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Sète : 70 artistes présentent un portrait de Kinshasa au MIAM

Exposition Kinshasa visible au Miam de Sète du 24 octobre au 10 mars 2019 / © France 3 LR / C.Métairon
Exposition Kinshasa visible au Miam de Sète du 24 octobre au 10 mars 2019 / © France 3 LR / C.Métairon

Photographes, vidéastes, performeurs, slameurs, rapeurs, peintres, auteurs de BD, le MIAM, Musée International des Arts Modestes de Sète, accueille pendant quatre mois, du 24 octobre au 10 mars 2019, un portrait vivant de Kinshasa, vue par 70 artistes de République démocratique du Congo.

Par Isabelle Petit-Felix


Avec "Kinshasa Chroniques", du 24 octobre au 10 mars 2019, le Miam accueille pour la première fois des artistes du continent africain. Ils sont 70 en tout à exposer leurs œuvres sur les murs du musée d'art moderne à Sète.
 
 

Une immersion dans l'ambiance de la capitale


L'exposition coproduite par la Cité de l'architecture et du patrimoine s'articule  autour de neuf chroniques: performance, sport, paraître, musique, capital, esprit, débrouille, futur, mémoire.Au fil de la déambulation, sons, voix, radios, klaxons, couleurs et tissus éclatants permettent de s'immerger dans l'ambiance de la mégalopole africaine de 13 millions d'habitants.

Parallèlement, deux collectifs d'auteurs de BD - Lamuka et Bulles africaines ont créé pour l'exposition un total de 10 bandes dessinées qui, en quatre planches chacune, narrent des "kinoiseries", le quotidien de Kinshasa.

Plusieurs artistes expriment, eux, leur préoccupation pour l'environnement, comme Olivier Kasongo, dit Olikas, qui dans une série photographique traite des inondations et de la pollution qui frappe la mégalopole africaine tout comme Julie Djikey qui a posé dans les rues de la capitale pour dénoncer la pollution atmosphérique.
 
Pour l'exposition " Kinshasa Chroniques ", Julie Djikey a posé dans les rues de la capitale pour dénoncer la pollution atmosphérique - 23 octobre 2018 / © France 3 LR / C.Métairon
Pour l'exposition " Kinshasa Chroniques ", Julie Djikey a posé dans les rues de la capitale pour dénoncer la pollution atmosphérique - 23 octobre 2018 / © France 3 LR / C.Métairon

De son côté, Eddy Ekete a fabriqué un monstrueux "Homme canette" constitué de plus de 700 canettes usagées.

Yannick Makanka Tungaditu, dit Yannos Majestikos, lui a créé un costume fait de cacahuète :
 

A Kinshasa j’ai remarqué que l’on travaillait dans des conditions vraiment très difficile, il y a beaucoup de jeunes comme moi qui n’ont pas de travail. En tant qu’artiste nous avons du mal à travailler, mais pour moi on ne doit pas se laisser faire, se laisser avoir par des problèmes politiques ou économiques, on doit faire ressortir ce que l’on a.
 

Dans le cadre de l'exposition " Kinshasa Chroniques " Yannick Makanka Tungaditu, dit Yannos Majestikos, a créé un costume fait de cacahuète - 23 octobre 2018 / © France 3 LR / C.Métairon
Dans le cadre de l'exposition " Kinshasa Chroniques " Yannick Makanka Tungaditu, dit Yannos Majestikos, a créé un costume fait de cacahuète - 23 octobre 2018 / © France 3 LR / C.Métairon
 

Un portrait de la ville plutôt optimiste


Quotidiennement à Kinshasa, les artistes sont confrontés à des problèmes de violences, de chômage, et à une militarisation grandissante. Mais loin des portraits et des paysages catastrophes, il n’y a pas de désespoir qui ressort des œuvres mais une envie de faire bouger les choses. Ce qu'affirme Hervé Di Rosa, le créateur du musée.
 

Aujourd’hui il y a très peu de travaux artistiques fait à Kinshasa sur la misère du monde. Les artistes arrivent à nous faire voir cette réalité difficile tout en nous montrant que l’énergie et l’art peuvent changer la vie des gens à changer la vie des gens.  


Dans une série photographique baptisée "le train de l'illusion", Junior D. Kannah se penche sur une capitale et un pays dans lesquels "rien ne se passe" depuis 1990, malgré les promesses de changement. "Le train du changement est devenu un spectre de la démocratie, dans un cycle infernal qui se répète sans cesse depuis 30 ans", commente-t-il.

Pour Dominique Malaquais, chercheuse à l'Institut des mondes africains du CNRS et l'une des commissaires de l'exposition, il s'agissait de dresser "le portrait d'une ville mouvante, qui refuse de se laisser saisir".

Selon la chercheuse, Kinshasa "a énormément à apprendre aux villes du nord", notamment en terme de dynamisme des quartiers et de décentralisation.

Le reportage de Jérôme Gaussen et Cédric Métairon.
Sète : 70 artistes présentent un portrait de Kinshasa, capitale du Congo
Photographes, vidéastes, performeurs, slameurs, rapeurs, peintres, auteurs de BD: le Musée international des Arts modestes de Sète accueille pendant quatre mois (du 24 octobre au 10 mars 2019) un portrait vivant de Kinshasa, vue par 70 artistes de République démocratique du Congo.  - France 3 LR - Jérôme Gaussen et Cédric Métairon

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