Le loup est passé dans l'Hérault. L'information est prise très au sérieux par les autorités. Il est repéré, photographié dès 1998 dans les Pyrénées-Orientales puis dans l'Aude et la Lozère. Il est régulièrement dénoncé par les bergers pour s'être attaqué à plusieurs troupeaux de brebis. Il est ausi défendu par les soigneurs du parc du Gévaudan près de Marvejols et la récente fuite de six loups de Mongolie crée une nouvelle polémique. Et son procès a même été organisé au tribunal de Florac en Lozère, il y a peu. Voici les étapes du retour du loup chez nous en Languedoc-Roussillon.

La présence du loup en Languedoc-Roussillon

La présence du loup est confirmée sur le massif du Caroux-Espinouse dans l'Hérault en ce début d'année 2016. Il s'agirait d'un jeune individu échappé d'une meute. Avant cela, le loup avait déjà été vu dans tous les départements du Languedoc-Roussillon.
Le canis lupus a d'abord fait son retour dans les Pyrénées-Orientales où 3 individus ont été identifiés en 1999 et 2000. Près de six ans après son retour en France dans le Mercantour depuis l'Italie.
Depuis cette époque, les signalements se multiplient année après année sur le territoire du Languedoc-Roussillon.
Ainsi, 38 loups sont recensés en 2015 en Lozère, 30 dans les Pyrénées-Orientales, 21 dans l'Aude, 5 dans l'Hérault et 2 dans le Gard.

Le loup a souvent fait parler de lui dans la région, mais faut-il encore prouver que c'est bien lui. En août 2013, il est photographié par un randonneur belge, à la lisière de l'Ariège et des Pyrénées-Orientales.

Le loup photographié par un randonneur entre Ariège et Pyrénées-Orientales / © DR
Le loup photographié par un randonneur entre Ariège et Pyrénées-Orientales / © DR

En mars 2014, une photo du loup est prise de nuit grâce à un détecteur de présence à Ribouisse, dans l'Aude.

Cette photo d'un loup rôdant dans la commune de Ribouisse aurait été prise le 13 mars 2015. / © L'Indépendant/ONCFS/DDTM de l'Aude
Cette photo d'un loup rôdant dans la commune de Ribouisse aurait été prise le 13 mars 2015. / © L'Indépendant/ONCFS/DDTM de l'Aude

Loups du Gévaudan, grand format

Le loup prédateur ennemi des éleveurs

Les attaques de troupeaux sont une réalité : au 31 août 2015 on comptabilisait plus de 150 bêts victimes du loup. 102 en Lozère, 58 dans l'Aude. Parmi ses proies figurent des moutons et des brebis.

Attaque du loup en Lozère en 2014
Sur la Margeride, 4 brebis sont attaquées en septembre 2014 et Henri Thérond éleveur constate le massacre.
L'une est morte et il montre, impuissant, les blessures infligées par le loup aux 3 autres.
Sur leurs têtes : des traces de morsures profondes. L'éleveur de Pierrefiche dit son amertume et la colère des autres agriculteurs.

Attaque de loup en Lozère : l'éleveur raconte


D'autres éleveurs lozériens affirment en avril 2014 que deux brebis et six agneaux ont été tués par le loup.
Le troupeau était parqué dans un enclos au moment de l'attaque.
Les agriculteurs en appellent à l'Etat.
 

Encore une attaque de loup en Lozère
La manifestation anti-loup est partie de Brioude / © Maxppp
La manifestation anti-loup est partie de Brioude / © Maxppp

La colère des éleveurs contre le loup

Les attaques du loup se multiplient contre les troupeaux de brebis dans la région du Razès dans l'Aude, le ton monte chez les éleveurs. En mai 2014, ils réclament un plan d'action.
Les éleveurs audois estiment à 250 le nombre de brebis tuées dans cette partie de l'Aude.

