Lot : une association au chevet des entrepreneurs en souffrance aiguë

En 2018, 27 alertes ont été émises puis traitées par APESA dans le département du Lot. / © France 3 Occitanie
En 2018, 27 alertes ont été émises puis traitées par APESA dans le département du Lot. / © France 3 Occitanie

L'association APESA (aide psychologique aux entrepreneurs en souffrance aiguë) a ouvert une antenne dans le Lot. Elle forme des professionnels à détecter et à prendre en charge ces chefs d'entreprise en grande difficulté. 

Par Marie Martin

Selon l'observatoire de la santé des dirigeants de PME, un artisan ou patron de PME se suicide tous les deux jours en moyenne. On appelle cela la spirale des 3 D : dépression-divorce-dépôt de bilan...

Une réalité qu'ont constaté de nombreux tribunaux de commerce. Les juges voient passer lors des audiences pour redressement ou liquidation judiciaire des entrepreneurs au bout du rouleau, car bien souvent vie professionnelle et vie personnelle ne font qu'une. Perdre son entreprise est systématiquement vécu comme un échec, personnel de surcroît.

C'est sur ce constat alarmant que l'association APESA (aide psychologique aux entrepreneurs en souffrance aiguë) a vu le jour à Saintes, en Charente-Maritime. Créée par un psychologue clinicien et un greffier du tribunal de commerce, elle a depuis essaimé dans de nombreux départements, dont celui du Lot.

Concrètement, APESA forme des "sentinelles", soit des experts-comptables, des avocats, des huissiers, des juges, afin qu'elles détectent une souffrance qui pourrait faire craindre le pire. Si l'un de ces professionnels émet une alerte, le réseau est activé. En moins de deux heures, cet entrepreneur est contacté par une psychologue de l'association. S'il accepte de l'aide, un psychologue libéral, lui aussi formé par l'association, le rappelle et convient d'un rendez-vous dans les tout prochains jours. 

L'association finance alors cinq consultations psychologiques, ce qui est primordial car bien souvent, en cas de redressement ou liquidation, l'entrepreneur perd tout. Ces cinq séances peuvent éventuellement être renouvellées.
Le coît de cette prise en charge est estimé à 400 euros.

Pour Bruno Giard, juge au tribunal de commerce et président de l'APESA 46, le dispositif a fait ses preuves et sauvé des vies.
 
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