Découverte dans le Lot d'espèces inconnues contemporaines des dinosaures et datant de 150 millions d'années

L'annonce agite le monde de la paléontologie. Une étude signée de deux paléontologues de renom, Jean-Michel Mazin et Joane Pouech, révèle la découverte sur le site de Crayssac (Lot) d’empreintes de 3 espèces de ptérosaures primitifs, des reptiles volants, jusque-là inconnues.

 

Des traces qui remontent à 150 millions d'années
Des traces qui remontent à 150 millions d'années © PHOTOPQR/LA DEPECHE DU MIDI
En révélant la découverte d’empreintes de trois espèces jusque-là inconnues, l’étude parue au début du mois dans le journal scientifique international Geobios (en anglais) a laissé sans voix nombre de paléontologues. Certains n’hésitent pas à qualifier cette découverte de « Holy grail » (Saint Graal) de la paléontologie.
 

Un site figé depuis 150 millions d’années

A la fin du Jurassique, la région de Crayssac avait une toute autre physionomie que celle qu’on lui connait aujourd’hui. L’actuel Causse était alors recouvert d’une mer chaude et peu profonde au bord de laquelle s’étendait une immense vasière fréquentée à marée basse par de nombreux animaux : dinosaures, ptérosaures, tortues, crocodiliens, crustacés. Tous ont laissé des traces dans la boue aujourd’hui devenue ce calcaire exploité dans les carrières de la région. Et ce sont ces traces que les paléontologues mettent au jour lors de leurs fouilles annuelles.

Les doutes s'envolent

Depuis quelques années, les traces de pas d’un petit animal énigmatique interrogeaient les paléontologues. Ils manquaient d’informations pour étayer leurs suppositions jusqu’à la découverte de petites traces de pas laissées par des animaux guère plus grands qu’un rat. Plus de 500 empreintes de pattes avant et arrière, bien conservées, au point de pouvoir compter les doigts et de reconstruire leur anatomie.

Les paléontologues viennent de révéler qu’il s’agit de ptérosaures anciens de la lignée des "Rhamphorhynchoïdes" petits reptiles-volants primitifs aux grandes ailes tendues de peau.
 
Le ptérosaure "Rhamphorhynchoïde"
Le ptérosaure "Rhamphorhynchoïde" © Capture écran

Même si des restes fossiles de ces Ramphorynchoïdes sont connus depuis 200 ans, jamais aucune empreinte n'avait été mise au jour. D’où les nombreuses questions sur leur capacité à marcher.

Les paléontologues se demandaient si ces lointains cousins des dinosaures marchaient à quatre pattes ou sur deux pattes une fois au sol. Certains pensaient qu’ils ne se posaient jamais au sol ou vivaient sur les falaises comme certains de nos oiseaux de mer.
Les dernières découvertes des paléontologues permettent d’affirmer que tous les ptérosaures se déplaçaient à 4 pattes.

Des questions sans réponse

Les dernières traces trouvées ne permettent pas d’apporter des réponses à toutes les questions que se posent les paléontologues. Ainsi, les chercheurs s’interrogent toujours sur la vitesse de locomotion de ces animaux et sur les raisons de leur présence ici au moment où l'eau s'est retirée pour permettre aux empreintes de ne pas disparaître jusqu'à nos jours.
 
Visites nocturnes à la plage aux ptérosaures


Découverte en 1993 au cœur des carrières de Crayssac, la plage aux ptérosaures est étudiée depuis plus de 25 ans par les chercheurs et les fouilleurs expérimentés. Aujourd’hui propriété du Grand Cahors, qui soutient les activités de recherche et le développement touristique, le site est un des 59 points géologiques remarquables du Lot inscrits dans la Réserve Nationale d’Intérêt Géologique du département.

Tous les étés, des visites nocturnes et des animations sont organisées afin de faire découvrir au public, ces empreintes vieilles de 150 millions d’années. Des empreintes fragiles qui se révèlent dans la lumière feutrée des projecteurs.  
 
Voir le reportage de Jaël Galichet et Raphaëlle Talbot
Le nom de baptême des 3 nouvelles espèces découvertes
- Rhamphichnus crayssacensis ce qui signifie « l’empreinte de rhamphorhynchoïde de Crayssac »
- Rhamphichnus pereiraensis en l’honneur d’Antoine Pereira, l’ancien carrier-propriétaire, qui fit don de sa carrière pour la recherche
- Rhamphichnus lafaurii, dédiée à Gérard Lafaurie, qui découvrit ce site à la fin des années 1980
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