Lozère : Pierre Morel-à-L'Huissier milite pour “les bruits ruraux” et leur reconnaissance culturelle

Maurice est un coq de 4 ans. / © Cédric Cottaz - France 3 Poitou-Charentes
Maurice est un coq de 4 ans. / © Cédric Cottaz - France 3 Poitou-Charentes

Les urbains, les bobos qui découvrent les joies et réalités de la campagne, sans souvent les comprendre, vont se heurter au député de la Lozère. Pierre Morel-à-L'Huissier veut en finir avec les actions en justice contre la ruralité comme le chant du coq qui dérange ou la cloche qui résonne trop tôt.

Par Fabrice Dubault


Le maire de Gajac, en Gironde, lance un cocorico d'alerte. Dépité de voir des ruraux traînés en justice pour le braiment des ânes, le meuglement des vaches ou le chant du coq, il veut faire classer les bruits de la campagne au "patrimoine national".

Pierre Morel-à-L'Huissier, député LR-UDI de la Lozère, un des départements les plus ruraux de France, va creuser le sujet. Lui aussi milite pour "les bruits ruraux" et leur reconnaissance culturelle officielle.
 

Je vais regarder ce qu'on peut demander au ministère de la Culture en la matière et, si les procédures législatives ou réglementaires en vigueur ne sont pas suffisantes, je proposerai une extension juridique en ce sens. (...) Ces bruits sont un cadencement de la vie rurale.



"La ruralité, c'est 365 jours sur 365, des gens y vivent et essaient de gagner leur vie", explique lé député. "Ce qui est insupportable, c'est que des personnes qui n'en sont pas originaires veulent imposer leur conception urbaine au détriment de la vie rurale, ancestrale".
 

Maurice et sa propriétaire assignés en justice


Dernière affaire en date, sur l'Île d'Oléron, celle du coq Maurice, 4 ans.
Un litige oppose sa propriétaire Corinne à des voisins. Ces derniers reprochent au gallinacé de chanter de trop bon matin. Un différend que la justice doit examiner le 4 juillet, au tribunal de Rochefort en Charente-Maritime, en l'absence du volatile, "fatigué" et "traumatisé" selon sa propriétaire.
 

Les contentieux de voisinage ou des polémiques ubuesques


C'est ce type de contentieux pour troubles du voisinage qui fait déchanter les maires ruraux.

Le maire de Gajac, 400 habitants, a profité du "grand débat national" pour publier une lettre ouverte défendant les bruits de la campagne, que certaines personnes, "d'origine urbaine pour la plupart", "découvrent comme le sot découvre que les oeufs ne se cueillent pas sur les arbres".

Son but ? Que le coq chante, la cloche de l'église résonne, le chien aboie et l'oiseau pépie en toute liberté : "Sans qu'aucun procès ne puisse à compter de ce jour leur être intenté".
 

Dès que vous attaquez les cloches, vous attaquez tout un village", tranche le maire. Selon lui, "c'est une humiliation pour le campagnard de passer en justice à cause de quelqu'un qui vient de l'extérieur. Moi quand je vais en ville, je ne demande pas qu'on enlève les feux rouges et les voitures...


Son initiative reprise par tous les médias, a vite fait grand bruit. En quatre jours, plus de 150 courriels de soutien sont parvenus à la commune, de partout en France.
 

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