Lozère : les agriculteurs attendent leur prime

© F3Languedox
© F3Languedox

La crise qui touche les agricultuers lozériens, notamment en raison du bas prix du lait et de la viande pourrait être aggravée par le retard de versement de primes dans le cadre de la politique agricole commune.

Par P.S. avec Alexandre Grellier

10 000 euros, c’est le montant des primes de la politique agricole commune (Pac) qu’attend depuis la fin décembre, Sylvain Chevalier, éleveur laitier. 

Comme tous les ans, Sylvain a dû déclarer les surfaces qu’il utilise pour son élevage afin de bénéficier des primes européennes. Mais cette année, avec la mise en place de la nouvelle politique agricole commune, Bruxelles a exigé un plan beaucoup plus détaillé à la France.

« L’Etat faisait confiance aux agriculteurs, explique-t-il, donc c’est nous qui désignions nos parcelles, s’il y avait une céréale, une parcelle pâturée, une lande, etc. Depuis 2015, l’Etat a sous-traité ce travail à l’IGN [L’institut géographique national] pour décider à notre place ce qu’il y a sur notre exploitation. »

Inventaire

L’Institut Géographique National a effectivement travaillé sur ce nouveau cadastre agricole pendant dix mois, notamment pour identifier sur des photos satellites ce que Bruxelles appelle les surfaces non agricoles des parcelles : tels que les bosquets, les arbres, les buissons, les bâtiments ou les cours d’eau.
Lozère : les agriculteurs attendent leur prime
Reportage : A. Grellier, Y. Le Teurnier

Depuis cet été, l’énorme fichier produit par l’IGN, fait l’objet de vérifications et recoupements dans les différentes directions départementales du territoire. En Lozère, 28 personnes ont beau y travailler à plein temps depuis l’été, d’où le retard dans le versement des primes.

Un manque non-négligeable

« En Lozère, ça représente 15 % de manque par rapport aux versement annuel des aides qui seront versées à la fin du semestre », René-Paul Lomi, Directeur de la direction départementale des territoires de Lozère.

Bref, les agriculteurs devront attendre encore six mois leurs aides pour l’année 2015. Pas vraiment de quoi les réconcilier avec Bruxelles

A lire aussi

Sur le même sujet

Les + Lus