Guerre en Ukraine. Les agriculteurs de la Lozère alertent: "la hausse des coûts de production va devenir intenable"

Les prix des céréales, des engrais et des carburants flambent. Les éleveurs de Lozère ont ainsi vu leurs coûts de production s'envoler depuis quelques mois et la guerre en Ukraine a encore accentué ce phénomène. Et ce n'est pas fini. L'avenir de leur exploitation est en jeu. Ils tirent la sonnette d'alarme.

Les veaux de Sébastien n'ont que quelques semaines. Un âge charnière où l'on ne doit pas lésiner sur l'alimentation.

Pour les nourrir, il faut chaque jour des seaux remplis de céréales que cet éleveur installé en Lozère à Gabrias, près de Marvejols, achète. Et il les achète de plus en plus cher.
Impossible pour lui de produire cette alimentation riche sur les terres difficiles de la Lozère.

"Le veau, à partir d'une semaine, il mange du concentré. Et beaucoup de concentré. C'est çà qui fera les vaches laitières de demain".

Sébastien Durand, producteur de lait à Gabrias.

Des surcoûts tous les jours

Les charges des producteurs de lait ont littéralement explosé avec le conflit en Ukraine.
Le prix du concentré de céréales s'envole, passant de 460 à 600 euros la tonne en quelques jours, soit +30%. Et cela devrait encore grimper.

Pire, le gasoil agricole frôle les 2 euros le litre. Presque 100% de plus en un an. Une catastrophe pour ces exploitations de moyenne montagne.

"Ici, on est en zone de moyenne montagne, on a des exploitations extensives. On consomme beaucoup de carburant, environ 12.000 litres de gasoil par an, alors quand le prix double, c'est intenable".

Sébastien.

Toutes ces hausses des coûts de production vont immanquablement se répercuter sur les prix à la consommation. Et c'est donc le pouvoir d'achat des Français qui va en pâtir. D'autant que cette nouvelle crise intervient alors que la loi Egalim 2 entre en vigueur.
Ce texte voté avant le conflit en Ukraine contraint les distributeurs à tenir compte des coûts de production pour fixer les prix d'achat agricoles. Et cela ne sera pas sans conséquences pour nos portefeuilles.

"C'est la 2e crise agricole en deux ans. Il faut une agriculture forte en France. On voit comment nous sommes devenus dépendant du reste du monde. Mais pour cela, il va falloir que les consommateurs paient nos produits plus chers, puisque tous les coûts s'envolent".

Jean-Francois Maurin, président de la FDSEA 48.

Des prix qui devraient encore augmenter. La Russie et la Biélorussie produisent plus de 30% des engrais azotés au monde, des substances essentielles à la reprise des cultures au printemps.

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