"Les menaces sont quotidiennes" : 77 agences Pôle Emploi fermées en Occitanie après le meurtre d'une conseillère

Les portes des agences Pôle Emploi de la région Occitanie n'ouvriront pas leurs portes au public ce vendredi, après le meurtre d'une conseillère à Valence jeudi matin : une minute de silence sera respectée à 12 heures.

© Olivier Lanrivain / MAXPPP

"Dans les agences, l'heure est au recueillement". Laurence Ingargiola, responsable du service communication Pôle Emploi Occitanie, ne s'en cache pas : cette journée sera très spéciale pour les agents de la région. 

Jeudi matin, une conseillère Pôle Emploi de 53 ans, mère de deux enfants, a été abattue par balle par un homme à Valence. Le Premier ministre Jean Castex et la ministre du Travail Elisabeth Borne ont réagi après le drame. 

L'homme, qui a pris la fuite, s'est ensuite rendu dans l'entreprise Faun Environnement, située à Guilherand-Granges en Ardèche : il a tiré sur la DRH qui, gravement blessée, a ensuite trouvé la mort à l'hôpital. 

77 agences fermées ce vendredi en Occitanie

Ce vendredi, les quelque 900 agences Pôle Emploi de l'Hexagone, dont les 77 que compte la région Occitanie, n'ouvriront pas leurs portes au public. Le service restera en revanche assuré par téléphone et en ligne. 

Une minute de silence sera respectée à 12 heures, en signe de solidarité. "Ce temps permettra aux équipes de Pôle emploi de se recueillir", explique la direction générale dans un communiqué publié jeudi soir. 

Une cellule psychologique a été mise en place pour le personnel. Au total, 4 600 agents Pôle Emploi travaillent en Occitanie, dont 4 000 en contact direct avec le public.

Un "sentiment d'insécurité"

Jacques Mateo est représentant CGT Pôle Emploi Occitanie et travaille au sein de l'agence Toulouse Saint-Michel. Il y a deux semaines, l'un de ses collègues a été menacé de mort par un homme : interpellé par le Raid le 11 janvier dernier, un grand nombre d'armes avaient été saisies chez ce dernier, selon La Dépêche du Midi

L'événement d'hier renforce le sentiment d'insécurité que connaissaient déjà nos collègues à Toulouse depuis deux semaines : c'est un grand trauma.

 Jacques Mateo, représentant CGT Pôle Emploi Occitanie.

Pour le syndicaliste, la crise sanitaire et la morosité actuelle ont joué un rôle certain dans ce double homicide. "Depuis plusieurs années, et surtout depuis le début de l'épidémie de Covid, le malaise grandit", confie-t-il avant de poursuivre : 

Nous pouvons accueillir moins de personnes en agence en ce moment, ce qui peut créer d'énormes frustrations. Les gens sont touchés par l'isolement et ils s'attendent à des rencontres physiques avec leur conseiller, à un accompagnement personnalisé. L'insatisfaction, les menaces verbales et physiques sont devenues quotidiennes.

 Jacques Mateo, représentant CGT Pôle Emploi Occitanie.

Dans l'agence toulousaine de Jacques Mateo, le personnel pourra prendre la parole et faire part de son ressenti ce vendredi après ces événements bouleversants.

Des points resteront toutefois à éclaircir : faut-il embaucher des agents de sécurité et mettre en place des portiques de sécurité dans les agences ? Selon la CGT, ces questions seront sûrement mises sur la table dans les jours à venir. 

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