril, ont dû être authentifiées par les enquêteurs. Elles pourraient permettre d'analyser et de retracer la chronologie et les faits. Enfin, leurs auteurs une fois identifiés pourraient être entendus comme témoins.
 

La victime condamnée à 8 reprises en 15 ans


L'homme était domicilié chez sa soeur depuis le confinement, selon Me Darrigade. "Elle s'occupait très régulièrement de lui car il était malade", souffrant de schizophrénie depuis l'âge de 15 ans, ajoute l'avocat. Cette femme veut aujourd'hui "simplement connaître la vérité. Elle n'a rien contre personne, mais elle reste très choquée par le drame".
 

Il va falloir que certains donnent des explications", a encore estimé l'avocat, notant que des témoins soutiennent des versions différentes de celle des policiers.


Le trentenaire "a eu des antécédents avec la police municipale" et était "très agité quand il ne prenait pas son traitement", ajoute-t-il encore.

Condamné à huit reprises depuis 2005 pour des violences et des vols, cet homme au parcours caractérisé par une grande instabilité et présenté par certains comme un SDF, avait selon les trois policiers municipaux "refusé leur contrôle" et "résisté" à l'interpellation.

Me Luc Abratkiewicz, qui défend les policiers municipaux, souligne pour sa part à ce stade que ces derniers ont "de bons états de service".
 


2 médecins légistes de Montpellier ont procédé à l'autopsie


L'autopsie réalisée sur le corps de la victime à l'institut médico-légal de Montpellier n'a pas permis à ce stade de déterminer les causes du décès.
Il peut simplement être indiqué qu'aucune des constatations effectuées sur le corps ne permet d'expliquer de manière évidente la ou les causes du décès. En effet, les 2 médecins légistes ont pu constater l'absence de plaie, l'absence d'hémorragie interne ainsi que l'absence de fracture osseuse, notamment crânienne.
Les conclusions médico-légales définitives dépendront notamment des examens approfondis des organes (anatomopathologie), ainsi que des expertises toxicologiques dont les résultats ne seront pas connus avant plusieurs jours, voire semaines.

Par ailleurs, les médecins ont retrouvé, dissimulés dans une poche interne du slip du défunt, 4 petits pochons d'un total de moins de 2 grammes, contenant une poudre blanche qui va faire l'objet d'analyses.

En l’état, aucune personne n'a été mise en examen ou placée sous statut de témoin assisté.

Enfin, une sœur du défunt s'est constituée partie civile par l'intermédiaire de son avocat.
 

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