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Procès Bissonnet : premier jour : un échauffement

Le procès en appel a démarré à Carcassonne, lentement. Jean-Michel Bissonnet veut apparaître plus calme
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Carcassonne : 1er jour procès Bissonnet

Le procès en appel de Bissonnet, Belkacem et D'Harcourt s'est ouvert lundi 7 novembre à Carcassonne. Condamnés respectivement à 30 ans, 20 ans et 8 ans de prison en assises à Montpellier en février, ils espèrent l'acquittement.

Ils sont là. Tous les trois. Les mêmes qu'au mois de février 2011. Il s'agit de rejuger les auteurs et complices du meurtre de Bernadette Bissonnet. Le 11 mars 2008, le corps de l'ancienne pharmacienne gît dans une mare de sang. Atteinte de deux gerbes de plomb.

Mais cette fois, nous sommes à Carcassonne en appel et  les 3 hommes sont dans le box.

Public clairsemé

Terminées les longues queues devant le tribunal pour assister au procès. A Carcassonne, l'affaire ne fait pas autant recette. La presse nationale s'intéresse d'abord au procès du terroriste Carlos. Et l'on est loin de Castelnau-le-Lez.

Le décor a changé, mais Bissonnet , le mari de la victime, cherche toujours à se démarquer. il est le seul à avoir fait appel.

Quand il se présente, il appuie sur le fait, qu'il est veuf. Il n'a pas un ou deux avocats mais trois.

On retrouve ses sanglots instantanés lorsqu'il évoque la femme de sa vie : Bernadette Bissonnet. "J'ai fait appel explique-t-il en pleurant, parce que je suis innocent, je ne suis pas coupable. Je réclame la justice, la vraie. Cela fait 40 mois que je suis en prison, je suis détruit."

Bissonnet retraité ou rentier ?

Ni examen de la personnalité, ni exposé des faits, le président Daniel Duchemin a choisi de commencer par l'environnement pour mettre l'accent sur les relations entre ces trois hommes si différents : le jardinier qui a tiré, le vicomte qui a montré l'arme et le chef d'entreprise retraité qui aurait tout imaginé. Le seul à nier les faits.

Un environnement qui passe par l'argent, les affaires florissantes de Jean-Michel Bissonnet. En quelques années, il devient responsable de centres d'affaires à Montpellier, place Vendôme, puis à la Défense. Une affaire qu'il revend à un fonds d'investissement américain.

Juste un échauffement

Est-ce qu'on peut dire, que Bissonnet a réussi ?

Il n'ose le dire. Se méfie des mots. Sait qu'il a fait des envieux.

Le président le ramène finement à la raison. "Avec 60 000 euros par mois on peut dire que l'on a de quoi devenir rentier ?" Bissonnet finit par accepter le terme, ce serait indécent de dire le contraire.

N'ayez crainte ajoute Daniel Duchemin, "ce n'est qu'un échauffement !"

Il y a aussi le prix de la maison : plus d'un million d'euros. Le Maréchal des logis Barrat, chargé de l'audition de certains témoins, y perd son latin. Pour lui Bissonnet, est milliardaire.

L'après-midi, une quantité de témoins viennent saluer cette réussite et décrire le couple parfait que formaient les Bissonnet.

Meurtre sans mobile

Alors que s'est-il passé ? Pour que se déclenche ce meurtre sans mobile apparent.

La défense de Bissonnet essaiera de nous démontrer qu'il y a trop d'interrogations dans ce dossier pour condamner un homme. Elle parle d'acquittement.

Les deux autres accusés, qui ne se sont pas encore exprimés, espèrent juste de pas voir alourdir leur peine puisque eux ont reconnu leur responsabilité.

Meziane Belkacem a tué madame Bissonnet et a écopé de 20 ans et Amaury d'Harcourt lui a montré comment se servir de l'arme et pris 8 ans.

Pour l'instant les échanges sont restés courtois malgré quelques haussements de ton en fin d'audience.

Et comme dirait le président Duchemin : "du calme, il faut que les jurés tiennent encore quelques jours". Trois semaines au moins.

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