Procès de la “démembreuse” de Toulouse : Maryline Planche, une si discrète victime

Le tronc de la victime avait été découvert dans une valise le long du canal du midi en mai 2016. / © France 3 Occitanie
Le tronc de la victime avait été découvert dans une valise le long du canal du midi en mai 2016. / © France 3 Occitanie

Mardi 22 octobre 2019, deuxième jour du procès de Sophie Masala pour meurtre et modification d'une scène de crime, la cour d'assises de la Haute-Garonne s'est penchée sur la personnalité de la victime, Maryline Planche.

Par Marie Martin

La vie de Maryline Planche, elle qui était si discrète, est passée au crible, ce mardi 22 octobre.

Maryline Planche est née le 20 septembre 1962, dans le Lot. Elle est la benjamine de cinq enfants, nés au sein d'un couple stable, qui travaille beaucoup.

Pour cette raison peut-être, la petite fille décrite comme "sage et introvertie" par l'enquêtrice de personnalité, entre dans un pensionnat dès l'école primaire. Elle en conçoit un sentiment de mise à l'écart. Et peine à s'intégrer parmi ses camarades.

Après des études classiques, elle entreprend des études pour devenir esthéticienne et décroche son diplôme à 18 ans, en 1980. Elle part vivre à Paris où elle est maquilleuse pour la télévision.

La vie professionnelle n'y est sans doute pas simple car à 27 ans, elle change de voie et entre à l'Agefiph, une association pour l'insertion des personnes handicapées. D'abord à Paris, puis à Toulouse. 

Ses collègues la décrivent comme calme, franche, très scrupuleuse, peut-être trop parfois. Elle est surtout très réservée, manque de confiance en elle. D'autant qu'un double handicap (Maryline Planche souffre de déficience visuelle et de déficience auditive) la fragilise.

Maryline Planche est très seule. Hormis sa famille, elle n'invite personne chez elle et tient les gens à distance. Plus tôt, elle s'est guérie d'une addiction à l'alcool. Sa thérapeute qui l'a suivie pendant plusieurs années l'en estime guérie. Maryline Planche connaît ses faiblesses et tente de les surmonter.

Elle n'a plus de vie sentimentale et pour couper court aux questions peut-être, elle s'invente un compagnon en Allemagne. Personne ne sait qu'il n'existe pas.

Après sa mort, suite aux coups mortels infligés par Sophie Masala, la famille de Maryline Planche s'alarme de son silence. Les SMS envoyés par l'accusée pour tranquiliser les proches ne trompent pas ces derniers, qui signalent la disparition à la police. 

Comment cette personne sans histoire a-t-elle pu provoquer un tel déchaînement de haine et de violences ? Maître Laurent Boguet, avocat des parties civiles, pose la question à Sophie Masala. "Après ce que l'on vient d'entendre sur la victime, quels sont les points de comparaison entre elle et votre mère qui vous maltraitait ?"

Sophie Masala, debout dans le box des accusés, a du mal à répondre. "Ce sont quelques petits détails qui ont fait que je l'ai comparée à ma mère. Je n'étais pas capable de voir qu'elle n'était pas toxique pour moi".

J'ai eu quelques altercations avec Maryline. Elle m'a remise en place, elle a eu des propos blessants comme quoi je n'allais pas tout chambouler dans le service. Je n'aurais pas dû essayer...

Elle poursuit : "Maryline m'a ouvert les bras, puis elle les a refermés. Le rejet qu'elle a eu avec moi, c'était comme celui de ma mère". 

Et de déclarer dans un souffle : "Je regrette ce que j'ai fait mais je ne peux pas revenir en arrière".
 

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