La dissolution de l’organisation d’ultra-droite, Génération identitaire, enclenchée

Le groupuscule d’extrême droite Génération identitaire a reçu ce vendredi 12 février une notification de dissolution. L’organisation a mené des opérations anti-migrants dans les Alpes et les Pyrénées. Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin s'était dit "scandalisé" par leurs actions.

Illustration : manifestation de GI à Paris
Illustration : manifestation de GI à Paris © A.Dumontier/MaxPPP

C’est une information que révèle franceinfo aujourd’hui. La dissolution de l’organisation d’ultra-droite, GI, a été notifiée ce vendredi 12 février. Génération identitaire a "dix jours pour répondre" à cette annonce. Selon le ministère de l'Intérieur, "la dissolution est très probable sous 15 jours", si aucun élément nouveau n’est apporté.

Après une nouvelle opération anti-migrants menée le 26 janvier dernier entre Luchon et l’Espagne dans les Pyrénées au col du Portillon par Génération identitaire, une enquête pour "provocation publique à la haine raciale" avait été ouverte.

Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin s'était dit "scandalisé" par les opérations anti-migrants de GI dans les Pyrénées et les Alpes et avait annoncé avoir demandé à ses services de réunir les éléments permettant de dissoudre le groupuscule d'extrême droite.

"Si les éléments sont réunis, je n'hésiterais pas à proposer la dissolution", a déclaré le ministre, "scandalisé par le travail de sape de la République des militants de Génération identitaire". Le ministère agira "évidemment dans le cadre des lois et des règlements de la République en proposant notamment, une fois que ces éléments seront réunis, le contradictoire dû à chaque association".       

Les condamnations de l'intrusion du commando de Génération identitaire au col du Portillon avaient été unanimes en Occitanie.

Plusieurs élus d'Occitanie avaient également demandé  la dissolution de "ce groupuscule d'extrême droite violent et dangereux" après leur opération menée dans les Pyrénées.

Déjà en avril 2018 dans les Hautes-Alpes, GI avait organisé une opération du même genre. Trois militants ont été condamnés par le tribunal de Gap en première instance, avant d'être relaxés en appel en décembre dernier.

Le mouvement d'extrême droite avait également perturbé une manifestation contre les violences policières le 13 juin 2020. Les membres du groupuscule d’extrême droite avait alors déployé une banderole  depuis un balcon place de la République à Paris, sur laquelle était inscrit "Justice pour les victimes du racisme anti-blanc - White Lives Matter".

Action de GI lors de la manifestation contre les violences policières
Action de GI lors de la manifestation contre les violences policières © C.Petit Tesson/MaxPPP

Une procédure ridicule pour Génération identitaire

Thaïs d’Escufon, la porte-parole de Génération identitaire réagit et explique "préparer la défense de GI avec 4 avocats qui travaillent activement sur ce dossier".

C’est une procédure ridicule et les motifs invoqués et détaillés dans cette notification sont bancals. Entre autre, cette lettre invoque différentes actions, notamment des actions pour lesquelles nous avons été jugés et relaxés et pour d’autres jamais inquiétés par une enquête ou la justice.

Pour la porte-parole, cette notification de dissolution est "une atteinte grave à la liberté d’expression, on ne peut plus critiquer librement la politique migratoire du gouvernement".

Enfin Thaïs d’Escufon dénonce une différence de traitement appliqué par le gouvernement, "le différentiel entre le traitement des jeunes qui démontrent les dégâts de l’immigration massive et alertent par le biais d’actions les pouvoirs publics et la population alors que des islamistes ne sont jamais inquiétés et que des mosquées qui font l’apologie du Djihad sont toujours ouvertes. Un motif politique et idéologique".

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