Un propriétaire loue sa maison pour y organiser des fêtes, exaspérée une riveraine écrit à Emmanuel Macron

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Écrit par Ophélie Le Piver avec Laurent Beaumel

Les habitants d’un lotissement du Crès, près de Montpellier, sont à bout de nerfs. Depuis huit mois, leur voisin loue sa maison tous les week-ends pour y organiser des fêtes. Les riverains ont écrit au préfet pour lui demander d’intervenir.

Les habitants d’un quartier résidentiel de la petite ville du Crès dans l’Hérault sont à bout. Depuis huit mois, chaque week-end, leurs nuits sont agitées. Un voisin loue sa résidence principale pour des soirées. “Ce sont des bruits de portière en pleine nuit, ce sont des cris…”, confie exaspérée Audrey, une voisine. “Samedi, ils se sont insultés en pleine nuit, ils ont réveillé mon fils. Donc en fait, depuis le mois de juin on ne dort plus les week-ends. En plein Covid, en étant infirmière, moi j’ai besoin de dormir le week-end.” La mère de famille, épuisée, est maintenant en arrêt de travail. "Ça amène beaucoup de monde !”, témoigne une autre riveraine, prénommée aussi Audrey.

Une location légale source de nombreuses nuisances

La maison est louée de manière légale via des plateformes. Mais elle accueillerait bien plus que les huit personnes que laissent supposer les annonces mises en ligne. Le voisinage évoque 20 à 40 personnes chaque week-end. En avril, le nombre est monté à 135 fêtards en une soirée (des chiffres confirmés par la mairie). “Les gens se garent n’importe où. Samedi soir, moi aussi j’ai été réveillé parce que des gens criaient dans la rue, ils partaient en voiture. C’est devenu insupportable, ça se répète tous les week-ends.” 

Une maison équipée comme une boite de nuit

Avec la fermeture des boîtes de nuit, les fêtards recherchent de nouveaux lieux pour s’amuser et cette maison dispose de tout l’équipement nécessaire. “Sur le site il y a deux annonces”, ajoute Audrey. “La première date du mois de décembre où il écrit carrément “mini discothèque dans le sous-sol avec sono, fumigènes et éclairages”. La nouvelle annonce précise “rassemblements festifs interdits” mais en dessous il écrit “sono disponible l’hiver”. En fait, ce propriétaire se protège, mais il sait très bien ce qui se passe chez lui.” 

L’été dernier, ces habitants se sont enfermés dans leurs maisons pour ne pas subir les nuisances sonores. Ils pensaient que le calme reviendrait avec le froid mais les fêtes et les problèmes ont continué. “On a le droit aux incivilités, aux insultes, aux grossièretés lorsque les gens sortent en été d’ébriété. L’hiver, les basses résonnent, on a l’impression d’avoir une boîte de nuit dans notre maison !”, confie Cécile, une habitante du quartier. 

Un propriétaire dans son droit

Grégory Clouscard, le loueur et propriétaire de la maison, affirme que tout est en règle et légal. Pour prouver sa bonne foi, il nous fait visiter sa maison et son sous-sol. Musique à fond, il nous emmène dans son jardin. Et en effet, la musique ne s’entend plus que très faiblement. “Je pense qu’en appartement, vous mettez votre réveil ou une enceinte intelligente, c’est bien plus fort que ça", dit-il. Mais les fenêtres restent-elles souvent fermées ? Le bailleur affirme n’avoir aucune responsabilité concernant les incivilités de ses locataires.

La mairie réclame l'aide de l'Etat

La mairie, de son côté, déplore un vide juridique. “Aujourd’hui, ça a assez duré”, s’impatiente Stéphane Champay, le maire de Le Crès. “Cette maison se situe dans un quartier résidentiel et l’ensemble des habitants veulent de la quiétude, la sécurité et la tranquillité. La police municipale est intervenue de très nombreuses fois, la gendarmerie également. Ils interviennent tous les week-ends voire plusieurs fois par week-end. Monsieur le procureur de la République a été sollicité, Monsieur le préfet également, et aujourd’hui j’en appelle aux services de l’Etat et même à l’Etat pour nous accompagner et nous aider à faire cesser ces nuisances.”

Une réponse de l'Elysée

L’une des riveraines a écrit au président de la République et son cabinet lui a répondu : “Monsieur Emmanuel Macron, très attentif aux préoccupations que vous exprimez, m’a confié le soin de vous assurer qu’il en a bien été pris connaissance. Aussi, n’ai-je pas manqué de signaler votre démarche au préfet de l’Hérault qui vous tiendra directement informé de la suite susceptible d’y être réservé." Une réponse qui l’a agréablement surprise mais la préfecture n’a donné aucune réponse depuis la réception de ce courrier il y a un mois.

Les riverains ont donc adressé une pétition au préfet de l’Hérault. Elle a été signée par 90 d’entre eux.