Lozère : sans salon de l'agriculture "les échanges, la convivialité, ça nous manque" avoue un éleveur d'Aubrac

En Lozère, la famille Batifol élève des vaches Aubrac depuis 20 ans. Un travail salué par de nombreux prix dans les concours agricoles. Y compris à Paris. En 2021, l'absence de concours attriste les Batifol car ces rassemblements sont aussi l'occasion de rencontrer les autres éleveurs et des amis.

"Le concours, c'est là où vous rencontrez les amis venus de toute la France, reconnait Michèle, la mère de Nicolas. Ce sont des échanges, de la convivialité. Ca manque. Il y a des amis que l'on n'a pas vu depuis 2019".
"Le concours, c'est là où vous rencontrez les amis venus de toute la France, reconnait Michèle, la mère de Nicolas. Ce sont des échanges, de la convivialité. Ca manque. Il y a des amis que l'on n'a pas vu depuis 2019". © B. Levesque / Maxppp

Pas de salon de l'agriculture en 2021, pour cause de Covid... Mais du 23 février au 7 mars, France Télévisions ouvre ses antennes au monde rural : documentaires, débats, portraits, reportages, fictions, divertissements… Pour vivre nos territoires au plus près, pour donner la parole à ceux qui façonnent nos campagnes. C'est l'opération : #NousPaysans.

Nous paysans, vu depuis la Lozère et l'Aubrac

Sept heures du matin dans l'ouest lozérien, les premiers rayons de soleil caressent le village du Buisson. L'étable des Batifol résonne des meuglements des vaches Aubrac. C'est l'heure de la tétée des veaux et les vaches appellent leurs petits. Nicolas Batifol fait la police dans ce joyeux tumulte. Gare au veau qui se trompe de mère. Coup de corne garanti. Coronavirus ou pas, rien ne trouble le rythme naturel des animaux.

"L'hiver, c'est une grosse période pour nous, témoigne Nicolas. L'alimentation, les naissances, beaucoup de surveillance. Le Covid n'a rien changé mais c'est une période un peu compliquée.".

Une période compliquée

Un peu compliquée, parce qu'avec la pandémie, les agriculteurs restent sur leurs exploitations. Les rencontres avec les autres éleveurs se rarifient. Même les concours agricoles sont annulés. Des moments de rassemblement qui manquent cruellement aux Batifol. Surtout le Salon international de l'Agriculture à Paris et son concours général. "Le concours, c'est là où vous rencontrez les amis venus de toute la France, reconnait Michèle, la mère de Nicolas. Ce sont des échanges, de la convivialité. Ca manque.".

Il y a des amis que l'on n'a pas vu depuis 2019.

Nicolas Batifol, éleveur d'Aubrac.

2021, pas de salon à Paris

Le Salon de l'Agriculture manque d'autant plus aux Batifol que ces dernières années, ils sont repartis de Paris avec deux premiers prix décrochés par Imanol. Un taureau sculptural de huit ans et 1.130 kilos. Pour l'instant, Imanol passe le temps paisiblement dans un champ en compagnie d'Onyx, 4 ans, un taureau très prometteur. Nicolas Batifol est aux petits soins en espérant décrocher d'autres premiers prix. 

La vente directe a bondi. Cela fait du bien au tourisme et à l'économie locale.

Nicolas Batifol

Et dans cette drôle de période, il existe des effets positifs au Coronavirus. Les gens reviennent en Aubrac pour s'oxygéner. "Les citadins sont de retour. Ils apprécient l'authenticité de l'Aubrac et viennent acheter des produits dans les fermes. La vente directe a bondi. Cela fait du bien au tourisme et à l'économie locale".

Dans l'étable, le fils de Nicolas, Mathis, trois ans, donne un coup de main. La troisième génération d'éleveurs d'Aubrac de la famille se prépare à prendre la relève.

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