Nouvelle condamnation pour les gérants de Palavas Camping, les défenseurs de l'environnement restent sur leurs gardes

Le tribunal correctionnel de Montpellier condamne certains gérants de Palavas Camping à 50 000 euros de dommages et intérêts à l'association France Nature Environnement. La justice reconnait aussi l'existence d'un préjudice écologique. Les associations de défenses de l'environnement se réjouissent tout en étant vigilants.

"La réparation du préjudice écologique a été demandée par le tribunal. C’est le plus important, se satisfait Simon Popy, président de France Nature Environnement Occitanie-Méditerranée (FNE). Cela représente la réparation du préjudice en nature et concrètement réparer les dégâts pour accueillir de nouveaux les espèces protégées. Je suis confiant, on est en bonne voie."

En août 2023, les exploitants de Palavas Camping sont condamnés pour avoir installé illégalement des mobile homes sur le littoral à Palavas-les-flots. Le lieu de vacances se situe à quelques mètres d’une zone qui abrite une espèce de flore protégée : l’Euphorbe peplis. Le montant de l’amende s’élève alors à 445 000 euros.

Ce lundi 22 avril, le tribunal correctionnel de Montpellier a condamné la même société à payer une amende de 50 000 € de dommages et intérêts "au titre de la réparation pour préjudice moral" à l’association France Nature Environnement.

Déjà condamnés en 2016 et 2019 

La société Marvilla Parks, gérant du Palavas Camping, n’en est pas à sa première condamnation. Déjà en 2013, l'ancien propriétaire est verbalisé, puis condamné "à l'enlèvement de 192 bungalows illégalement installés sur le domaine public maritime et dans la bande de 100 mètres du littoral."

Puis en mai 2016, l’entreprise sous le nom à l’époque de Tohapi a été condamnée par la Cour d’appel de Montpellier pour avoir installé illégalement des bungalows dans cette zone protégée. En mars 2019, l’un des gérants est cette fois-ci condamné. "Le tribunal l’a déclaré coupable des faits d’altération ou dégradation non autorisée de l’habitat d’une espèce végétale protégée non cultivée."

L’euphorbe peplis est une plante rampante et protégée depuis 1982. Elle se développe dans le sable, sur les hauts de plage au pied des dunes. Dans les années 1970 à cause de l’activité touristique et de l’urbanisation, cette espèce régresse peu à peu.

Avec l’activité des pelleteuses pour enlever le sable et installer des bungalows selon l’office français de la biodiversité cela "entraîne alors la destruction de la banque de graines conservée naturellement dans le sable."

Même si la justice leur donne raison, les défenseurs de l’environnement restent sur leurs gardes : "C’est loin d’être terminé. Il y a encore une trentaine de mobile homes rangés sur une partie du camping. Alors on veille. Malgré toutes les condamnations, ils recommencent."