Grève SNCF : "on ne skie pas que dans les Alpes !", les hôteliers et restaurateurs des Pyrénées-Orientales en colère

Une grève des contrôleurs étant prévue du 16 au 18 février, la SNCF assurera la circulation des trains vers les Alpes en priorité afin de ne pas pénaliser les vacanciers et les stations de ski. Une annonce qui ne passe pas dans les Pyrénées, dont les sommets sont actuellement enneigés.

Quand il s'agit de dénoncer la politique du train en France, Brice Sannac ne manque pas de formules. "Opposer les territoires, c'est l'opposé de ce qu'il faut faire", dénonce le président de l'UMIH 66, l'Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie dans les Pyréenées-orientales.

Son organisation n'a pas digéré les dernières annonces de la SNCF. La compagnie de chemins de fer s'est en effet engagée à assurer la circulation de tous les trains vers les Alpes le temps de la grève des contrôleurs, pour l'instant prévue du 16 au 18 février.

"Il s'agit des trains les plus pleins pendant les vacances de février", s'est expliqué le directeur général de la SNCF Voyageurs, Alain Krakovitch, en conférence de presse mercredi.

"On ne skie pas que dans les Alpes"

Oui mais voilà, "on ne skie pas que dans les Alpes", s'attache à rappeler Brice Sannac auprès de France 3 Occitanie. Dans les Pyréenées-orientales, le taux d'occupation des stations est généralement de 100% à cette période de l'année.

"Et il n'y a pas que des sommets dans le Sud. Il y a le bord de mer, et des grandes villes attractives telles que Bordeaux et Montpellier", poursuit le restaurateur, qui tient à se différencier des stations alpines et de la SNCF : "Moi, je ne suis pas Megève ou Courchevel. Je ne fais pas de différence entre les territoires et les secteurs d'activité".

Selon lui, cette décision signifie que la direction de la SNCF, qu'il juge "hors sol", assume de faire de "la "préférence territoriale". Quand les moyens déployés pour assurer la circulation des trains vers les Alpes sont selon lui financés "avec les impôts de tous les Français".

65% des contrôleurs occitans en grève

Brice Sannac souhaite qu'on puisse "accéder à chaque point du territoire, à chaque instant" et réclame un service de transport garanti sans condition pendant les vacances scolaires, comme c'est par exemple le cas en Italie.

De leur côté, des grévistes demandent une augmentation de leur salaire de 150 à 200€ par mois, ainsi que plus de contrôleurs à bord de chaque train. En Occitanie, 65% des contrôleurs débrayeront ce week-end, selon la CGT.

La moitié des TGV et des intercités circuleront vendredi, samedi et dimanche, tandis que les trajets en TER ne devraient pas être impactés.