Les bergers sur les Champs-Elysées

Face à l"ampleur des attaques de loups", des bergers, de la Lozère notamment, ont décidé d'aller crier leur désarroi à Paris devant le ministère de l'Ecologie pour demander "un nouveau plan loup efficace" en novembre 2014.
A l'appel de la Fédération Nationale Ovine (FNO) et de la FNSEA, plusieurs dizaines d'éleveurs de moutons et de brebis ont convergé vers la capitale, en effectuant plusieurs étapes.
Les troupeaux débarquent sur les Champs-Elysées.

Paris : L'arrivée des brebis sur les Champs-Elysées

A Carcassonne les éleveurs battent le pavé pour révendiquer le droit de tuer le loup

Aude : les éleveurs attaqués pourront tuer le loup

Le plan loup

L'Etat décide de mettre en place un plan loup et des comités de veille dans les départements concernés. Des spécialistes référents sont formés pour relever la présence du loup.
Le ministère de l'Environnement autorise le prélèvement de 36 loups en 2015. 32 seront abattus en France.
Excédés certains éleveurs organisent des battues illégales comme en Lozère le 15 juillet 2015 sur le causse Méjean.

Depuis 2012 les éléveurs victimes du loup sont indemnisés.Des dispositifs de protection des troupeaux peuvent faire l'objet de demandes de subventions auprès de la DDT (achat et entretien de chiens patous, achat de clôture, frais de gardiennage.

Causse Méjean (48) : des patous pour protéger les moutons

La convention de Berne protège le loup. Elle a été ratifiée par 44 pays pour la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l'Europe.
Affiche du "faux" procès du loup le 12 septembre 2015 à Florac sur la webtv teledraille des Cévènnes
Affiche du "faux" procès du loup le 12 septembre 2015 à Florac sur la webtv teledraille des Cévènnes

Le vrai faux procès du loup

Pour ou contre la réintroduction du loup dans nos campagnes ? Le débat fait rage au fur et à mesure des plaintes des éleveurs. Samedi 12 septembre 2015, au tribunal de Florac, les pro et les anti-loup débattent sous la forme d'un procès à l'initiative de l'avocat François Roux. Se succédent à la barre Bernard Grellier 61 ans, berger depuis 41 ans sur l'Aigoual, le député José Bové, l'ethnozoologue Geneviève Carbone. Le procureur a requis une peine d'éloignement à l'île du Diable en Guyane. Le président Marcel Lemonde n'a pas prononcé de jugement estimant que le vrai faux procès du loup a permis à chacune des parties d'exposer ses arguments.

Débats passionnés pour le procès du loup à l'ancien tribunal de Florac, en Lozère

Les internautes peuvent suivre l'audience en direct sur internet grâce à Télé Draille et 60 000 connexions seront enregistrées.

Le loup vedette du parc animalier du Gévaudan

Une centaine de loups vivent en semi-liberté dans le parc Sainte Lucie à Saint-Léger-de-Peyre en Lozère. Un parc animalier créé par Gérard Ménatory en 1962. A l'époque il recueille deux loups de Pologne, ils seront 112 en 1991.
Aujourd'hui c'est Sylvain Macchi qui explique inlassablement aux visiteurs que le loup ne s'attaque jamais à l'homme.

Les loups du parc du Gevaudan en 2012

 

Loup y es-tu ?

Le 6 mars 2016 un portillon de la partie scientifique du parc du Gévaudan est fracturé. Six loups s'échappent. Deux sont repris aussitôt. Deux autres attirés par la viande disposée autour de la clôture rentrent la nuit suivante. Un cinquième réintégrera aussi l'enclos. mystère autour du sixième.

Cette partie scientifique du parc des loups du Gévaudan, situé à Sainte-Lucie, n'est pas accessible au public et abrite a priori une trentaine de loups. Elle est située à quelque 500 mètres du parc réservé aux visiteurs.

Sainte-Marie (48) : après un acte de vandalisme, 2 loups du Parc du Gévaudan se sont sauvés dans la nature

Cependant après un véritable comptage, il s'avère que les loups sont au nombre de 38. La polémique enfle. Le parc n'est pas capable de compter ses loups tonnent les éleveurs. Sont-ils tracés ? Faut-il leur mettre une puce géolocalisable ? La préfecture de Lozère décide de mettre en demeure le parc du gévaudan après l'incident.