Meurtre de Priscillia à Estagel : le jeune suspect avoue en garde à vue

Hommage à Priscillia dans une rue d'Estagel (Pyrénées-Orientales) / © Hugo Laridon, France 3 Occitanie/Pays Catalan
Hommage à Priscillia dans une rue d'Estagel (Pyrénées-Orientales) / © Hugo Laridon, France 3 Occitanie/Pays Catalan

Le 7 juillet dernier, Priscillia, 18 ans, était retrouvée morte, agressée sexuellement et poignardée, dans le cimetière d'Estagel (Pyrénées-Orientales). Ce jeudi 3 octobre, un jeune homme de 18 ans a reconnu être l'auteur du meurtre en garde à vue. Son ADN avait été retrouvé sur les lieux du crime.

Par Valérie Luxey

Il aura fallu près de 3 mois pour qu'une interpellation intervienne dans le cadre de l'enquête sur le meurtre de Priscillia Gonzales, 18 ans, survenu à Estagel le 7 juillet dernier.

Un jeune homme du même âge que la victime, interpellé ce mardi, a avoué le meurtre en garde à vue, a annoncé ce jeudi 3 octobre le procureur de la République de Perpignan, Jean-Jacques Fagni.

Pas d'explication

"Le suspect a reconnu l'intégralité des faits qui lui étaient reprochés, sans, pour l'heure, fournir d'explication à son geste", explique le procureur dans un communiqué publié en début d'après-midi. 

Le jeune garçon a été mis en examen pour "meurtre sur personne vulnérable", "agression sexuelle et viol sur personne vulnérable, commis à l'aide ou sous la menace d'une arme". Il a été placé en détention provisoire et devrait être soumis prochainement à des expertises psychiatriques et psychologiques. 
 
 

Son ADN retrouvé sur les lieux du crime

Le corps sans vie de Priscillia avait été retrouvé dans le cimetière de cette commune des Pyrénées-Orientales, le lendemain de sa disparition lors du bal des pompiers du village.

L'autopsie avait révélé que la jeune fille, souffrant d'une déficience intellectuelle et d'un léger handicap moteur, avait été sexuellement agressée et poignardée à plusieurs reprises, avant de mourir asphyxiée.

Le procureur de la République avait indiqué dans un communiqué, lors de l'arrestation du jeune homme, mardi, que son ADN avait été retrouvé sur les lieux du crime.

Les comparaisons réalisées entre l'ADN masculin trouvé, le 7 juillet 2019, sur les lieux du crime, et les ADN prélevés, dans le cadre de l'information judiciaire ouverte le 17 juillet 2019, sur un groupe de personnes de sexe masculin, domiciliées sur la commune d'Estagel, ont permis d'identifier un suspect.


Le procureur Fagni précise que cet adolescent de 18 ans est sans emploi et sans antécédent judiciaire.

La mère de la victime se confie

La mère de Priscillia a appris l'arrestation de ce jeune homme mercredi soir, par le bouche à oreille. Devant notre caméra, Sophie Gonzales remercie les enquêteurs, bien qu'elle déplore qu'ils ne l'aient pas mise au courant.

Je remercie énormément les gendarmes, mais vous savez, ça ne me ramènera pas ma fille. Aujourd’hui, je ne la vois pas, elle ne descend pas l’escalier, elle ne vient pas déjeuner... Je m’en remettrai jamais.

Soulagée, elle souhaite à présent que justice soit rendue intelligemment. 

Plus j’y repense, plus je me dis que je ne sais pas si la prison sera le mieux pour ce jeune homme. Je pense qu’il a besoin de soins, énormément de soins. La prison, ça va faire quoi ? Il va être condamné à 30 ans, au bout de 20 ans, il va sortir, il n’aura pas été soigné, et il pourra récidiver.

 


La famille du suspect libérée

Rares sont ceux qui, aux abords de la rue où a eu lieu l'interpellation, osent commenter ce rebondissement dans l'enquête. Seul le maire, Roger Ferrer (DVG), a accepté de répondre à nos questions.

J'ai appris qu'une mère de famille et ses deux enfants ont été interpellés hier matin. Je crois savoir qu'elle et l'un de ses fils vont être libérés et lavés de tout soupçon.

Une information confirmée par le procureur de Perpignan dans un communiqué. La mère et le frère du suspect ont été interpellés et rapidement relâchés. Une famille inconnue de la mère de la victime.
 

Je ne le connaissais pas du tout. Peut-être que je l'ai déjà croisé, mais je ne vois pas son visage. J’ai connu la mère dans l’association où je travaillais, mais j’ai su que c’était sa mère seulement hier. Quand j’entends qu’on se fréquentait, c’est faux.

Appel au calme du maire


Ce meurtre avait suscité une énorme émotion dans le village catalan. 200 personnes avaient participé à une cérémonie d'hommage à Priscillia. Aussi le maire, Roger Ferrer, redoute-t-il à présent des tensions, voire des incidents dans sa commune. Il appelle au calme et à la retenue.
 

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