Justice : sa remise en liberté rejetée, le violeur Florian Varin attendra son 3e procès derrière les barreaux

Florian Varin a été condamné à 30 ans de prison pour six viols qu'il a reconnus en 2011-2012. Ce jeudi 15 avril, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Toulouse a rejeté sa demande de liberté conditionnelle, après 9 ans de détention. Il attendra son 3e procès derrière les barreaux.

Florian Varin restera en prison en attendant son 3ème procès, prévu à l'automne devant la cour d'assises de Montauban.
Florian Varin restera en prison en attendant son 3ème procès, prévu à l'automne devant la cour d'assises de Montauban. © Xavier de Fenoyl/MaxPPP

Pour six viols qu'il a reconnus, commis entre décembre 2011 et novembre 2012, Florian Varin a été condamné deux fois à la peine de 30 ans de prison : d'abord par la cour d'assises de Toulouse en juin 2015 ; puis en appel par les assises d'Albi (Tarn) en juin 2018.

Ce jeudi 15 avril, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Toulouse a rejeté sa demande de libération conditionnelle, faite après 9 ans de détention. Il attendra donc derrière les barreaux son 3e procès, prévu à l'automne prochain devant les assises de Montauban (Tarn-et-Garonne).

C'est la Cour de Cassation qui avait décidé, début septembre 2019, d'annuler la condamnation prononcée à Albi, pour vice de procédure.

En cause : le refus de faire procéder à une nouvelle expertise psychiatrique, réclamée par la défense, sans avoir débattu de cette demande avec toutes les parties présentes au procès.

Les avocats de Florian Varin s'appuyaient sur le fait que seules les expertises réalisées au cours de l'instruction du dossier, donc entre 2012 et 2015, avaient servi de base aux débats du procès en appel en juin 2018 à Albi.

De fait, le verdict prononcé, 30 années de réclusion, correspondait en tous points aux réquisitions du procureur : ce dernier avait parlé à propos de l'accusé d'un "prédateur sexuel" d'un "danger social", mais lui avait reconnu "les carences affectives d'un enfant abandonné par sa mère" pour ne réclamer ni la peine maximale, la perpétuité, ni les 22 ans incompressibles de "peine de sûreté".

Un début "d'analyse"

Or, dans les trois années séparant ses deux procès, Florian Varin avait affirmé avoir "commencé à s'analyser", et comprendre la gravité des faits commis à l'égard de ses 6 victimes, même s'il avait refusé d'endosser la tentative de meurtre sur la dernière d'entre elles - laissée pour morte dans une poubelle à Toulouse en novembre 2012 - et pour laquelle il avait été déclaré coupable et condamné par les 2 jurys.

Ses défenseurs assuraient que ce début d'évolution psychologique de leur client, avait pu être confirmé par la nouvelle expertise psychiatrique qu'ils réclamaient, et - peut-être - aurait alors pu influer sur le verdict prononcé par les jurés tarnais.

C'est en s'appuyant sur le motif de l'annulation de ce verdict par la Cour de cassation, que Florian Varin avait réclamé, au mois de mars dernier devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Toulouse, sa mise en liberté conditionnelle - après 9 années de détention - dans l'attente de sa prochaine comparution à l'automne devant les assises de Montauban.

Un argument qui n'a pas été retenu par les magistrats toulousains : le multiple violeur aujourd'hui âgé de 30 ans restera donc derrière les barreaux les prochains mois.

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