Pass sanitaire : plus de la moitié des députés d'Occitanie n'ont pas participé au vote du projet de loi

L'Assemblée nationale a adopté définitivement le Pass sanitaire dans la nuit du dimanche 25 juillet. Sur les 50 députés de la région Occitanie, à peine, 21 se sont déplacés à Paris pour participer au vote de ce projet de loi du gouvernement pourtant très controversé.
Sur les 50 députés de la région Occitanie, seuls 21 se sont déplacés à Paris pour participer au vote sur le Pass sanitaire.
Sur les 50 députés de la région Occitanie, seuls 21 se sont déplacés à Paris pour participer au vote sur le Pass sanitaire. © Alexis Sciard - MaxPPP

Le Pass sanitaire a été adopté "aux forceps" par l'Assemblée nationale dans la nuit du dimanche 25 juillet. Après 60 heures de débat au Sénat et à l'Assemblée nationale, durant cinq jours, un "compromis" a été trouvé. Le texte a été voté avec 156 voix pour, celles de la majorité et de la droite, 60 contre, venues de la gauche et du RN et 14 abstentions.

Concernant les cinquante députés d'Occitanie, à peine 21 d'entre eux ont participé au scrutin : 13 ont voté pour, 4 contre et 4 se sont abstenus.

"Le vaccin seule voie possible"

Les députés d'Occitanie ayant voté en faveur de ce Pass sanitaire appartiennent tous à la majorité présidentielle.
Parmi eux, Huguette Tiegna : "Ce n'est pas une loi facile à voter, reconnaît la députée LREM du Lot. Mais avec les données en notre possession, il nous semble que c'est ce qu'il y a de mieux à faire. Nous avons tous envie de sortir au plus vite de cette période et de retrouver une vie normale. Des amendements ont été apportés notamment sur la question des licenciements. Il serait irresponsable de ne pas mener des actes qui permettent d'enrailler l'épidémie. L'objet de cette loi est de protéger la santé des Français et d'améliorer la situation sanitaire." L'élue lotoise, comme la députée de Montpellier, Coralie Dubost, considèrent que "la seule issue possible est le vaccin".

Un avis loin d'être partagé par quatre autres élus de la région. Valérie Rabault (Parti socialiste, Tarn-et-Garonne), Nicolas Meizonnet (Rassemblement national, Gard), Bénédicte Taurine (LFI, Ariège) et Michel Larive (LFI, Ariège) ont voté contre ce texte : "Ce Pass sanitaire est extrêmement dangereux, estime ce dernier. C'est une loi liberticide et socialement incompatible avec nos valeurs. La mesure de suspension salariale, si un employé n'est pas vacciné, est totalement inique. Cela ne correspond pas au contrat social de notre République. Je suis contre cette société de contrôle. Pour nous, il y avait d'autres solutions comme par exemple installer des purificateurs d'air dans les classes."

Une vent de "fronde" au sein d'En Marche ?

Mais ce qui interpelle, peut être le plus, c'est l'absence à L'Assemblée nationale de 15 élus d'Occitanie de La République en marche à ce un scrutin. Pour Coralie Dubost, cet absentéïsme s'expliquerait en partie par "le système de rotation mis en place au sein de l'Assemblée nationale. L'idée est de ne pas faire venir tous les députés mais d'être toujours majoritaire dans l'hémicycle. Après cela dépend du travail qu'ils pouvaient avoir."

Du côté de La France Insoumise, il n'y a pas de doutes : "il y a eu une "bande de moutons" qui ont voté "Pour" au sein de La République en marche et d'autres qui n'ont pas voulu être assimilés à cette loi et n'ont pas voulu cautionner des "petits arrangements" entre le gouvernement et les élus de droite au Sénat" assène Michel Larive.

Vote des députés d'Occitanie du 25 juillet 2021 - projet de loi Pass sanitaire by France 3 Tarn on Scribd

Pas de débats et l'avis des citoyens occulté

Pierre Cabaré fait partie de ceux qui ne se sont pas déplacés pour aller voter. Une position qu'il assume : "Je suis un peu agacé par ce qui s'est passé, avoue le député de Haute-Garonne. Pourquoi a-t-on pris en compte et répondu favorablement aux demandeurs des sénateurs au sein de la CMP (commission mixte paritaire) et que les amendements de députés qui avaient travaillé sur le terrain sur ces questions n'aient pas été retenus ? Moi, je portais l'inquiétude de centres commerciaux qui ne savaient pas comment appliquer et gérer ces mesures. On n'a pas assez pris en compte l'avis des citoyens et de leurs représentants, regrette-t-il. Il n'y a pas eu de débats. Nous n'avons pas assez été écoutés."

Le député haut-garonnais écarte toute idée de "fronde" de sa part au sein du mouvement LREM : "J'appartiens à une majorité. Ce n'est pas parce que je ne suis pas en accord total avec mon groupe que je vais voter contre ou m'abstenir. Je ne suis pas contre la vaccination et je ne suis pas contre le Pass sanitaire."
Une façon de marquer son désaccord : "Nous sommes nombreux à avoir adopté la même position, sans nous être concertés avant, mais nous ne sommes en aucun cas des frondeurs. Nous défendons une ligne : nous ne disons pas que le gouvernement à tort, mais il nous parait important d'être aussi à l'écoute de la population".
Une population qui a démontré lors des dernières élections régionales, avec un taux d'abstention de 65,7%, se sentir chaque jour, un peu moins concernée par les questions politiques.

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