Nouvelles Municipales en septembre : les conditions sanitaires priment pour les maires de Toulouse et Montpellier

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L'hypothèse de nouvelles élections municipales se précise. Les maires (sortants) de Toulouse et Montpellier affichent leur désintérêt s'agissant du calendrier. Mais ils fixent une condition : la sécurité sanitaire.  

 

Par Laurent Dubois et Valérie Luxey

L'hypothèse circulait depuis plusieurs semaines. Il y a un mois, lors d'une visioconférence, le Premier ministre a exprimé sa préférence face au président du Sénat, Gérard Larcher, et au président de l'Association des Maires de France, François Baroin. Pour Edouard Philippe, il faut refaire le 1er tour des Municipales et le vote doit se dérouler à la rentrée.

Ce scénario se concrétise. Un projet de loi, reprenant la ligne d'Edouard Philippe, vient d'être envoyé au Conseil d'Etat

Pour le chercheur Emmanuel Négrier (CNRS-CEPEL, Montpellier), " à partir du moment ou le gouvernement avait décidé que le 1er tour se tiendrait le 15 mars comme prévu et qu'on savait être dans l'incapacité d'organiser le second tour, il n' y avait que des mauvaises solutions. Aujourd'hui, il ne reste plus qu'à envisager le moins mauvais".

La première option, à savoir celle d'un vote en juin prochain, n'est plus sérieusement envisagée. Ni envisageable un mois après le déconfinement. L'autre solution, à savoir un report en mars, posait le problème d'un téléscopage avec deux autres scrutins. En effet, les élections régionales et départementales sont prévues à cette échéance.

Le choix du 24 septembre et du 6 octobre semble donc le seul calendrier raisonnable pour de nouvelles élections municipales. 

Peu importe la date 

Les maires de Toulouse et de Montpellier sont concernés par un nouveau vote. Philippe Saurel et Jean-Luc Moudenc n'ont pas été réélus au 1er tour. Ils auraient dû repasser devant les électeurs, le 22 mars dernier. Le coronavirus et le confinement les ont plongés dans un rôle totalement inédit : des candidats (encore) en campagne et des maires (toujours) aux manettes. 

Pour le maire de Toulouse, la perspective d'un nouveau calendrier électoral est un "non sujet". "Je suis totalement mobilisé par la préparation du déconfinement et je suis loin de cette question d'autant plus que ce ne sont certainement pas les maires qui décideront de la reprise du processus électoral" déclare Jean-Luc Moudenc.
Philippe Saurel est sur la même ligne. "Je ne m'occupe pas des élections et de politique. Je m'occupe de la réouverture des écoles et des crêches et de remettre la ville en activité. Je ne m'occupe que de ça. C'est un travail de romain" affirme le maire de Montpellier.

Ne pas revivre le 1er tour de mars dernier

Phillipe Saurel et Jean-Luc Moudenc ne veulent pas s'exprimer sur le choix des dates. Cela ne les empêche pas d'avoir une idée sur le calendrier. Une idée qui passe par les conditions sanitaires. Pour le maire de Montpellier, "il ne fallait pas tenir le 1er tour en mars dernier". "J'ai eu une douzaine d'élus malades, deux ont été hospitalisés, des élus ont eu des parents qui ont tenu des bureaux de vote et qui sont décédés" souligne Philippe Saurel.
 
 

Le maire de Montpellier ne veut pas revivre le même scénario. Jean-Luc Moudenc est encore plus clair. " C'est la situation sanitaire du pays qui doit déterminer (le) calendrier. C'est pourquoi je souhaite que le gouvernement suive l'avis (ndlr du conseil scientifique) quel qu'il soit" affirme le maire de Toulouse. 

 

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