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Un ex-avocat de Perpignan jugé à Marseille pour avoir renseigné un trafiquant de drogue

Perpignan - saisie de 172kg de cocaïne par la douane et début de l'affaire de trafic international de drogue impliquant un avocat de Perpignan - octobre 2011. / © F3 LR
Perpignan - saisie de 172kg de cocaïne par la douane et début de l'affaire de trafic international de drogue impliquant un avocat de Perpignan - octobre 2011. / © F3 LR

Un ancien avocat jugé pour avoir renseigné le chef présumé d'un trafic de cocaïne a reconnu, mardi, devant le tribunal correctionnel de Marseille, avoir agi par peur, appât du gain et afin de donner un "nouvel élan" à sa carrière.

Par Fabrice Dubault avec afp


Avocat spécialisé dans le droit de la construction et des copropriétés, Jean-Pierre Maillé, 36 ans, a démissionné du barreau de Perpignan, après sa mise en examen en janvier 2013, pour complicité de transport de stupéfiants, association de malfaiteurs et violation du secret de l'instruction.

Détenu provisoirement durant deux mois, il comparaît depuis lundi avec sept autres prévenus jugés pour l'importation de près de 250 kilos de cocaïne entre les Pays-Bas et les Pyrénées-Orientales.
Une saisie de 172 kilos avait été opérée en juillet 2011 dans une villa près de Perpignan, mais les trafiquants avaient pu récupérer plus de 70 kilos de drogue ayant échappé aux douaniers grâce à un appel passé par l'avocat à l'épouse de Philippe Fournier, un trafiquant qu'il assistait en garde à vue.

Mardi, l'avocat a raconté au tribunal s'être entendu dire "froidement": "Vous allez dire à ma femme qu'il reste de la marchandise". Il affirme avoir eu peur : "C'était le ton, le regard, l'impératif. C'était comme un ordre".


Quelques jours plus tard, se faisant passer pour le frère de Philippe Fournier, Christian Parent, considéré par la police comme un parrain de la drogue dans les Pyrénées-Orientales, lançait à l'avocat:

"Est-ce que ça vous va 20.000 euros comme honoraires?" "Pour moi, c'était énorme, c'était 50% de mon chiffre d'affaires et j'avais de gros problèmes financiers", a avoué l'ex-avocat au tribunal: "En échange, il me demandait d'être informé de l'avancement du dossier."


En mars 2012 a aussi lieu dans son cabinet une réunion entre Christian Parent et l'épouse de Philippe Fournier. Celui-ci  menaçait de "tout balancer", s'il ne percevait pas des mandats en détention et "un capital de 55.000 euros" pour son épouse.

Trois mois plus tard, Didier Valles, un autre membre présumé du réseau, était interpellé et lui aussi assisté par Me Maillé en garde à vue. L'avocat informe alors immédiatement par SMS Christian Parent de cette interpellation, avant de le tenir quotidiennement au courant des déclarations de son client en garde à vue.
L'accusé, qui assure avoir "fait une croix sur la robe d'avocat", a retrouvé du travail comme juriste salarié. "Cette profession, c'était la fierté de ma mère femme de ménage et de mon père employé d'une mutuelle agricole", a-t-il dit au tribunal, des sanglots dans la gorge. "Si j'ai agi ainsi, c'est que j'étais mort de trouille, je me suis retrouvé piégé", a-t-il affirmé. Le réquisitoire est attendu mercredi.

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