Coronavirus Perpignan : les pompes funèbres obligées d'adapter leurs procédures à la crise sanitaire

Perpignan - le cercueil d'un défunt désinfecté par les pompes funèbres et évacué vers le funérarium - mars 2020. / © FTV
Perpignan - le cercueil d'un défunt désinfecté par les pompes funèbres et évacué vers le funérarium - mars 2020. / © FTV

L'épidémie de Covid19 a contraint le gouvernement à prendre un décret réglementant de nouvelles procédures pour les mises en bière, les funérailles et les inhumations des défunts. Certaines, notamment la désinfection des cercueils, ont conduit à des scènes de rue choquantes... comme ici à Perpignan.

Par Fabrice Dubault


Cette scène traumatisante pour les passants, les riverains et la famille du défunt, a été photographiée ces derniers jours dans une rue de Perpignan.
On y voit un cercueil sorti du domicile du défunt, décédé d'une suspicion de Covid-19, posé à même le sol devant l'entrée de l'immeuble face à la rue. 3 hommes en combinaison intégrale de protection et masques NRBC filtrants désinfectent le cercueil à l'aide de pulvérisateurs, pendant que 2 autres attendent près du corbillard.

Cette situation pouvant être considérée comme choquante en temps normal prend un tout autre sens lors d'une pandémie. Même si elle reste difficile pour les familles.
 
 

Un renforcement drastique des procédures par décret


Le gouvernement a publié un nouveau décret le 1er avril 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l’épidémie covid-19.

Pour la prise en charge des corps infectés par le Covid-19, le nouveau protocole prévoit :
 
  • la toilette mortuaire et/ou rituelle et les soins de conservations ne sont pas pratiqués
  • le corps du défunt est placé dans une housse sanitaire hermétique avant d’être déposé dans le cercueil
  • la mise en bière se fait sur le lieu de décès
  • le transfert du défunt vers une maison funéraire reste possible, mais une fois le cercueil fermé.

Le personnel en charge de ces missions, est obligatoirement équipé de protections adaptées. Lunettes, masque, tablier anti-projections, gants à usage unique.

Selon les recommandations en vigueur, la fermeture du cercueil doit se faire dans le meilleur délai, dès lors qu'elle est autorisée, pour éviter tout risque de contamination.
Selon ce décret, il est interdit de pratiquer des soins de thanatopraxie sur les défunts jusqu’au 30 avril 2020, quelle que soit la cause du décès. Seuls les défunts non atteints de Covid-19 au moment du décès peuvent avoir une toilette mortuaire.


Les obsèques en très petit comité


Le délai pour précéder à l'inhumation ou la crémation d'un défunt est allongé de 6 à 21 jours. Voire plus avec l'accord du préfet.

Conformément aux mesures de confinement, Edouard Philippe, a décrété que les obsèques devaient "se dérouler dans la limitation d'une vingtaine de personnes au maximum, ce qui veut dire la très proche famille.".
En pratique, les lieux de recueillement sont fermés au public. Les chambres mortuaires, considérées comme "services publics essentiels à la vie de la Nation", demeurent toujours ouvertes.
Les crémations se déroulent à huis clos, seuls cinq membres de la famille sont autorisés. Les inhumations dans les cimetières se font en nombre restreint, pas plus de dix personnes sont autorisées à entrer.
 

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