Sète : un nouveau collectif contre le logement insalubre

Depuis des années, au 8 rue de Tunis à Sète, trois personnes âgées vivent dans des logements délabrés appartenant à des propriétaires privés. Des travaux devraient enfin être réalisés pour rénover entièrement l'immeuble. Reste à reloger les locataires, soutenus par un nouveau collectif.

Un des logements insalubres, rue de Tunis à Sète : une unique pièce de 20 m2, sans wc ni chauffage mural, avec un lavabo et une douche vétustes, sans séparation, loué 250 euros par mois.
Un des logements insalubres, rue de Tunis à Sète : une unique pièce de 20 m2, sans wc ni chauffage mural, avec un lavabo et une douche vétustes, sans séparation, loué 250 euros par mois. © I.Bris/FTV

Fresques murales chatoyantes et poétiques, balcons ornés de fleurs, guirlandes festives, à première vue, la rue de Tunis à Sète fait rêver, nombre de touristes aiment s’y balader.

Mais dès que l’on pousse la porte de certains immeubles, c’est une toute autre réalité qui se dévoile : de véritables taudis où vivent des gens très modestes depuis plus de dix ans.   

C’est devenu une rue touristique ! C’est beau, c’est magnifique, c’est vrai, mais il faut voir l’envers du décor avec certains appartements vraiment insalubres, ça fait peur !

Karim Haddou, habitant de la rue de Tunis, à Sète

Une fresque murale, rue de Tunis, à Sète.
Une fresque murale, rue de Tunis, à Sète. © I.Bris/FTV

Une seule pièce, louée 250 euros par mois

Abdallah, est l'un des trois locataires du 8 rue de Tunis. Agé de 77 ans, il vit depuis près de 14 ans au rez-de-chaussée de cet immeuble sétois, dans un studio de 20m2 qu'il loue 250 euros par mois.

A bout du couloir, où l’électricité ne fonctionne plus et dont les murs sont en train de s’affaisser sur eux même, il nous ouvre la porte de son logement.

Tout est dans la même pièce : en face du lit et de l’unique table, une gazinière à bout de souffle jouxte un lavabo dans le même état, séparés par un bac de douche. La fenêtre laisse passer les courants d’air, pas de convecteur au mur, c'est un petit radiateur électrique à roulette qui assure le chauffage.

Ce n’est pas un logement en soi ! Tout est dans la même pièce, il n'y a pas de coin salle de bain, pas de coin cuisine...Tout est humide et il y a une énorme fissure au plafond !

Jonathan, Collectif logement Sète

Jonathan fait partie d'un collectif crée il y a deux mois pour soutenir et aider ces locataires à retrouver un logement décent. Les membres de ce nouveau collectif ont été reçus à plusieurs reprises à la mairie.

Obligation de reloger ses locataires

Fin janvier, la municipalité a pris des arrêtés de mise en sécurité et d'insalubrité pour cet immeuble : "La maison de l'habitat a constaté qu'il y avait vraiment des défaillances, ils ne peuvent plus habiter là ! L’état de cet immeuble privé a été signalé. Aujourd'hui, le propriétaire n'a toujours pas fait de travaux –mais dit qu'il va en faire-." explique Jocelyne Gizardin, adjointe à l'action sociale et à la politique de la ville de Sète

En attendant, la loi est très claire: un propriétaire privé se doit de reloger les locataires !

Jocelyne Gizardin, adjointe à l'action sociale et à la politique de la ville de Sète

Avec ces arrêtés, les propriétaires ont 15 jours pour retrouver un logement décent aux locataires et effectuer les travaux de rénovation.

En cas de refus volontaire de reloger un locataire, tout propriétaire risque 3 ans d'emprisonnement et une amende de 100 000 €. Les juges peuvent également décider de confiscation de l’immeuble.

Rencontré sur place alors qu’il était en train d’étayer le mur du couloir qui menace de s’effondrer, l’un des quatres co-propriétaires de l’immeuble nous a expliqué qu’il comptait rénover ce bâtiment issu d’un récent héritage pour en faire des logements sociaux mais n’a pas souhaité s’exprimer devant la caméra.

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