Le Secours catholique aide les plus pauvres en matière de mobilité

Le Secours Catholique a rendu son rapport annuel jeudi 5 novembre. Le grand dénuement touche de plus en plus de monde. Parmi les facteurs d'exclusion : la mobilité des plus pauvres.

La mobilité des plus démunis : une fracture sociale ?
La mobilité des plus démunis : une fracture sociale ? © MaxPPP
La France compte entre 6 et 8 millions de précaires de la mobilité et jusqu’à 20 % des adultes en âge de travailler ont du mal à se déplacer. 
Parmi les 70 633 personnes rencontrées par le Secours catholique en Midi-Pyrénées, beaucoup sont concernées par cette absence de mobilité qui, selon l'association caritative, "n’est pas une thématique comme le logement, l’isolement ou l’emploi. C’est une problématique transversale qui a un impact sur chacune de ces thématiques".

Muriel vit dans une petite commune du Lauragais, en Haute-Garonne. Cette mère célibataire travaille comme aide à domicile et depuis le mois de janvier 2015, elle n'a plus de voiture. Avec 800 euros de revenus par mois, elle n'a pas les moyens d'en acheter une et doit effectuer ses déplacements en vélo. Ce qui limite d'autant plus son activité. Un cercle vicieux...

Corinne Lebrave et Eric Foissac, de France 3 Midi-Pyrénées, l'ont rencontrée : 

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La mobilité, un vecteur d'insertion

Symbole d’autonomie et de liberté, l’automobile devient un luxe. Achat, entretien, stationnement, contrôle technique, assurance, auxquels s’ajoute le coût élevé du permis de conduire (1 600 euros en moyenne), la rendent désormais inaccessible à tout un pan de la population.

Les problèmes de mobilité en Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon concernent essentiellement des familles, souvent obligées de s'éloigner des centres urbains pour accéder à des loyers moins élevés, des personnes résidant en zone rurale, des demandeurs d'emploi et des salariés pauvres, notamment avec des horaires de travail décalés.

En 2014, le Secours catholique de Garonne Ariège a consacré plus de 100 000 euros à la mobilité des plus pauvres. C'est 20 % des aides accordées en une année. 
Dans les délégations Tarn Aveyron et Ariège Garonne, les équipes mettent en relation des personnes qui proposent des voitures ou des deux-roues avec des personnes accueillies qui ont un problème de transport. Parfois, des bénévoles assurent des transports de personnes à la demande. La délégation Tarn Aveyron a même acheté un scooter pour les petits déplacements. 

Secours catholique : l'accueil des plus démunis en Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon
En Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon, les demandes les plus fréquentes formulées par les personnes accueillies en 2014 concernent en premier lieu l'écoute, le conseil, l'aide matérielle (alimentation et vêtements) et cela à des niveaux plus importants qu'au niveau national. 
Les demandes liées au logement (loyer, factures d'énergie, eau) ont augmenté de 5 points entre 2010 et 2014 pour atteindre 21,4 %.

La proportion de personnes étrangères dans les accueils est plus faible qu'au niveau national et ces personnes ont le plus souvent un titre de séjour. 

Les deux tiers des ménages accueillis en Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon ont des problèmes d'impayés. Il s'agit le plus souvent de factures d'énergie mais aussi de factures d'eau. 

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