Lanceuse d'alerte de Perpignan : “une agence qui nous viendrait en aide serait plus que bienvenue”

Marine Martin, présidente de l'association d'aide aux parents d'enfants souffrant du syndrome de l'anti-convulsivant Dépakine - 15 mars 2017 / © M. Tamon / France3 LR
Marine Martin, présidente de l'association d'aide aux parents d'enfants souffrant du syndrome de l'anti-convulsivant Dépakine - 15 mars 2017 / © M. Tamon / France3 LR

La députée européenne Virginie Roziere, originaire de Montpellier, a présenté devant le Parlement européen une loi visant à protéger les lanceurs d'alerte. Marine Martin, lanceuse d'alerte dans l'affaire de Dépakine, attend beaucoup de cette loi. 

Par Florence Morel

Ils sont 6 pays sur 28 à protéger efficacement les lanceurs d'alerte au sein de l'Union européenne (UE). Ils pourraient bien être plus nombreux à l'avenir, si le texte proposé par Virginie Roziere, députée européenne originaire de Montpellier, vient à être adopté par la Commission européenne en janvier prochain.

La semaine dernière, c'est elle qui a présenté un texte de loi devant le Parlement européen visant à mieux protéger les lanceurs d'alerte. En ligne de mire :
  • une meilleure protection européenne, allant des sujets touchants de la fiscalité à la lutte contre la corruption et l'environnement,
  • une harmonisation des lois européennes pour que tous les citoyens européens soient logés à la même enseigne
  • une aide financière et judicaire,
  • la création d'une agence indépendante pour les conseiller et les protéger

Le texte sera étudié en janvier 2018 par la Commission européenne.
 

Tout arrêter pour se battre


Marine Martin fait partie de ces personnes qui sacrifient leur vie pour une cause. En 2011, la Perpignanaise décide de se lancer dans un combat long et fastidieux : attaquer le laboratoire Sanofi, qui a mis au point la Dépakine.

Puissant antiépileptique, ce médicament représente une menace sérieuse quand une femme enceinte l'ingère, causant des troubles physiques et autistiques à des milliers d'enfants. Problème : les femmes concernées ne sont pas mises au courant et continuent de prendre le médicament durant leur grossesse.

"J'ai dû arrêter ma vie professionnelle"


Depuis 2011, la vie de Marine Martin est bouleversée. Avec la création de l'association d'aide aux parents d'enfants souffrant du syndrome de l'anti-convulsivant (Apesac), l'ancienne employée dans la logistique a dû arrêter sa carrière professionnelle pour se dédier à son combat :

Je survis grâce à l'argent de mon livre [Dépakine, le scandale, je ne pouvais pas me taire, aux éditions Robert Laffont] et aux revenus de mon mari.


Surtout, partager cette expérience a été capital pour Marine Martin, qui s'est rapprochée de deux lanceuses d'alerte. Irène Frachon et Michèle Rivali ont apporté un soutien autant psychologique que judiciaire :

Je me suis beaucoup appuyée sur Irène Frachon. J'ai pris le même avocat et elle m'a conseillé pour communiquer avec les médias. Son aide m'a été indispensable.

La pneumologue française a même rédigé la préface du livre de la Perpignanaise.

Qu'est-ce qu'un lanceur d'alerte ?

Le Conseil de l'Europe définit en 2014 le lanceur d'alerte comme "toute personne qui fait des signalements ou révèle des informations concernant des menaces ou un préjudice pour l'intérêt général dans le contexte de sa relation de travail, qu'elle soit dans le secteur public ou dans le secteur privé."

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