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Pyrénées : Goïat est-il vraiment un ours à problème ?

L'ours Goiat avait été endormi en octobre 2018 afin de changer les piles de son collier GPS / © Agents ruraux, Conselh Generau d'Aran et Département du territoire et de la durabilité.
L'ours Goiat avait été endormi en octobre 2018 afin de changer les piles de son collier GPS / © Agents ruraux, Conselh Generau d'Aran et Département du territoire et de la durabilité.

L'ours slovène Goïat réintroduit en 2016 dans les Pyrénées est il vraiment un ours à problème ? Les préfectures de l'Ariège et des Hautes-Pyrénées l'affirment et prévoient d'effectuer des tirs d'effarouchement. Faux répondent des associations qui dénoncent une décision politique.

Par Juliette Meurin

La difficulté est de définir un ours à problème. Que l'on soit éleveur de brebis, citoyen des villes ou militant pour la sauvegarde de l’espèce, les avis sont forcément différents.

Dans le protocole défini par l’Etat (en 2009) un ours à problème est un animal trop familier vis-à-vis de l’homme, un ours anormalement prédateur et/ou agressif envers l’homme.


L’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) a réalisé une expertise sur Goïat le 9 mai dernier se basant sur les dernières prédations de l’ours dans le département des Hautes Pyrénées. 
Goïat a réalisé 3 attaques en 5 jours dans des secteurs très proches des habitations (environ 500 mètres) mais l’ONCFS précise qu’à cette époque de l’année les conditions météo limitent l’offre de nourriture en haute montagne car la végétation n’est pas encore développée, la présence de Goïat à basse altitude est donc conforme au comportement d’un ours à cette saison.
Sur les 3 attaques certifiées en revanche, 2 l’ont été sur des troupeaux présentant des mesures de protection (troupeau parqué dans un enclos grillagé et protégé par des chiens). Ce type d’attaque constitue donc selon l’ONCFS un faisceau d’éléments caractérisant un comportement anormalement prédateur tel que défini par le protocole. Et les préfectures des Hautes-Pyrénées et de l'Ariège ont lancé une procédure pour pouvoir effaroucher l'animal qui fait partie d'une espèce protégée.

Les troupeaux étaient mal protégés

Mais c'est Faux, selon l'association Pays de l’Ours-Adet, Goïat n'est pas un ours à problème. Le protocole précise bien que l’enclos d’un troupeau pour être efficace doit être électrifié. L’ONCFS lui même avait d’ailleurs montré dans une vidéo posté sur Youtube l’efficacité de cette protection sur des ruches approchées par Goïat.
Dans cette vidéo avec des images du 9 août 2017 puis du 10 août et du 16 août, on voit l'animal sur la commune Cazaux Frechet (65) chercher du miel dans des ruches et le lendemain, au même endroit mais protégé par une clôture électrifiée, l'ours s'approche et repart visiblement effrayé (à 4'30)
 

Par ailleurs estime l'association, l’un des troupeaux attaqué par Goïat n’était pas correctement gardé puisque les chiens de l’éleveur (deux patous et un labrit) sont de jeunes chiens non opérationnels. 

Dans un communiqué, plusieurs associations réunies au sein de Cap Ours dénoncent "l'attitude contre-productive des responsables de l'Etat qui consiste à taper sur les ours plutôt que de favoriser la cohabitation". Elles rappellent que la seule solution pour tous est la protection des troupeaux.
 

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